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Données médicales : le défi des « mises à jour » Volume 9, issue 2, février 2013

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Le modèle développé par le réseau américain UpToDate préfigure sans doute une voie d’avenir essentielle pour la qualité et la sécurité des soins.

La rédactrice en chef de cette « encyclopédie » en ligne en perpétuelle évolution rappelle que notre époque est celle de la médecine fondée sur les faits, mais que les données mises à disposition des professionnels deviennent si surabondantes que ce simple effet de volume les rend inaccessibles en temps réel. Qui plus est, même si chaque professionnel avait la possibilité de cet accès, adapter ces données au contexte particulier du patient du jour est difficile et au-delà des compétences du médecin « moyen ». De nombreuses questions de prises en charge restent donc sans réponse. Une pré-expertise critique des ressources de la littérature pour les résumer en réponses concrètes est une solution possible à ce problème, comme UpToDate le tente, actuellement l’un des projets les plus aboutis et les plus consultés. Les études rapportées par DS Basow ont montré que les cliniciens adoptent ce type de ressources dans la mesure où elles sont aisément accessibles et faciles à utiliser, fournissent le plus souvent les réponses attendues, avec une fiabilité correcte. Ces outils permettent des décisions fondées sur des données factuelles actualisées en permanence, améliorant les résultats de santé et donnant aux médecins l’assurance qu'ils procurent les meilleurs soins à leurs patients.

Basow DS. Use of Evidence-based Resources by Clinicians Improves Patient Outcomes. Sur http://www.wolterskluwerhealth.com/News /Documents/ White%20Papers/ Evidence-based% 20Resources%20to%20Improve%20 Patient%20Outcomes.pdf


Que retenir pour notre pratique ?

• Cette initiative, dans le contexte très libéral nord-américain, répond à un certain nombre de critères d’efficacité du DPC tel qu’on peut en esquisser aujourd’hui les contours.
• La démarche suivie correspond à la ligne éditoriale de Médecine. Elle a évidemment un coût, dans la logique même de ce que nous redisons sans relâche depuis le premier numéro de cette revue : il n’y a pas d’indépendance sans cet investissement.
• La démarche que nous souhaiterions initier dans ce pays s’appuie en plus sur le recueil des questions « réelles » auprès des utilisateurs futurs d’une base de données sans cesse enrichie des apports de tous. Ce qui est possible dans le contexte anglophone devrait l’être aussi dans le nôtre ? Avertissement du rédacteur Cette revue de presse totalement orientée FMC est par définition sélective et subjective. Beaucoup d’autres articles auraient pu en faire partie, comme les différentes revues Cochrane sur la FMC (par exemple Forsetlund 2009, sur les conséquences de la FMC sur les pratiques professionnels et les résultats sanitaires), les nombreuses études, notamment canadiennes et hollandaises, sur le rôle des petits groupes de praticiens (par exemple Hobma 2006, pour l’équipe travaillant auprès de Richard Grol, l’un des pionniers de cette réflexion). Ces autres études vont toutes dans le même sens.