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THM et risque thromboembolique : avantage à la voie transdermique et à la progestérone naturelle ? Volume 3, issue 5, Mai 2007

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Cette étude multicentrique cas-contrôle française a inclus 271 femmes ménopausées (45-70 ans) ayant un premier épisode documenté de thrombophlébite idiopathique et 610 contrôles appariés par centre, âge et date d'entrée dans l'étude, utilisatrices d'un traitement hormonal de la ménopause (THM).

Après ajustement pour les éventuels facteurs confondants, le risque relatif de thrombophlébite était évalué respectivement à 4,2 (IC 95 1,5-11,6) pour les utilisatrices d'estrogènes par voie orale (il s'agissait dans la plupart des cas de 17b-estradiol) par rapport aux non-utilisatrices, et de 0,9 (0,4-2,1) pour les utilisatrices d'estrogènes par voie transdermique. Il n'y avait pas d'association significative avec le risque de thrombophlébite en cas d'utilisation de progestérone micronisée ou de dérivés de prégnanes (OR respectivement de 0,7 ; 0,3-1,9 et de 0,9 ; 0,4-2,3). En revanche, les dérivés norpregnanes étaient associés à une augmentation du risque (OR 3,9 ; 1,5-10).


Canonico M, Oger E, Plu-Bureau M, Conard J, Meyer G, Lévesque H et al. for the estrogen and thromboembolism risk (ESTER) study. Hormone therapy and venous thromboembolism among post menopausal women. Circulation. 2007;115:840-5.

Rexrode KM, Manson JE. Are some types of hormone therapy safer than others ? Circulation. 2007;115:820-2.

Commentaires de la rédaction

• Elle ouvre des « pistes » intéressantes pour des recherches ultérieures : aucune grande étude randomisée ne s'est jusqu'à maintenant intéressée aux avantages potentiels de ce type de THS (dans WHI ou dans HERS, le THS associait dérivés équins et médroxyprogestérone). Comme le soulignent les éditorialistes qui commentent ESTHER dans Circulation, plusieurs conclusions s'imposent : 1) qu'il n' y a pas « un » traitement hormonal unique de la ménopause et 2) qu'en l'état actuel des connaissances, en cas de prescription de traitement hormonal, il est préférable de choisir la voie transdermique pour les estrogènes et probablement la progestérone micronisée, en tous cas pour ce qui concerne le risque thromboembolique veineux.

• Cette étude confirme donc les résultats antérieurement connus, tels que les rappelait le point d'étape de l'Afssaps en juin 2006.

DOI : 10.1684/med.2007.0121