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DPC : pourquoi « externaliser » l'élvaluation ? Volume 9, issue 2, février 2013

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La revue systématique de l’équipe nord-américaine (Canada-USA) montre que l’auto-évaluation, si elle est indispensable, a ses limites.

La FMC est une activité liée à la capacité des médecins à évaluer leurs propres besoins de formation et choisir les modes de réponse à ces besoins. Les auteurs ont recherché dans les bases de données MEDLINE, EMBASE, PsycINFO et CME les études qui ont comparé ces 40 dernières années auto-évaluation et évaluation externe, utilisant des indicateurs quantifiables et reproductibles, incluant au moins 50 % de médecins praticiens, résidents, ou professionnels de santé similaires, menées au Royaume-Uni, Canada, USA, Australie et Nouvelle- Zélande. Parmi les 725 articles sélectionnés, 17 réunissaient tous les critères d'inclusion, dans des domaines variés, avec une vaste gamme de comparaisons, mesures, et une rigueur méthodologique assez variable. Sur les 20 comparaisons entre auto-évaluation et évaluation externe, 13 montraient une dissociation, ou une association inexistante ou limitée, 7 une corrélation nette. Nombre d’études montraient que l'auto-évaluation était la moins fiable chez les médecins les moins qualifiés et ceux qui étaient les plus confiants en eux-mêmes. Ces résultats sont conformes à ceux obtenus dans d'autres professions. Malgré les limites dues à la qualité méthodologique très variable des études, les auteurs concluent qu’un regard externe est indispensable pour conforter ou infirmer l’auto-évaluation lorsqu’il s’agit de compétence professionnelle.

Davis DA, Mazmanian PE, Fordis M, Van Harrison R, Thorpe KE, Perrier L. Accuracy of Physician Self-assessment Compared With Observed Measures of Competence. A Systematic Review. JAMA. 2006;296:1094-1102.


Que retenir pour notre pratique ?
• Les études sélectionnées dans cette revue ont été publiées entre 1988 et 2004 (la plupart après 2000) et nous concernent donc. La principale difficulté, qui n’a pas échappé aux auteurs, est de disposer d’indicateurs véritablement comparatifs entre les deux méthodes d’évaluation. La « quantification » n’est pas aisée dans ce domaine et donne des résultats au mieux partiels.
• Malgré cette réserve, on ne peut que souscrire à la conclusion des auteurs : la transparence et le partage d’expérience est indispensable au DPC comme à tous les domaines de pratiques professionnelles.