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L'Information Psychiatrique

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A qualitative study of the experience of Japanese migrants in Paris: Between adjustment and necessary adaptation Volume 95, issue 8, Octobre 2019

Figures
































Introduction

De nombreux Japonais séjournent en France pour étudier, travailler, approfondir leurs expériences. Le nombre de couples franco-japonais augmente. À travers des psychothérapies et de nombreuses discussions avec des Japonais habitant en région parisienne, nous nous sommes interrogés sur le processus de leur acculturation : ils auraient des difficultés particulières liées à leur culture confrontée à celle des Parisiens. Dans cet article, nous nous intéressons, d’un point de vue anthropologique et psychologique, aux Japonais habitant en région parisienne où la cohabitation de cultures différentes est plus importante qu’ailleurs : quelles difficultés doivent-ils affronter face à la culture parisienne et quelle stratégie d’adaptation adoptent-ils pendant leur séjour à Paris ?

« L’harmonie est le plus honorable »1, c’est l’article 1 de la première constitution japonaise écrite par le prince Shōtoku en 604, qui importa le bouddhisme qui avait traversé l’Inde, la Chine et la Corée. Néanmoins, le prince n’a pas éradiqué le shintoïsme (animisme japonais) ni le confucianisme qui avaient déjà été propagés au ve siècle en tant que base de morale. Il a plutôt introduit le bouddhisme en laissant les autres philosophies et religions coexister. Ce modèle d’intégration s’est appliqué par la suite à la culture occidentale, notamment au christianisme et à la culture américaine après la Deuxième Guerre mondiale, de la même manière. Les Japonais adaptent leur posture religieuse aux événements : pour la naissance d’un enfant, ils peuvent aller au temple shinto, ils fêtent Noël et vont parfois à l’église pour un mariage, et les offices funéraires sont traditionnellement bouddhistes. Nakamura [1] et Doi [2] assimilent ce phénomène au conformisme et Benedict [3] y découvre une tendance à laisser ce principe de vie ambigu, sans jugement. Nakane [4] relève que « les Japonais placent la valeur primordiale sur la relation humaine endogroupe plutôt que sur la valeur religieuse universelle ». Parmi les concepts véhiculés dans ces courants religieux, les principes bouddhiques ont pris racine dans la société japonaise. Par exemple, la notion d’interdépendance : tous les objets y compris les hommes et les phénomènes sont reliés et interdépendants. Kawai ([5], 1995), psychiatre japonais, jungien, relève que l’identité des Japonais est toujours dans la relation avec les autres et n’est pas construite en tant qu’un individu. La notion de l’individu chez les Japonais est beaucoup plus large et floue que celle des Occidentaux. Depuis la plus petite enfance, les Japonais sont éduqués à l’empathie, pour penser ce que pense autrui et pour être prévenant envers les autres afin de ne pas générer de conflit (Okawara et Hibiki, [6], 2012). Le Japonais devine constamment et inconsciemment l’état des autres membres du groupe afin de maintenir l’harmonie. Une expression japonaise courante issue des enseignements principaux du Zen «  (Ishin-denshin) » signifie une compréhension mutuelle non verbale et tacite. En conséquence, le Japonais n’a pas besoin de s’affirmer et de revendiquer car ce sont les autres qui cherchent à le comprendre ou deviner son attente. Peut-être à cause de cette raison, une des coutumes du Japon est « le client est roi2 ». Tous les Japonais sont très attentionnés envers leurs clients. Le site « the World Bank3 » de la Banque mondiale classe le Japon en 3e position pour le PIB. Deux villes représentatives du Japon, parmi 50 villes dans le monde entier, sont les villes les plus sécurisées4. Les Japonais ne s’identifient pas à l’image de l’immigré réfugié politique ou économique. Depuis une dizaine d’années, une vague d’« auto-louanges de la culture japonaise » déferle sur le Japon : les chaînes de télévision japonaises diffusent de nombreuses émissions5 faisant l’éloge de la culture japonaise et de tout ce que les étrangers admirent. Maints livres [7-17], que ce soient d’auteurs japonais ou étrangers (souvent occidentaux), vantent cette culture japonaise qui fascine le monde.

L’histoire de la France est beaucoup plus mouvementée que celle du Japon et sa culture beaucoup plus variée. En région parisienne, cette diversité s’accentue. Les codes sont donc différents selon le groupe d’appartenance. Il est constamment nécessaire, dès la petite enfance, de s’exprimer pour être entendu et compris. C’est la philosophie de « celui qui réclame plus obtient plus ». L’origine du nom « France » provient de l’invasion par le peuple Franc et il donne en 1080 l’adjectif « franc(he) » : l’homme libre [18]. Montaigne donne la définition de l’adjectif « franc » : qui dit ce qu’il pense [18]. Rivarol parle de la particularité de la langue française : tout ce qui n’est pas clair n’est pas français6. La clarté expressive du français s’oppose à la prévenance du japonais : compréhension mutuelle non verbale, à la limite de l’ambiguïté.

L’anthropologue canadien Kalervo Oberg [19] a étudié la notion de « choc culturel » : l’anxiété provoquée par la perte de tous les repères et symboles familiers d’un individu à travers l’interaction sociale dans un pays étranger. Il propose quatre étapes : lune de miel, crise, ajustement et adaptation. La première se caractérise par un sentiment d’euphorie et de curiosité provoqué par la nouveauté et peut s’étendre aux premiers jours, voire aux six premiers mois du séjour. La « crise » se déclenche lorsque l’individu se sent désorienté par la perte de tous les repères et symboles familiers dans son interaction sociale quotidienne. Peu à peu, il apprend la langue, à accepter la culture de l’autre : c’est l’« ajustement ». Enfin, l’individu s’adapte à la culture d’accueil et trouve un équilibre entre les deux cultures : c’est l’« adaptation ». Le Japonais sans maîtrise de la langue, n’ayant pas la connaissance de la réalité de cette diversité parisienne et en outre n’ayant jamais besoin de s’affirmer pourrait être ébranlé et dépenser quotidiennement une grande quantité d’énergie pour faire face. Lorsque le choc culturel est très important, le syndrome de Paris [20] pourrait se manifester chez des Japonais. Ce syndrome, identifié par le psychiatre japonais Ota, peut engendrer un certain nombre de symptômes psychiatriques aigus. Nous nous intéressons à présent au processus d’acculturation des Japonais, tout venant a priori sans tableau psychiatrique, du point de vue anthropologique et psychologique.

Méthodologie

L’objet de notre étude est le Japonais habitant en région parisienne. Pour que l’échantillon soit homogène, les critères de participation sont : avoir la nationalité japonaise, être né de parents japonais, habiter à Paris depuis moins de 15 ans et avoir vécu au Japon jusqu’à au moins vingt ans, l’âge de la majorité au Japon. Les critères d’exclusion sont : Japonais mineur, ayant une expérience dans un pays étranger de plus d’un an avant d’arriver à Paris en considération de l’influence de cette expérience sur le séjour à Paris. Le recrutement est fait par la méthode « boule de neige ». Nous choisissons le type d’entretien semi-structuré et individuel plus adapté à une discussion profonde et personnelle. L’entretien est effectué avec trois questions ouvertes sur les trois périodes suivantes :

  • la première période est avant l’arrivée à Paris qui influence le début du séjour et qui correspond plutôt à la première étape du choc culturel « lune de miel ». Notre question est : « Quelle image aviez-vous de Paris ? » ;
  • la deuxième période est le début du séjour où un individu se confronte aux différences culturelles quotidiennes et qui correspond aux étapes « Lune de miel » ou « crise » : « Comment s’est passé le début de votre séjour à Paris ? » ;
  • la dernière question correspond au présent après l’expérience d’acculturation : « La vie à Paris, que représente-elle pour vous ? » Cette question correspond plutôt soit à l’étape d’« ajustement » soit à l’étape d’« adaptation ».

L’analyse des récits utilise la méthode Interpretative Phenomenological Analysis, une approche de recherche qualitative qui étudie comment les personnes donnent sens à leurs expériences de vie et qui nous permet de fournir un accès à une perspective particulière [21].

Résultats

Notre échantillon comprend 20 participants (5 hommes et 15 femmes) ayant entre 21 et 48 ans selon nos critères d’inclusion et d’exclusion. Ils habitent dans les 5e, 10e, 13e, 15e et 16e arrondissements de Paris et dans les départements du 92 et du 78. Ils ont tous donné un consentement par écrit. Nous enregistrons les récits et retranscrivons de façon verbatim. Ensuite, nous extrayons les commentaires qui révèlent les représentations et les interprétations personnelles, les expériences liées à la culture japonaise et à la vie parisienne. Puis, nous attribuons « un thème » et un seul à chaque commentaire en se focalisant sur leurs émotions, même si plusieurs thèmes transparaissent. Ensuite, nous regroupons les thèmes en « méta thème (Annexe 1) » et répartissons les commentaires selon trois périodes (Annexe 2) : avant l’arrivé à Paris, le début du séjour et le présent.

Premièrement, concernant la première période avant l’arrivée, les participants Japonais ont des représentations positives : « beaux bâtiments, chic, belle ville, etc. » (dix commentaires), des représentations neutres : « la Seine, sans intérêt particulier, etc. » (sept commentaires) et des représentations négatives : « saleté, syndrome de Paris, etc. » (douze commentaires). Paris n’attire pas nos participants japonais et ils n’ont pas forcément rêvé d’y venir. Deuxièmement, cinq métathèmes sont révélés en deuxième période début du séjour. Comportement japonais/culture japonaise (CJ/CJ) est le plus cité : l’attention et la prévenance envers les autres, la difficulté de s’affirmer, la discrétion et l’auto-accusation face à la difficulté. Ce métathème est inversement lié au métathème parisien : l’expression franche et la crainte des Parisiens. Ensuite, des participants remarquent l’ambiance négative à Paris : mendiants, saleté et ambiance sombre dans le métro. Puis ils parlent de la difficulté langagière : langue. Enfin la diversité ethnique, ils sont étonnés de voir autant d’ethnies contrairement à leur image de Paris. Les commentaires positifs envers Paris sont peu nombreux pour cette période. Enfin, pour la troisième période le présent, le travail/service prédomine : la négligence, parfois l’insouciance chez les travailleurs parisiens, en comparaison avec le sérieux et quelquefois l’exigence des Japonais. Puis, suivent les cinq métathèmes suivants : CJ/CJ, Parisien, racisme/agression (R/A), liberté/indifférence et éducation. Les participants japonais pensent qu’ils sont sensibles et que les Parisiens sont agressifs, voire racistes. Ils ont également une difficulté à s’exprimer, mais en même temps, la plupart se sentent en liberté à Paris, surtout les parents japonais. En conséquence, certains parlent de changement de valeurs de vie. Un participant dit que ses valeurs ont été détruites et reconstruites. Quant à d’autres commentaires moins récurrents, certains Japonais se contentent de ne pas avoir de contact avec les Parisiens ou un contact superficiel. Lorsque nous regardons les deux dernières périodes ensemble, plusieurs participants parlent de l’importance du groupe japonais qui leur a donné un élan vital : groupe contenant. Plusieurs personnes parlent de la norme sociale : en l’absence de norme, un des hommes est désorienté et un autre Japonais accepte la différence culturelle car la norme varie d’une culture à l’autre. Une Japonaise parle des Chinois : les Parisiens ne les aiment pas alors que les Japonais sont appréciés. Une autre Japonaise parle de l’image de la femme asiatique R/A : c’est une cible facile de discrimination. Nous remarquons également que deux femmes parlent de contrainte pour sortir afin d’éviter soit le danger soit d’être l’objet de racisme. Une Japonaise avoue qu’elle a expérimenté beaucoup de choses incompréhensibles. Concernant cette période du présent des commentaires positifs, surtout sur la liberté, contrastent avec de nombreuses remarques négatives. Nous allons discuter ces résultats du point de vue anthropologique et psychologique.

Discussion

Dans les premiers entretiens, nous rencontrons une difficulté sur la neutralité du chercheur. Une Japonaise demande fréquemment notre assentiment : « Vous ne sentiez pas cela ? ». Lorsque nous demandons d’éclaircir un propos sur une difficulté assez commune aux Japonais habitant à Paris, nous percevons un léger changement de l’expression faciale et verbale. C’est le signe que le Japonais ne peut plus parler librement devant une personne qui ne partage pas le même sentiment. Nos participants japonais cherchent toujours à deviner le sentiment de l’autre et l’harmonie endogroupale. Si l’interlocuteur n’acquiesce pas (pour garder la neutralité) de façon nette au propos du locuteur, ce dernier le perçoit et cela signifie que l’autre n’y consent pas, voire que l’ambiance endogroupe est brisée. Cette tendance est très forte au Japon. Au lieu de donner son avis personnel, il cherche l’harmonie groupale. Par exemple, les collègues parisiens de deux Japonais leur ont dit : « Tu acquiesces trop de la tête » et « Il ne faut pas être tout le temps souriant ». Par la suite, avant chaque entretien, nous donnons la consigne suivante : lorsque nous demandons une explication plus détaillée, ce n’est pas parce que nous ne sommes pas d’accord mais pour aider le lecteur français à comprendre, et renforçons notre acquiescement tout en faisant attention à notre influence.

Sur le début de séjour, seuls quatre commentaires reflètent des sentiments positifs. La plupart de nos participants japonais ne semblent pas traverser l’étape « lune de miel » et se trouvent d’emblée dans l’étape « crise » du « choc culturel ». Ils perçoivent négativement les différences culturelles et sont rapidement désorientés. Puis, notre étude confirme plusieurs caractéristiques des Japonais : forte attention à la propreté, peuple homogène donc stress face à la diversité ethnique, prévenance envers les autres donc sourires permanents, conformisme donc attention au regard de l’autre, retenue à exprimer incompréhension, mécontentement et opposition, et tendance à l’auto-accusation. Plusieurs Japonais mentionnent eux-mêmes qu’ils sont sensibles. Lévi-Strauss ([22], p. 45) formule que l’esprit d’analyse et de critique des Français est poussé plus loin dans l’ordre des idées mais celui du Japonais s’est développé dans le sentiment et la sensibilité. Cette sensibilité devient une gêne pour la vie parisienne, et parfois elle provoque la peur de sortir, le rejet et la phobie des Parisiens. Nous constatons aussi une ambivalence des Parisiens : attirance vers le Japonais et discrimination envers les Asiatiques. Une Japonaise remarque : « Apparemment, les Français n’aiment pas les Chinois. Souvent, au premier abord, ils ont l’air méfiant […]. Dès qu’ils savent que je suis Japonaise, ils deviennent très gentils. ». Une autre se plaint qu’une jeune femme asiatique soit une cible facile pour décharger sa colère et une autre rapporte que son mari japonais sent que les gens méprisent les Asiatiques. Les Japonais se troublent devant cette ambivalence extrême et surtout, face au mépris manifeste, ils sont démunis.

Puis, la difficulté langagière est mise en évidence. Oberg donne une consigne pour surmonter le choc culturel : la maîtrise de la langue afin de connaître les autochtones. Mais le coût d’acquisition de la langue française par le Japonais est un handicap. Certains se contentent de ne pas parler français afin d’éviter les situations désagréables. « Si j’avais compris le français, j’aurais eu beaucoup d’occasions d’être blessée. » Une participante exprime l’inconvénient des progrès de son français : « Maintenant que je comprends un peu le français, il y a plus de choses qui me gênent. […] C’était mieux quand je ne comprenais pas. » L’agressivité des Parisiens ressentie par les Japonais brise parfois la motivation d’apprendre la langue. Nous pouvons interpréter ce phénomène comme une déchirure de l’enveloppe psychique (Anzieu, 1995 [23]) au contact menaçant des Parisiens. Pour Nathan (1986, [24] p. 21) « ce n’est pas la culture qui produit du psychisme, pas plus que l’inverse, l’un et l’autre phénomènes sont des expressions différentes d’une même réalité structurale, à la limite corporelle ». Pour Moro (1998, [25] p. 98), « c’est par cette fonction d’étayage systématique que la culture participe à la construction du fonctionnement intrapsychique de l’individu. » Oberg [9] souligne l’importance du groupe de compatriotes pour survivre au choc culturel. Pour Nakamura (1945, [1] p. 77), le Japonais préfère rester en groupe et son autonomie psychologique n’est pas très développée. Pour Lévi-Strauss ([22], p. 52), Nakane ([4], p. 37) et Kawai ([5], p. 23) le Japonais a une tendance profonde à se définir par l’extérieur : sa famille, son école, sa société, etc. Partant, le groupe japonais joue un rôle de membrane psychique et protège l’identité. Effectivement, plusieurs Japonais rapportent que le groupe japonais à Paris leur permet de revitaliser leur vie. Trouver un groupe contenant japonais serait une des premières choses à faire à Paris afin de se protéger contre le choc culturel.

Les participants japonais trouvent les Parisiens indifférents aux autres : les Parisiens sont froids, égoïstes et libres. Ils disent pourtant se sentir en liberté et à l’aise. Ils se rendent compte qu’ils avaient toujours été sous le regard des autres au Japon. Une jeune Japonaise dit : « On est libre dans ce pays. On fait vraiment ce qu’on veut. » Un autre jeune dit : « Ils (les Parisiens) font attention à leur temps. Les Japonais se sentent obligés de faire quelque chose pour les autres. » Nous admettons ici l’antagonisme individualisme/collectivisme. Nakamuraremarque que l’intérêt de son groupe prime sur le sien propre ([1], p. 135). Un homme dit : « Au Japon, la vie est plus facile pour moi car je n’ai pas besoin de réfléchir, je fais comme les autres. » Habitués au conformisme, certains Japonais perdent leurs repères face à la diversité ethnique et la liberté. Avant de venir, un homme a reçu cette information : « Paris est une norme internationale. » Grâce à elle, il supporte la vie parisienne en se disant qu’il ne faut pas comparer avec le Japon. La norme est une aide. La confrontation culturelle mène parfois jusqu’au changement de valeurs : « Mes anciennes valeurs ont toutes été détruites, car il n’y a pas de norme ici. » Cet état psychique peut être une prémisse au syndrome de Paris avec symptôme psychiatrique aigu. Par contre, les participants restant seulement quelques années à Paris essaient de ne pas trop s’assimiler à la culture parisienne, ils restent dans le contact superficiel. « Malheureusement et heureusement, je ne peux pas parler le français, je ne peux donc pas complètement me familiariser avec la vie parisienne. » Pour une Japonaise, il a fallu dix ans pour s’adapter à la société parisienne après avoir été longuement phobique des Parisiens. Aujourd’hui, elle dit : « Je ne peux pas retourner au Japon ; il y a beaucoup de gens très sensibles. » Elle est devenue vraiment parisienne, pense qu’elle ne peut plus s’adapter à la vie japonaise et a peur de blesser les autres avec ses nouvelles manières. Nous appréhendons que cette transition d’un extrême à l’autre soit psychiquement lourde, ce qui expliquerait qu’il lui a fallu dix ans. Or, pour une autre, un mur insurmontable existe toujours après dix ans. « La culture met à la disposition du sujet, en toutes circonstances, une grille de lecture du monde, mouvante et souple mais toujours présente quoique parfois en danger d’effacement ou de non-contenance dans des situations de rupture comme dans certaines migrations particulièrement traumatiques (Moro, 2004, [25], p. 15). » Cette japonaise a vécu des expériences traumatiques : « j’ai expérimenté beaucoup de choses incompréhensibles ici. » Ota explique que l’histoire japonaise de la rencontre avec la culture occidentale est un « vomissement » plutôt qu’une « digestion » ([20], p. 201). Certains Japonais ressentent le mal de culture dans la mer agitée parisienne, puis certains s’y habituent même s’y amusent. Lorsqu’ils ne peuvent pas le supporter comme nous le constatons parmi nos participants, un soutien psychologique en langue japonaise est préconisé voire parfois, quand c’est trop violent, un retour programmé au Japon peut être proposé.

La répartition hommes (cinq)/femmes (15) et du quartier d’habitation sont inégales dans notre échantillon. Cette situation reflète la grande difficulté pour les hommes japonais, vieux ou jeunes, de parler de soi et ses faiblesses à cause du stéréotype de l’homme fort [26], d’autant plus devant un inconnu.

Conclusion

Notre étude révèle une vulnérabilité culturelle chez nos participants japonais dans leur parcours d’acculturation à Paris. D’un autre côté, ils y découvrent une liberté nouvelle voire une occasion de reconstruction de leurs valeurs. Cependant certains sujets sont plus exposés à l’indigestion de l’autre culture. Platon [27] dit que les choses les plus opposées entre elles sont les plus amies. Lors de son voyage au Japon, André Malraux recherche « l’autre que moi » [28]. Malgré tous leurs antagonismes, il est indiscutable que ces deux pays se rejoignent dans le goût de l’excellence et de l’art et sont attirés l’un vers l’autre. Souhaitons que, si les structures de support psychologique des individus les plus exposés sont bien mises en place, cette amitié des deux opposés porte les fruits qui fourniront un modèle possible des cohabitations à venir, voire de créativité.

Liens d’intérêts

les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts en rapport avec cet article.

Annexe 1 Participants et commentaires

NoHomme ou FemmeÂgeAncienneté en Île-de-FrancePériode : avant d’arriver, au début du séjour et présentCommentairesThèmeMéta thème
1H223 mAvant Mais, j’imaginais que le français serait facile si je l’apprenais en France. On m’a dit que l’anglais et le français étaient similaires. C’est pour cela que je croyais qu’il n’y aurait pas beaucoup de problèmes ici.Langue facileReprésentation positive
Étudiant venu pour apprendre le français et habitant à Paris 11e arrondissementLes Français ne travaillent pas beaucoup Façon de travailler à ParisReprésentation négative
Il y aurait beaucoup de jolis bâtiments Beaux bâtimentsReprésentation positive
 Au débutJe ne savais pas que c’était aussi difficile quand on ne peut pas parler français. Je ne comprenais pas du tout ce qu’on me disait. À vrai dire, pendant les deux premières semaines, je pensais tout le temps que je changerais la date de départ prévue et rentrerais au Japon. Dans le métro, en rentrant chez moi, en écoutant la musique japonaise, je me disais : « oui, je comprends toutes les paroles ». J’avais peur de ne pouvoir tenir dans cette situation deux mois de plus. Une seule journée suffisait à me fatiguer. Je me demandais si je pourrais vivre encore à Paris.Difficulté langagièreLangue
 Le plus difficile pour moi a été le travail en groupe pendant ces deux premières semaines. Comme je n’avais rien compris à ce qu’on devait faire, ce qui était le plus pénible pour moi était que je dérangeais les autres dans mon groupe. Auto-accusationComportement japonais / Culture japonaise
 Je sentais que le service était froid.FroideurParisien
 Je ne leur (ses parents) ai pas du tout dit que j’étais enfermé à la maison. Je ne voulais pas leur donner de soucis.Préférence pour ses parentsComportement japonais / Culture japonaise
 Même à la maison, je n’osais pas lui dire que je n’aimais pas tel ou tel plat que ma propriétaire préparait. Je disais tout le temps « c’est bon ». Au niveau de la quantité des repas, ce n’était pas suffisant pour moi. J’avais tout le temps faim, je ne voulais pas aller à l’école, mais je ne savais pas quoi faire, j’étais bizarre à ce moment-là.DiscrétionComportement japonais / Culture japonaise
 Je me suis enfin fait un ami japonais et lui ai parlé beaucoup de ma souffrance. Je me suis beaucoup plaint de mes difficultés à Paris et lui ai demandé conseil. Cela m’a sauvé.Rencontre avec des JaponaisGroupe contenant
 PrésentLes gens boivent déjà à 15 h à la terrasse des cafés et s’amusent en discutant avec leurs amis. Je trouve que la vie à Paris n’est pas mal.Qualité de la vieValeurs
2F224 mAvant Chic et la modeChic et modeReprésentation positive
Étudiante venue en échange universitaire, apprend le business en anglais et habite à la banlieue sudAu débutJe suis très étonnée que le métro soit si sale. Je suis très mal à l’aise. Les sièges et les fenêtres sont sales, cela ne sent pas bon, beaucoup de mendiants, personne ne dort, pas de toilettes… L’ambiance du métro n’est pas bonne. Cela me fait peur.Sécurité sanitaireAmbiance négative
C’est vraiment difficile… Je ne savais pas que c’était aussi difficile quand on ne peut pas parler français. Je croyais que quand même à Paris on peut parler en anglais. Je sous-estimais ce point-là. Quand je me suis adressée à quelqu’un en anglais, il m’a fait un mauvais visage… Je ne comprends pas le français. Mon cœur était presque brisé... Difficulté langagièreLangue
 Dans le métro, l’ambiance me fait vraiment peur. Les regards des gens sont très lourds. Très triste, leur visage me fait peur. Ils font attention pour ne pas être volés. Il n’y a pas de personne insouciante comme au Japon. On m’a dit qu’il y a beaucoup de pickpockets, je dois y faire tout le temps attention. C’est pénible. Je suis très fatiguée.PeurAmbiance négative
 Il y a beaucoup de noirs. Leur visage me fait peur… Je ne peux pas lire leur expression. Ils sont très grands et ont le regard mauvais. Dans un wagon, ce n’est pas un ou deux voyageurs noirs. La majorité est noire. Je suis très étonnée. Il y avait beaucoup de noirs aux États-Unis. Mais ils ont l’air généreux, gais et ouverts. Ils sont gros. Les Africains d’ici ont l’air d’arriver d’Afrique. Leur regard me fait peur.AfricainsDiversité ethnique
 J’ai l’impression que tout le monde me regarde. Regard des autresRegard
 Au Japon, nous avons de bonnes images sur la France : la tour Eiffel, l’arc de Triomphe, les jolies parisiennes, etc. Mais, en réalité, pas de toilette propre, toutes les rues sont sales, personne ne respecte le signal pour les piétons…Différence entre l’image sur la télé et la réalité Réalité à Paris
 J’ai honte parce que je reste enfermé car j’ai peur des gens ici alors que j’imaginais la vie plus amusante à Paris.HonteRéalité de sa vie
 PrésentEnfin, je m’habitue à la vie à Paris : pas de toilette, tout est sale, etc. HabituationPhase de l’adaptation
 Je n’ai pas de contact avec les Français.Sans contactContact
 J’ai aussi trouvé ma place car j’ai trouvé un petit job dans un restaurant japonais où il y a beaucoup de Japonais. Place dans un groupe JaponaisGroupe contenant
3F213 mAvantMode, gastronomie, MuséeMode, gastronomie et muséeReprésentation positive
Étudiante venue en échange universitaire, apprend le business en anglais et habite au 13e arrondissementAu débutLes français expriment ce qu’ils pensent sans hésitation. Expression francheParisien
Les Japonais n’ont pas cette expression directe et franche.Expression modéréeComportement japonais / Culture japonaise
 J’essaie toujours de deviner comment elle (sa propriétaire) va aujourd’hui.Deviner l’humeur de l’autreComportement japonais / Culture japonaise
 Quand elle (sa propriétaire) était en colère (sans raison), j’ai regretté de ne pas être assez attentionnée. Auto-accusationComportement japonais / Culture japonaise
 (Lorsque sa propriétaire l’a grondé déraisonnablement.) Je n’ai pas pu le dire à mes amies parce que c’était trop choquant pour moi.Incapacité d’exprimerChoc intense
 Les parisiens ne sourient pas et ils me font peur.PeurParisien
 Les peintures de Monet m’ont apaisée. ConsolationConsolation
 Le seuil de satisfaction est très bas ici. Seuil de satisfactionSeuil de satisfaction
 PrésentLes Parisiens montrent directement leurs émotions.Expression francheParisien
 Les hommes sont gentils envers les femmesGalanterieParisien
 Il vaut mieux parler en français qu’en anglais.Nécessité du françaisLangue
 Je ne voudrais pas me comporter comme une Parisienne.Image négative envers la ParisienneParisien
4H217 mAvant Je croyais que la majorité des Français étaient blancsCouleur de peauReprésentation neutre
Étudiant venu en échange universitaire, apprend le business en anglais et habite en banlieue sudAu débutJe me suis étonnée qu’il y ait plus des races de couleur qu’aux États-Unis.Couleur de peauDiversité ethnique
Même s’il y a beaucoup de poubelles dans la rue, la ville est sale. Au Japon, il y a très peu de poubelles, mais la ville est très propre.Sécurité sanitaireAmbiance négative
J’ai pris beaucoup de temps pour m’habituer à la langue.Difficulté langagièreLangue
 Dans la vie quotidienne, surtout au niveau du service général, j’ai trouvé beaucoup de choses qui manque d’attention pour les autres, qui diminuent le rendement et qui sont inefficaces. Cela m’a beaucoup agacé. ServiceTravail/Service
 PrésentTout le monde est honnête. Ils ne se forcent pas. Quand ils ne veulent pas, ils disent non.Expression francheParisien
 Ils font attention à leur temps. Les Japonais se sentent obligés de faire quelque chose pour les autres. InsoucianceLiberté/Indifférence de la société
 À la caisse au supermarché, on attend longtemps. Je me suis souvent demandé combien de temps je devais attendre… Mais maintenant j’ai compris que les Japonais sont impatients. Façon de travailler à ParisTravail/Service
 Moi, même si je me rends compte que j’ai oublié qqch à la caisse, je ne peux pas retourner dans le rayon pour le chercher car ma conscience ne me permet pas de faire attendre les autres.Sentiment de déranger les autresComportement japonais / Culture japonaise
 Il y a beaucoup de gens qui se réchauffent au soleil dans les parcs. Au Japon, seulement les vieux font cela. Sinon, les autres n’ont pas le temps de rester au soleil. Je trouve cela très joli. Les Français prennent leur temps. Qualité de la vieValeurs
 Lorsque je retournerai au Japon, je ne serai plus qu’un des rouages de la société. Je reviendrai à Paris quand j’aurai assez d’argent et de temps. Jusqu’à ce moment-là, je travaillerai énormément. Façon de travailler au JaponTravail/Service
 Mes valeurs ont été toutes détruites et reconstruites à Paris.Reconstruction de valeurValeurs
 Pour trouver du temps pour soi, pour prendre le temps pour manger, avoir son temps comme les Français, il faut vraiment être efficace au Japon car on utilise beaucoup de temps pour les autres.Difficulté de prendre son temps au JaponValeurs
 J’ai appris ici que je peux déranger les autres.Nouvelle valeurValeurs
 Ici, c’est le pays contraire à l’efficacité. Ici, le rendement est bas. Et c’est la vie. J’ai appris cela et j’ai envie de vivre comme cela.InefficacitéTravail/Service
 Ici, c’est le pays de la liberté. Au Japon, on n’est pas libre. LibertéLiberté/Indifférence de la société
    Ici, les Français ne sont pas égaux au niveau de l’éducation et du revenu. L’écart est beaucoup plus grand qu’au Japon. Différence d’éducation et de revenuPolitique
5F22 ans1 aAvant J’ai pensé que Paris serait une belle ville. Mais c’est tout. Moi, je ne m’intéresse qu’à la cuisine française.Cuisine françaiseReprésentation positive
Cuisinière, pour apprendre la cuisine française et habitant au 16e arrondissementAu débutLa langue est très difficileDifficulté langagièreLangue
PrésentÀ partir du moment où j’ai commencé à rencontrer des Japonais, ma vie à Paris est devenue plus légère. Ces rencontres m’ont sauvée.Rencontre avec des Japonais à ParisGroupe contenant
 On est libre dans ce pays. On fait vraiment ce qu’on veut.LibertéLiberté/Indifférence de la société
 Le client et l’employé sont égaux. C’est chouette ici.ÉgalitéTravail/Service
6F311 aAvant La ville et les immeubles sont beaux.Beaux bâtimentsReprésentation positive
Étudiante venue pour apprendre le français et habitant en banlieue sudJe savais qu’il y a beaucoup de crottes de chien dans la rue.SaletéReprésentation négative
Au débutLes militaires portant une mitraillette m’ont beaucoup choquée. PeurDanger
 Les odeurs que je n’avais jamais senties au Japon m’ont beaucoup marquée. Sécurité sanitaireAmbiance négative
 Je me suis étonnée qu’il y ait autant de mendiants.MendiantsAmbiance négative
 PrésentLa façon de travailler des Français, c’est n’importe quoi. Pas très sérieux.Façon de travaillerTravail/Service
 Les hommes sont gentils avec les femmesGalanterieParisien
 Les gens peuvent attendre longtemps. Au Japon, on stresse beaucoup le personnel s’il ne travaille pas efficacement.La différence de façon de travailler au Japon et à ParisTravail/Service
 On s’en fiche du regard des autres. Autrement dit, on respecte la liberté de l’autre.Regards des autresLiberté/Indifférence de la société
7H361 aAvantAvant d’arriver à Paris, j’ai eu un cours de préparation dans mon travail. Un psychologue (peut-être) pour le personnel du corps diplomatique (NK n’est pas diplomate) nous a expliqué le syndrome Paris. Il nous a donné des conseils. Par exemple, c’est mieux d’habiter dans un appartement ayant un haut plafond même si le loyer est un peu cher. Il nous a dit qu’il faudrait faire attention au syndrome si on rêvait d’y aller. Mais moi, je n’en rêvais pas.Syndrome ParisReprésentation négative
Homme venu pour son travail et habitant au 16e arrondissementJe me demandais si ma femme serait plus concernée par le syndrome Paris que moi car elle rêvait d’y aller. Syndrome ParisReprésentation négative
Notre professeur de français, à moi et ma femme, a habité longtemps en France. Lors d’un cours au Japon, il nous a dit qu’en France c’est le client qui doit dire d’abord « Bonjour » en entrant dans un magasin. Si on ne dit pas bonjour, c’est comme si au Japon on entrait chez quelqu’un sans quitter ses chaussures. (C’est trop choquant pour les Japonais.)Savoir-vivre Représentation neutre
 Au débutLes bâtiments sont très jolis. Le pain est très bon. Beaux bâtiments et bon painRéalité à Paris
 Au début/PrésentMême maintenant, je sens toujours que les gens sont froids. Cela me fait peur. PeurParisien
 Au débutDans le métro, l’ambiance me fait vraiment peur. Très sombre, il n’y a pas beaucoup de gens, je crois que parce que la sécurité publique n’est pas bonne. On m’a dit qu’il y a beaucoup de pickpockets, je dois y faire tout le temps attention. PeurAmbiance négative
 Grâce au conseil « Il faut dire bonjour d’abord même si on ne peut pas parler le français », je n’ai pas eu de mauvaise expérience dans les magasins.SalutAstuce de la vie
 PrésentLe service et l’administration ici prennent beaucoup de temps et cela se passe mal. Au Japon, le travail est rapide et impeccable. Chaque fois, ça se passe mal ici, je m’énerve.InefficacitéTravail/Service
 Petit à petit, je m’y (mauvais service et mauvaise administration) habitue. Au travail, je dis à mon chef : « comme je ne sais pas à quelle heure l’ouvrier arrive, comme d’habitude en France, je prends un congé pour toute la journée » et j’en profite pour lire des livres. À Paris, j’attends tout le temps, et ça me stresse. Maintenant, je me demande pourquoi j’étais tout le temps stressé ? À ce moment-là, attendre quelque chose ne me stresse plus et je trouve que Paris est facile à vivre. Absence de stressPhase de l’adaptation
 Les vendeurs et les acheteurs vont à leur rythme. Aucun n’entre dans le territoire de l’autre. C’est pour cela que je me sens bien ici. Travail/ServiceTravail/Service
 Le psychologue (pour le personnel du corps diplomatique) m’a dit que les psychologues pour les ambassades japonaises dans le monde entier se sont réunis et ont discuté de la ville qu’ils pourraient choisir en tant que norme internationale pour les Japonais. Ils ont choisi Paris. Même si j’ai de mauvaises expériences ici, je me suis dit qu’il ne faut pas comparer avec le Japon car ici c’est la norme internationale. Cela m’a aidé beaucoup.Paris : norme international Norme
 Je n’ai pas d’expériences vraiment difficiles ici ; comme obtenir une carte de séjour à la sous-préfecture en attendant toute la journée dehors. Mais je m’habitue à la vie parisienne, la norme internationale pour les Japonais.Adaptation à la norme internationalePhase de l’adaptation
 J’envie la façon de travailler du fonctionnaire français. Ils affirment leur droit : par exemple, prendre leurs vacances. Le travail du fonctionnaire est le service public. Mais au Japon, dans la vie privée, les fonctionnaires sont opprimés en tant que fonctionnaire par les gens. Ici, les fonctionnaires peuvent vivre comme tout le monde.La différence de façon de travailler au Japon et à ParisTravail/Service
 Même si j’envie la façon de travailler du fonctionnaire français, je garde quand même un pied au Japon. Malheureusement et heureusement, je ne peux pas parler le français, je ne peux donc pas complètement me familiariser avec la vie parisienne.Mieux vaut ne pas comprendre le françaisLangue
 C’est très bon de ne rester ici que 2  ans. Si je restais ici 5 ans ou 10 ans, je me plaindrais de la situation japonaise en disant « À Paris, c’était mieux ».La durée de séjour à ParisContact superficiel
 AvantPour moi, l’image de Paris, c’était « les chaussures en cuir ». C’est chic.ChicReprésentation positive
 PrésentMaintenant, l’image de (la vie de) Paris, c’est comme « l’entraînement musculation » ou « les chaussures de montagnes » : costaud. Même si on est couvert de boue, pas de problème. Comme le travail d’agriculteur, c’est difficile de travailler, on transpire beaucoup. Paris pour moi, c’est cela. Je ne peux pas vivre ici tranquillement. C’est la galère. Mais, grâce à cela, je peux expérimenter la satisfaction et je peux m’amuser. Mais, je ne peux pas dire que je m’amuse sans difficulté.Réalité avec des difficultés mais avec satisfaction Réalité à Paris
 Au débutJe ne peux pas dire clairement « oui » ou « non ». Moi je suis japonais, je lis l’ambiance du groupe. Je parle en devinant l’ambiance « Kuki wo yomu (lire l’ambiance)» ou selon l’envie de l’autre. Attention d’harmonieComportement japonais / Culture japonaise
 PrésentJuste récemment, je commence à pouvoir dire ce que je veux. Adaptation à l’expression franchePhase de l’adaptation
 J’ai des collègues français au travail. Comme ils connaissent beaucoup de Japonais, ils m’ont dit gentiment comme un conseil : «Je ne comprends pas ce que tu penses », « Tu acquiesces trop de la tête » et « Tu souris trop ». Un jour, j’ai acquiescé d’un signe de tête pour harmoniser l’ambiance, bien que je n’aie pas compris ce qu’ils disaient. L’un d’eux m’a demandé : « As-tu bien compris ce dont on a parlé ? » Mais, c’est mon habitude. Je ne peux pas la changer tout de suite. Si je pense à cela, je ne peux plus être naturel. Tant pis, c’est comme cela. Sourire/attention d’harmonieComportement japonais / Culture japonaise
 Les Français sont très francs. Ils ne cachent pas leurs véritables intentions. Parfois ça m’énerve ! Mais je trouve que c’est bon d’être franc. Expression francheParisien
 J’ai appris au Japon qu’il ne faut pas voler le temps de l’autre et qu’il ne faut pas se laisser voler son temps. Ici, on s’en fiche. Par exemple, lorsque quelqu’un fait une fête, on ne fait pas attention aux voisins et à l’heure de fin de la fête. Personne ne se plaint. Je comprends qu’ils profitent de la vie.InsoucianceLiberté/Indifférence de la société
 Ici, je me questionne par quoi je suis accablé. Même les jours de congés, je suis accablé, bien que, ayant fixé un objectif à accomplir avant de boire le soir, par exemple, avoir lu 4 livres, et l’ayant atteint, je me permets de boire. Je pense d’abord que je dois avoir accompli quelque chose pour avoir le droit de m’amuser. Je me suis rendu compte que j’étais toujours stressé par quelque chose. Si je ne me mets pas un objectif et ne l’atteint, je ne peux pas m’amuser. Ici, il y a des gens qui se réchauffent au soleil sans rien faire ou boivent même avant le soir. J’ai appris cela ici.Qualité de la vieValeurs
8F431 a + 6 mAvant En me basant sur l’information disponible sur les médias, j’avais l’impression que Paris était un endroit chic.ChicReprésentation positive
Femme venue pour le travail de son mari, ayant un enfantAu débutQuand j’ai vu que des soldats marchent avec leur mitraillette, cela m’a fait vraiment peur et j’ai compris que c’est un endroit dangereux, ici. Et mon fils a senti la même chose.PeurDanger
 Mon fils (9 ans) ne peut pas sortir tout seul ici comme il le faisait au Japon ; pendant un certain temps il était nerveux.Énervement Contrainte
 Pendant 6 mois, mon fils ne m’a pas demandé de sortir dehors car je lui disais tout le temps « Il faut faire attention à ceci, à cela, il ne faut pas trop t’éloigner de nous (parents), nous ne sont pas au Japon » etc. Moi-même, je ne sortais pas. RetraitContrainte
 Comme je ne voudrais pas avoir de problème pour les toilettes, je ne voulais pas sortir et j’étais toujours stressée.Toilettes / StressContrainte
 Dans la ville, je vois beaucoup de races différentes. La couleur de peau différente… Cela m’a donné beaucoup de stress. J’étais tout le temps tendue.Stress/variétés ethniquesDiversité ethnique
 PrésentAu Japon, il n’y a pas de danger. C’est la paix. Je n’ai pas besoin de faire attention partout. Mais ici, je suis tout le temps tendue. Je me demande tout le temps, s’il y a quelque chose, comment je peux réagir… C’est un endroit très fatigant.FatigueSentiment négatif
 Il y a beaucoup de mendiants dans la ville juste à côté de chez moi, dans le métro, dans la rue, partout. Cette présence des mendiants m’a donné un choc et à mon fils aussi. Ils me dépriment vraiment. Au Japon, il y a des clochards mais dans un endroit spécial et ils ne mendient pas.MendiantsSentiment négatif
 Les Français sont très fiers d’eux et ne sont pas gentils. Parfois, quand je rencontre quelqu’un de gentil, je suis très très contente.Rencontre avec des personnes gentillesSeuil de satisfaction
 Maintenant que je comprends un peu le français, il y a plus de choses qui me gênent (par exemple lors de démarches administratives). C’était mieux quand je ne comprenais pas.Inconvénient de la compréhension de la langueLangue
9F371 a + 6 mAvantJe n’avais pas une bonne image de Paris car j’avais lu un livre qui explique la vraie vie à Paris.Mauvaise imageReprésentation négative
Femme mariée avec un Japonais ayant des enfants, venu pour le travail de son mari et habitant au 15e arrondissement Au débutComme j’avais de mauvaises images, face à la réalité, j’ai trouvé que ce n’était pas aussi mauvais que cela. La réalité est meilleure que l’imageRéalité à Paris
PrésentJe n’ai pas de contact avec les Français.Sans contactContact
 La durée de la mission de travail de mon mari est seulement 2 ans. C’est très bien comme cela. Je n’ai pas besoin de créer des relations avec les Français et la société. La durée de séjour à ParisContact superficiel
 Si j’avais compris le français, j’aurais eu beaucoup d’occasions d’être blessée. C’est très bien comme cela.Mieux ne pas comprendre le françaisLangue
 Les gens bâclent leur travail et ne travaillent pas comme les Japonais de façon très stricte. On peut dire autrement qu’ils sont tolérants aussi envers clients car ils ne sont pas exigeants.La différence de façon de travailler au Japon et à ParisTravail/Service
10F411 a + 6 mAvant Je ne m’inquiétais pas trop car on m’a dit que les Français aiment le Japon.NippophileReprésentation positive
Femme mariée avec un Japonais ayant un enfant, venu pour le travail de son mari et habitant en banlieue ouestPrésentPeut-être parce que j’habite à Versailles, je n’ai jamais subi de discrimination, les gens sont très gentils avec moi.Français gentils Parisien
J’entends souvent que mes amies habitant à Paris subissent des discriminations raciales.Racisme/agressionRacisme/agression
Les Français sont très gentils envers les parents des enfants, alors que les Japonais sont très sévères et froids avec les parents. EnfantÉducation
 Apparemment, les Français n’aiment pas les Chinois. Souvent, au premier abord, ils ont l’air méfiant et me demandent si je suis japonaise. Dès qu’ils savent que je suis japonaise, ils deviennent très gentils.ChinoisChinois
 Paris est une ville très agréable à vivre même si la vie est chère.Pays agréablePhase de l’adaptation
11H291 a+6 mAvant Je ne savais rien du tout à propos de Paris. Je ne savais même pas la différence entre les États-Unis, l’Angleterre et la France.Pas de connaissanceReprésentation neutre
Photographe, venu pour apprendre le français et habitant au 9e arrondissementAu débutParis est comme Osaka. Les Parisiens jettent des déchets par terre, parlent aux inconnus, comme les gens d’Osaka.Similitude avec OsakaFamiliarité
La langue française est très difficileDifficulté langagièreLangue
 PrésentJe suis à l’aise ici. Beaucoup de gens s’en fichent du statut social ou de ce qu’on fait dans la vie.LibertéLiberté/Indifférence de la société
 Un mendiant m’a donné un coup de pied parce que je ne lui ai pas donné d’argent. Mais je lui ai rendu un coup en disant «Travaillez ! »Résistance à l’agressivitéRacisme/agression
 Paris est un endroit familier.FamiliaritéFamiliarité
 Les femmes françaises que j’ai rencontrées sont trop gentilles avec moi. Elles font attention à moi. Je préfère les femmes fortes. Il y a beaucoup de femmes déplaisantes mais pas beaucoup de femmes ayant un fort caractère. Cela me manque.Femmes françaisesParisien
 Je ne resterai pas longtemps ici car ma famille me manque.Famille au JaponFamille au Japon
12F30 ans1 a + 6 mAvantParce que j’ai eu beaucoup de mauvaises expériences de discrimination raciale à Aix-en-Provence, avant de venir en Île-de-France, j’avais peur d’être l’objet de discrimination à nouveau. DiscriminationReprésentation négative
Femme mariée avec un Français, ayant un enfant, venue pour son mariage et habitant en banlieue sudPrésentChaque fois que je subis de la discrimination raciale (ex au McDonald et dans la rue), je suis vraiment triste et ai envie de retourner au Japon. Triste face à la discrimination racialeRacisme/agression
Il ne faut pas marcher toute seule ici. Ma mère me dit aussi souvent qu’il faut être avec quelqu’un quand je sors. InsécuritéDanger
 Une jeune femme asiatique est une bonne cible pour décharger sa colère. Femme asiatiqueRacisme/agression
 Je ne peux plus retourner au Japon car j’ai mon mari et mon fils à Paris, c’est ma vie…RésignationRésignation
 Il faut rester enfermé ou se cacher pour ne pas être remarquée. Je ne sors plus à partir de 17 h pour me protéger.RetraitContrainte
 Comme j’ai beaucoup de mauvaises expériences ici, je m’enfuis en fantasmant sur ma vie au JaponFuiteSentiment négatif
 Quand je vois des jeunes maghrébins dévoyés, je pense qu’ils sont perdus car ils n’ont pas leur propre identité. Je veux que mon fils ait la fierté de son identité franco-japonaise.Identité du métissage Identité
 Mes voisines n’ont pas envie de m’écouter. Elles se déchargent comme une mitrailleuse sur moi tout ce qu’elles voudraient dire. Communication sens uniqueParisien
 Je trouve que les ancêtres français étaient extraordinaires car ils ont construits des beaux bâtiments, des ponts, une belle ville comme Paris, etc. C’est un pays merveilleux. Mais, les Français actuels sont en train de tout casser. Beaucoup de déchets, des crottes de chien… Pas de respect pour l’environnement. Je voudrais leur dire qu’il faut faire des efforts. Colère aux ParisiensSentiment négatif
13H41 ans2 aAvant La tour Eiffel et la Seine, c’est tout.MonumentsReprésentation neutre
Homme venu pour son travail et habitant au 15e arrondissementQuand j’ai su que je devrai aller en France pour mon travail, je n’étais pas très content car je n’avais aucune envie d’habiter en France.Pas d’attirance vers la FranceReprésentation négative
Au débutMa première impression de Paris est que c’est une ville sale.Sécurité sanitaireAmbiance négative
 Au Japon, si quelqu’un parle japonais et que son apparence est japonaise, il est Japonais. Mais ici, on ne peut pas appliquer cette logique. Cela me perturbe.Norme sur l’apparence physiqueNorme
 Au Japon, il y a des codes sociaux qu’on partage. Mais, ici, les codes n’existent pas. Je ne sais donc pas comment je dois réagir. Je ne sais pas la réponse qu’il faut faire. Code social Norme
 Je m’entends bien avec la personne qui est prévenante et qui m’intéresse. PrévenancePrévenance
 Les Français sont très gentils envers les parents des enfants, alors que les Japonais sont très sévères et froids avec les parents.EnfantÉducation
 Au Japon, tout le monde a un certain niveau d’intelligence assez haut mais pas ici. Souvent, à la caisse, le rendu de monnaie n’est pas bon. IntelligenceTravail/Service
 PrésentL’image de Paris pour moi est la responsabilité individuelle et la liberté. Les Français sont indifférents aux autres, mais au Japon le regard des autres est étouffant.La responsabilité individuelle et la libertéLiberté/Indifférence de la société
 Au Japon, la vie est plus facile pour moi car je n’ai pas besoin de réfléchir, je fais comme les autres. ConformismeNorme
14F41 ans2 aAvantJe n’avais pas d’image sur Paris, car c’était juste après la naissance du 3e enfant, il n’y avait pas de temps pour chercher des informations.Sans a prioriReprésentation neutre
Femme mariée avec un Japonais ayant des enfants, venu pour le travail de son mari et habitant au 15e arrondissement Les Parisiens sont snobs.SnobReprésentation négative
Au début1. Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) de la participante : il a demandé à sa femme de venir plus vite possible à Paris car il était venu à Paris plutôt que sa femme et leurs enfants.Besoin de soutien Groupe contenant
 2. Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) de la participante : « Mon mari sentait que les gens méprisent les hommes asiatiques. »MéprisRacisme/agression
 2. Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) d’une japonaise : « Pour lui, il est difficile de s’affirmer tout le temps au travail. »Difficulté d’affirmationComportement japonais / Culture japonaise
 3. Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) d’une japonaise : « Sa hiérarchie lui dit qu’il ne faut pas être tout le temps souriant. »SourireComportement japonais / Culture japonaise
 Présent4. Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) d’une Japonaise : « Les week-ends, il ne sort pas. Même quand on voyage, il me demande de faire les courses en disant que “les gens sont plus gentils avec les femmes”. »RetraitContrainte
 5. Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) de la participant : son mari attend depuis longtemps de retourner au Japon (alors que sa femme veut rester à Paris un peu plus).Envie de partirRetour au Japon
 Ici, les gens sont plus tolérants envers les parents des enfants qu’au Japon.EnfantÉducation
 J’ai fait l’expérience d’être agressée et de subir de la discrimination raciale (par un clochard, un serveur, etc.).Agression, discriminationRacisme/agression
 J’avais peur de ce clochard (qui m’a agressée plusieurs fois). Mais je ne pouvais pas m’exprimer en français. Il faut donc accepter cette situation, car il n’y avait finalement rien de grave (elle a pu s’enfuir). Langue/résignation Résignation
 La ville est très sale.Sécurité sanitaireAmbiance négative
 Il y a des gentils mais aussi beaucoup de méchantsGentils et méchantsRéalité à Paris
 Ici c’est très intéressant car il y a beaucoup de sortes de personnes. Variétés ethniquesDiversité ethnique
 Moi, je voudrais rester un peu plus.Envie de resterPhase de l’adaptation
 Je préfère ici parce que je me sens plus libre qu’au Japon.LibertéLiberté/Indifférence de la société
 Ils sont égoïstes et ils s’en fichent du regard des autres. Ce qui n’est pas possible au Japon.Indifférence de la sociétéLiberté/Indifférence de la société
 C’est mieux que je ne comprenne pas le français. Sinon, je comprendrais ce qu’on dit de méprisant sur moi.Mieux ne pas comprendre le françaisLangue
 Même si les services sont mauvais, beaucoup de gens viennent ici car il y a beaucoup d’endroits à visiter. Service mauvais/ Site touristiqueTravail/Service
15F432 ansAvant Mauvais services et beaucoup de pickpocketsPickpocketsReprésentation négative
Femme mariée avec un Japonais ayant un enfant, venu pour le travail de son mari et habitant au 15e arrondissementAu débutAu Japon, je ne m’identifiais pas comme une personne de couleur, mais ici je le sens bien.Couleur de peauDiversité ethnique
Je pense que j’ai subi beaucoup de discriminations raciales, mais simplement je ne le ressentais pas trop car je ne comprenais pas le français. Et aussi j’ai rencontré des Français gentils, cela ne me gêne pas trop.Langue / Discrimination / Gentils et méchantsLangue
 PrésentJe n’ai pas du tout de contact avec les français.Sans contactContact
 Comme les Français sont indifférents aux gens, je me sens à l’aise. Au Japon, il faut faire attention au regard des autres. InsoucianceLiberté/Indifférence de la société
 Aujourd’hui, il fait un peu froid, je mets donc un manteau noir pour sortir sans réfléchir. Mais, si c’était au Japon, je penserais qu’il vaudrait mieux que je mette un manteau plus coloré qui convient au mois de mars à cause du regard des autres.Regard des autresComportement japonais / Culture japonaise
 Les Français sont très gentils envers les parents des enfants, alors que les Japonais sont très sévères et froids avec les parents. EnfantÉducation
16F332 a + 6 mAvant Je croyais que les Français étaient blancs et beaux.La couleur de peauReprésentation positive
Étudiante venue pour apprendre le français et habitant au 9e arrondissementAu début(Elle croyait que les Français étaient blancs et beaux.) En réalité, c’est le contraire. Il y a beaucoup d’immigrés et très peu de blancs, beaucoup de cultures et de races différentes. Ici, il y a beaucoup de Chinois, les couleurs de peau sont très variées. On critique beaucoup les autres races. Couleur de peauDiversité ethnique
 PrésentQuand je dois faire face à un comportement raciste, j’essaie de l’ignorer et je me dis « non non, ce n’est pas du racisme ». J’accepte seulement le bon côté, ici.Stratégie contre racismeRacisme/agression
 J’ai appris le sens du mot « vacances » ici. Au Japon, il n’y a pas de vraies vacances comme ici.VacancesComportement japonais / Culture japonaise
 Au Japon, la qualité de service est super. Ici, je m’étonne que « les gens acceptent un service aussi mauvais ». Au Japon, le client est un Dieu.La différence de façon de travailler au Japon et à ParisTravail/Service
 Les Japonais doivent apprendre la liberté et à travailler de manière pas trop rigide ou pas trop sérieuse. Travail au JaponTravail/Service
 J’aime bien ici depuis que je comprends mieux le français.Langue Langue
    Même si je suis à l’aise à Paris, je voudrais retourner au Japon car je le préfère à Paris.Préférence pour le JaponComportement japonais / Culture japonaise
17F446 aAvantLa France était le dernier pays auquel je m’intéressais en Europe. Pas d’intérêt Représentation négative
Femme, venue pour son mariage avec un Français et habitant en banlieue sudGrand pays d’agriculture, on m’a dit qu’il y a beaucoup de noirs, le film français.Agriculture, noirs, le filmReprésentation neutre
Au débutPendant 2 ou 3 ans, tous les jours, je vivais heureuse, comme si j’étais touriste.Sentiment de touristePhase de lune de miel
 PrésentJe m’habitue enfin (6 ans après) à la vie d’ici et ai compris ma difficulté langagière. Je ne progresse pas en français si je ne travaille pas sérieusement.Difficulté langagièreLangue
 Je m’inquiète pour qui sera élu président français. Peut-être je devrai partir de France selon le (la) nouvel(le) président(e).PolitiquePolitique
 Les Français sont très agressifs.AgressivitéParisien
 Je suis peut-être trop sensible, je pense trop ce que l’autre pense, c’est une mauvaise habitude japonaise ; il ne faut pas blesser les gens. Je garde ce réflexe. Sensibilité chez les JaponaisComportement japonais / Culture japonaise
 Chez les Japonais, cacher son sentiment est une vertu.DiscrétionComportement japonais / Culture japonaise
 Si je peux m’exprimer librement, ma vie ici sera plus facile. Envie de s’exprimer librementComportement japonais / Culture japonaise
 Cela prend beaucoup de temps quand je réfléchis à la façon de m’exprimer plus douce pour ne pas blesser les gens. Et finalement je laisse échapper le bon moment pour m’exprimer.Difficulté d’expression / PrévenanceComportement japonais / Culture japonaise
 La frustration s’accroît parce que je ne peux pas m’exprimer. Je suis tout le temps souriante, c’est tout.Difficulté d’expression / amabilitéComportement japonais / Culture japonaise
 Mes anciennes valeurs ont été toutes détruites, car il n’y a pas de norme ici. Destruction de valeur ancienneValeurs
 Je me sentais gênée au Japon, mais ici je me sens libre.LibertéLiberté/Indifférence de la société
 Au Japon, les gens travaillent sérieusement, ils sont très stricts, très ponctuels, très efficaces. Quant aux Français, ils ne sont pas du tout comme cela. Mais c’est mieux comme cela. Les Japonais travaillent dur jusqu’à en mourir pour certains. La différence de façon de travailler au Japon et à ParisTravail/Service
 Les Français ne sympathisent pas avec les gens… C’est parce qu’ils sont individualistes ? AntipathieParisien
 Au Japon, la communication est un mouvement entre renvoyer et recevoir. Ici, elle est à sens unique.Communication sens uniqueParisien
    Il n’y a pas d’éclat ou de magnificence ici contrairement à l’image de Paris. Paris est juste un endroit à vivre quotidiennement.Réalité quotidienneRéalité à Paris
18F4010 aAvantJe m’intéressais seulement à la cuisine française. Je ne m’intéressais pas aux Français, ne parlais même pas français.Cuisine françaiseReprésentation neutre
Femme célibataire ayant une enfant, venue pour son travail et habitant au 5e arrondissementAu débutJe ne connaissais personne à Paris. Je me sentais seule. Au travail, il y a des Japonais mais je ne m’approche pas d’eux.Absence d’amiGroupe contenant
J’étais trop modeste. J’ai tout le temps cédé aux autres.ModestieComportement japonais / Culture japonaise
  À Paris, il faut montrer tout d’abord ses compétences. C’est ce que j’aurais dû faire…Travail démonstratifTravail/Service
  Au Japon, chacun regarde le travail des autres. Si on travaille bien, on te connaît bien et on n’a pas besoin de démontrer ses compétences. Mais ici, il faut faire appel et se vanter. Moi, je n’aime pas cela. Je préfère plutôt être modeste ou me cacher. Et ma façon de travailler a marché au Japon.La différence de façon de travailler au Japon et à ParisTravail/Service
 PrésentAu travail, il y a beaucoup de racisme et de sexisme. Les hommes subissent du racisme, ils persécutent donc d’avantage les femmes. Racisme et sexisme au travailRacisme/agression
 À travers l’école primaire de ma fille, je vois que la société française (les enseignants, parents, animateurs) accepte que les faibles ou les étrangers subissent des humiliations. HumiliationInégalité
 Ma condition de travail est meilleure qu’au Japon pour une mère célibataire. Meilleure condition de travail à ParisTravail/Service
 Je comprends un peu que les autres Français me tourmentent car ma condition de travail est assez bonne et ils sont jaloux de moi.Jalousie au travailTravail/Service
 Si j’avais eu la même condition au travail et j’avais été célibataire, je retournerai au Japon parce qu’il y a un mur insurmontable entre les deux pays. Personnellement, j’ai expérimenté beaucoup de choses incompréhensibles ici. Incompréhension du comportement parisienMur insurmontable
    Dans ce pays, il faut recourir à des moyens légaux (contre le harassement au travail). De nombreux recours verbaux à mon patron et à mes collègues ont été ignorés.RecoursTravail/Service
19F4613 aAvantJe n’aimais pas la France car il y a beaucoup de chômage et d’immigrés. J’avais une image très sombre. Chômage et immigréReprésentation négative
Femme ayant un mari français et deux enfants, venue pour son mariage et habitant au 5e arrondissementAu débutJ’avais peur des Parisiens, ils étaient très hystériques. J’ai rencontré beaucoup de Parisiens hystériques. Je déchargeais souvent ma colère sur mon mari français en disant « je déteste les Parisiens ». J’avais la phobie des Parisiens.Image négative envers la ParisienneParisien
 PrésentPour m’habituer à la vie ici, ça a pris à peu près 10 ans.Temps d’habituationTemps d’habituation
 Quand je me suis fait des amies japonaises, ma vie est devenue plus légère car j’ai pu me plaindre à elles.Amies japonaisesGroupe contenant
 Les parents des amies de ma fille m’ignorent. Quand ils emmènent leur enfant chez moi pour l’anniversaire de ma fille, ils me saluent. Mais à l’école, ils m’ignorent. Je ne peux pas m’habituer à cela. Comme je suis Japonaise, je ne peux pas être indifférente à cela. Et cela me blesse toujours.MéprisParisien
 Les Japonais sont tellement sensibles et attentionnés. C’est pour cela qu’ils sont très fatigués. Au Japon, actuellement, on dit qu’il faut entraîner la capacité de l’insensibilité « Donkan (insensibilité) ryoku (capacité) ».Sensibilité chez les JaponaisComportement japonais / Culture japonaise
 Maintenant j’aime Paris (alors qu’avant j’avais la phobie des Parisiens). AffectionPhase de l’adaptation
    Je ne peux pas retourner au Japon ; il y a beaucoup de gens très sensibles.Sensibilité chez les JaponaisComportement japonais / Culture japonaise
20F4815 aAvantLes Français manquent de ponctualité.Manque de ponctualitéReprésentation négative
Femme mariée avec un Français, ayant deux enfants, venue pour son mariage et habitant en banlieue sudAu débutLes Français sont impolis ; on n’écoute pas l’autre parler et coupe la parole. Au Japon, ce n’est pas possible, on ne change pas de sujet pendant que quelqu’un parle. Si c’était au Japon, on dit que cette personne est mal élevée.ImpolitesseParisien
Au Japon si on n’écoute pas bien l’autre, on dit que ses parents ne l’ont pas bien élevé. Pendant un an, je me disais : dans quel endroit je suis venue ! Politesse au JaponComportement japonais / Culture japonaise
 PrésentIci, on n’a pas besoin de sauver les apparences et de se préoccuper de sa réputation. Je suis à l’aise ici et préfère ici au Japon.InsoucianceLiberté/Indifférence de la société
 Pour élever les enfants, ici, c’est plus facile. Je n’ai pas besoin de faire attention au regard des autres. Si j’étais au Japon, j’essayerais de mieux élever mes enfants pour être félicitée en tant que mère par les autres. C’est inscrit dans mon inconscient. Cela me ferait peur si j’étais au Japon. EnfantÉducation
 J’étais une Japonaise typique qui suit les rails et qui vivais comme les autres. Je ne pourrais pas connaître une vraie joie de vivre, si je restais au Japon.ConformismeNorme
    Au Japon, la meilleure efficacité, la compétence, et le rendement sont de bonnes choses. Mais ici, pas vraiment. Ce ne sont pas forcément de bonnes choses en France. Je me suis étonnée qu’il y ait des gens qui ne s’y intéressent pas.Efficacité Compétence RendementTravail/Service

Annexe 2 Avant l’arrivée

Méta-thèmeParticipantsThèmeReprésentation de Paris
Représentation négative19Chômage et immigréJe n’aimais pas la France car il y a beaucoup de chômage et d’immigrés. J’avais une image très sombre.
12DiscriminationParce que j’ai eu beaucoup de mauvaises expériences de discrimination raciale à Aix-en-Provence, avant de venir en Île-de-France, j’avais peur d’être l’objet de discrimination à nouveau.
1Façon de travailler à ParisLes Français ne travaillent pas beaucoup.
20Manque de ponctualitéLes Français manquent de ponctualité.
9Mauvaise imageJe n’avais pas une bonne image de Paris car j’avais lu un livre qui explique la vraie vie à Paris.
13Pas d’attirance vers la FranceQuand j’ai su que je devrai aller en France pour mon travail, je n’étais pas très content car je n’avais aucune envie d’habiter en France.
17Pas d’intérêt La France était le dernier pays auquel je m’intéressais en Europe.
15PickpocketsMauvais services et beaucoup de pickpockets
6SaletéJe savais qu’il y a beaucoup de crottes de chien dans la rue.
14SnobLes Parisiens sont snobs.
7Syndrome ParisAvant d’arriver à Paris, j’ai eu un cours de préparation dans mon travail. Un psychologue (peut-être) pour le personnel du corps diplomatique (NK n’est pas diplomate) nous a expliqué le syndrome Paris. Il nous a donné des conseils. Par exemple, c’est mieux d’habiter dans un appartement ayant un haut plafond même si le loyer est un peu cher. Il nous a dit qu’il faudrait faire attention au syndrome si on rêvait d’y aller. Mais moi, je n’en rêvais pas.
7Syndrome ParisJe me demandais si ma femme serait plus concernée par le syndrome Paris que moi car elle rêvait d’y aller.
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Représentation neutre17Agriculture, noirs, le filmGrand pays d’agriculture, on m’a dit qu’il y a beaucoup de noirs, le film français.
4Couleur de peauJe croyais que la majorité des Français étaient blancs
18Cuisine françaiseJe m’intéressais seulement à la cuisine française. Je ne m’intéressais pas aux Français, ne parlais même pas français.
13MonumentsLa tour Eiffel et la Seine, c’est tout.
11Pas de connaissanceJe ne savais rien du tout à propos de Paris. Je ne savais même pas la différence entre les États-Unis, l’Angleterre et la France.
14Sans a prioriJe n’avais pas d’image sur Paris, car c’était juste après la naissance du 3e enfant, il n’y avait pas de temps pour chercher des informations.
7Savoir vivre Notre professeur de français, à moi et ma femme, a habité longtemps en France. Lors d’un cours au Japon, il nous a dit qu’en France c’est le client qui doit dire d’abord « Bonjour » en entrant dans un magasin. Si on ne dit pas bonjour, c’est comme si au Japon on entrait chez quelqu’un sans quitter ses chaussures. (C’est trop choquant pour les Japonais.)
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Représentation positive1Beaux bâtimentsIl y aurait beaucoup de jolis bâtiments
6Beaux bâtimentsLa ville et les immeubles sont beaux.
7ChicPour moi, l’image de Paris, c’était « les chaussures en cuir ». C’est chic.
8ChicEn me basant sur l’information disponible sur les médias, j’avais l’impression que Paris était un endroit chic.
2Chic et modeChic et la mode
5Cuisine françaiseJ’ai pensé que Paris serait une belle ville. Mais c’est tout. Moi, je ne m’intéresse qu’à la cuisine française.
16La couleur de peauJe croyais que les Français étaient blancs et beaux.
1Langue facileMais, j’imaginais que le français serait facile si je l’apprenais en France. On m’a dit que l’anglais et le français étaient similaires. C’est pour cela que je croyais qu’il n’y aurait pas beaucoup de problèmes ici.
3Mode, gastronomie et muséeMode, gastronomie, musée
10NippophileJe ne m’inquiétais pas trop car on m’a dit que les Français aiment le Japon.
Début de séjour
Méta thèmeParticipantThèmeCommentaire
Ambiance négative6MendiantsJe me suis étonnée qu’il y ait autant de mendiants.
2PeurDans le métro, l’ambiance me fait vraiment peur. Les regards des gens sont très lourds. Très triste, leur visage me fait peur. Ils font attention pour ne pas être volés. Il n’y a pas de personne insouciante comme au Japon. On m’a dit qu’il y a beaucoup de pickpockets, je dois y faire tout le temps attention. C’est pénible. Je suis très fatiguée.
7PeurDans le métro, l’ambiance me fait vraiment peur. Très sombre, il n’y a pas beaucoup de gens, je crois que parce que la sécurité publique n’est pas bonne. On m’a dit qu’il y a beaucoup de pickpockets, je dois y faire tout le temps attention.
2Sécurité sanitaireJe suis très étonnée que le métro soit si sale. Je suis très mal à l’aise. Les sièges les fenêtres sont sales, cela ne sent pas bon, beaucoup de mendiants, personne ne dort, pas de toilettes… L’ambiance du métro n’est pas bonne. Cela me fait peur.
4Sécurité sanitaireMême s’il y a beaucoup de poubelles dans la rue, la ville est sale. Au Japon, il y a très peu de poubelles, mais la ville est très propre.
6Sécurité sanitaireLes odeurs que je n’avais jamais senties au Japon m’ont beaucoup marquée.
13Sécurité sanitaireMa première impression de Paris est que c’est une ville sale.
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Astuce de la vie7SalutGrâce au conseil « Il faut dire bonjour d’abord même si on ne peut pas parler le français », je n’ai pas eu de mauvaise expérience dans les magasins.
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Choc intense3Incapacité d’exprimer(Lorsque sa propriétaire l’a grondé déraisonnablement.) Je n’ai pas pu le dire à mes amies parce que c’était trop choquant pour moi.
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Comportement japonais / Culture japonaise7Attention d’harmonieJe ne peux pas dire clairement « oui » ou « non ». Moi je suis japonais, je lis l’ambiance du groupe. Je parle en devinant l’ambiance « Kuki  wo yomu (lire l’ambiance)» ou selon l’envie de l’autre.
1Auto-accusationLe plus difficile pour moi a été le travail en groupe pendant ces deux premières semaines. Comme je n’avais rien compris à ce qu’on devait faire, ce qui était le plus pénible pour moi était que je dérangeais les autres dans mon groupe.
3Auto-accusationQuand elle (sa propriétaire) était en colère (sans raison), j’ai regretté de ne pas être assez attentionnée.
3Deviner l’humeur de l’autreJ’essaie toujours de deviner comment elle (sa propriétaire) va aujourd’hui.
14Difficulté d’affirmation2 Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) d’une japonaise : « Pour lui, il est difficile de s’affirmer tout le temps au travail. »
1DiscrétionMême à la maison, je n’osais pas lui dire que je n’aimais pas tel ou tel plat que ma propriétaire préparait. Je disais tout le temps « c’est bon ». Au niveau de la quantité des repas, ce n’était pas suffisant pour moi. J’avais tout le temps faim, je ne voulais pas aller à l’école, mais je ne savais pas quoi faire, j’étais bizarre à ce moment-là.
3Expression modéréeLes Japonais n’ont pas cette expression directe et franche.
18ModestieJ’étais trop modeste. J’ai tout le temps cédé aux autres.
20Politesse au JaponAu Japon si on n’écoute pas bien l’autre, on dit que ses parents ne l’ont pas bien élevé. Pendant un an, je me disais : dans quel endroit je suis venue !
1Préférence pour ses parentsJe ne leur (ses parents) ai pas du tout dit que j’étais enfermé à la maison. Je ne voulais pas leur donner de soucis.
14Sourire3 Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) d’une Japonaise : « Sa hiérarchie lui dit qu’il ne faut pas être tout le temps souriant. »
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Consolation3ConsolationLes peintures de Monet m’ont apaisé.
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Contrainte8Énervement Mon fils (9 ans) ne peut pas sortir tout seul ici comme il le faisait au Japon ; pendant un certain temps il était nerveux.
8RetraitPendant 6 mois, mon fils ne m’a pas demandé de sortir dehors car je lui disais tout le temps « Il faut faire attention à ceci, à cela, il ne faut pas trop t’éloigner de nous (parents), nous ne sont pas au Japon » etc. Moi-même, je ne sortais pas.
8Toilettes / StressComme je ne voudrais pas avoir de problème pour les toilettes, je ne voulais pas sortir et j’étais toujours stressée.
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Danger6PeurLes militaires portant une mitraillette m’ont beaucoup choquée.
8PeurQuand j’ai vu que des soldats marchent avec leur mitraillette, cela m’a fait vraiment peur et j’ai compris que c’est un endroit dangereux, ici. Et mon fils a senti la même chose.
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Diversité ethnique2AfricainsIl y a beaucoup de noirs. Leur visage me fait peur… Je ne peux pas lire leur expression. Ils sont très grands et ont le regard mauvais. Dans un wagon, ce n’est pas un ou deux voyageurs noirs. La majorité est noire. Je suis très étonnée. Il y avait beaucoup de noirs aux États-Unis. Mais ils ont l’air généreux, gai et ouvert. Ils sont gros. Les Africains d’ici ont l’air d’arriver d’Afrique. Leur regard me fait peur.
4Couleur de peauJe me suis étonnée qu’il y ait plus des races de couleur qu’aux États-Unis.
15Couleur de peauAu Japon, je ne m’identifiais pas comme une personne de couleur, mais ici je le sens bien.
16Couleur de peau(Elle croyait que les Français étaient blancs et beaux.) En réalité, c’est le contraire. Il y a beaucoup d’immigrés et très peu de blancs, beaucoup de cultures et de races différentes. Ici, il y a beaucoup de Chinois, les couleurs de peau sont très variées. On critique beaucoup les autres races.
8Stress/variétés ethniquesDans la ville, je vois beaucoup de races différentes. La couleur de peau différente… Cela m’a donné beaucoup de stress. J’étais tout le temps tendue.
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Éducation13EnfantLes Français sont très gentils envers les parents des enfants, alors que les Japonais sont très sévères et froids avec les parents.
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Familiarité11Similitude avec OsakaParis est comme Osaka. Les Parisiens jettent des déchets par terre, parlent aux inconnus, comme les gens d’Osaka.
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Groupe contenant18Absence d’amiJe ne connaissais personne à Paris. Je me sentais seule. Au travail, il y a des Japonais mais je ne m’approche pas d’eux.
14Besoin de soutien 1 Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) de la participante : il a demandé à sa femme de venir plus vite possible à Paris car il était venu à Paris plutôt que sa femme et leurs enfants.
1Rencontre avec des JaponaisJe me suis enfin fait un ami japonais et lui ai parlé beaucoup de ma souffrance. Je me suis beaucoup plaint de mes difficultés à Paris et lui ai demandé conseil. Cela m’a sauvé.
5Rencontre avec des Japonais à ParisÀ partir du moment où j’ai commencé à rencontrer des Japonais, ma vie à Paris est devenue plus légère. Ces rencontres m’ont sauvée.
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Langue1Difficulté langagièreJe ne savais pas que c’était aussi difficile quand on ne peut pas parler français. Je ne comprenais pas du tout ce qu’on me disait. À vrai dire, pendant les deux premières semaines, je pensais tout le temps que je changerais la date de départ prévue et rentrerais au Japon. Dans le métro, en rentrant chez moi, en écoutant la musique japonaise, je me disais : « oui, je comprends toutes les paroles ». J’avais peur de ne pouvoir tenir dans cette situation deux mois de plus. Une seule journée suffisait à me fatiguer. Je me demandais si je pourrais vivre encore à Paris.
2Difficulté langagièreC’est vraiment difficile… Je ne savais pas que c’était aussi difficile quand on ne peut pas parler français. Je croyais que quand même à Paris on peut parler en anglais. Je sous-estimais ce point-là. Quand je me suis adressée à quelqu’un en anglais, il m’a fait un mauvais visage… Je ne comprends pas le français. Mon cœur était presque brisé...
4Difficulté langagièreJ’ai pris beaucoup de temps pour m’habituer à la langue.
5Difficulté langagièreLa langue est très difficile.
11Difficulté langagièreLa langue française est très difficile.
15Langue / Discrimination / Gentils et méchantsJe pense que j’ai subi beaucoup de discriminations raciales, mais simplement je ne le ressentais pas trop car je ne comprenais pas le français. Et aussi j’ai rencontré des français gentils, cela ne me gêne pas trop.
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Norme13Code social Au Japon, il y a des codes sociaux qu’on partage. Mais, ici, les codes n’existent pas. Je ne sais donc pas comment je dois réagir. Je ne sais pas la réponse qu’il faut faire.
13Norme sur l’apparence physiqueAu Japon, si quelqu’un parle japonais et que son apparence est japonaise, il est Japonais. Mais ici, on ne peut pas appliquer cette logique. Cela me perturbe.
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Parisien 3Expression francheLes Français expriment ce qu’ils pensent sans hésitation.
1FroideurJe sentais que le service était froid.
19Image négative envers la ParisienneJ’avais peur des Parisiens, ils étaient très hystériques. J’ai rencontré beaucoup de Parisiens hystériques. Je déchargeais souvent ma colère sur mon mari français en disant “je déteste les Parisiens”. J’avais la phobie des Parisiens.
20ImpolitesseLes Français sont impolis ; on n’écoute pas l’autre parler et coupe la parole. Au Japon, ce n’est pas possible, on ne change pas de sujet pendant que qqn parle. Si c’était au Japon, on dit que cette personne est mal élevée.
3PeurLes parisiens ne sourient pas et ils me font peur.
7PeurMême maintenant, je sens toujours que les gens sont froids. Cela me fait peur.
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Phase de lune de miel17Sentiment de touristePendant 2 ou 3 ans, tous les jours, je vivais heureuse, comme si j’étais touriste.
1   
Prévenance13PrévenanceJe m’entends bien avec la personne qui est prévenante et qui m’intéresse.
    
Racisme/agression14Mépris2 Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) de la participante : « Mon mari sentait que les gens méprisent les hommes asiatiques. »
1   
Réalité à Paris7Beaux bâtiments et bon painLes bâtiments sont très jolis. Le pain est très bon.
2Différence entre l’image sur la télé et la réalité Au Japon, nous avons de bonnes images sur la France : la tour Eiffel, l’arc de Triomphe, les jolies Parisiennes, etc. Mais, en réalité, pas de toilette propre, toutes les rues sont sales, personne ne respecte le signal pour les piétons…
9La réalité est meilleure que l’imageComme j’avais de mauvaises images, face à la réalité, j’ai trouvé que ce n’était pas aussi mauvais que cela.
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Réalité de sa vie2HonteJ’ai honte parce que je reste enfermé car j’ai peur des gens ici alors que j’imaginais la vie plus amusante à Paris.
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Regard2Regard des autresJ’ai l’impression que tout le monde me regarde.
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Seuil de satisfaction3Seuil de satisfactionLe seuil de satisfaction est très bas ici.
1   
Travail/Service13IntelligenceAu Japon, tout le monde a un certain niveau d’intelligence assez haut mais pas ici. Souvent, à la caisse, le rendu de monnaie n’est pas bon.
18La différence de façon de travailler au Japon et à ParisAu Japon, chacun regarde le travail des autres. Si on travaille bien, on te connaît bien et on n’a pas besoin de démontrer ses compétences. Mais ici, il faut faire appel et se vanter. Moi, je n’aime pas cela. Je préfère plutôt être modeste ou me cacher. Et ma façon de travailler a marché au Japon.
4ServiceDans la vie quotidienne, surtout au niveau du service général, j’ai trouvé beaucoup de choses qui manque d’attention pour les autres, qui diminuent le rendement et qui sont inefficaces. Cela m’a beaucoup agacé.
18Travail démonstratifÀ Paris, il faut montrer tout d’abord ses compétences. C’est ce que j’aurais dû faire…
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Méta thèmeParticipantThèmeCommentaire
Ambiance négative14Sécurité sanitaireLa ville est très sale.
1   
Chinois10ChinoisApparemment, les Français n’aiment pas les Chinois. Souvent, au premier abord, ils ont l’air méfiant et me demandent si je suis japonaise. Dès qu’ils savent que je suis japonaise, ils deviennent très gentils.
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Comportement japonais / Culture japonaise17Difficulté d’expression / amabilitéLa frustration s’accroît parce que je ne peux pas m’exprimer. Je suis tout le temps souriante, c’est tout.
17Difficulté d’expression / PrévenanceCela prend beaucoup de temps quand je réfléchis à la façon de m’exprimer plus douce pour ne pas blesser les gens. Et finalement je laisse échapper le bon moment pour m’exprimer.
17DiscrétionChez les Japonais, cacher son sentiment est une vertu.
17Envie de s’exprimer librementSi je peux m’exprimer librement, ma vie ici sera plus facile.
16Préférence pour le JaponMême si je suis à l’aise à Paris, je voudrais retourner au Japon car je le préfère à Paris.
15Regard des autresAujourd’hui, il fait un peu froid, je mets donc un manteau noir pour sortir sans réfléchir. Mais, si c’était au Japon, je penserais qu’il vaudrait mieux que je mette un manteau plus coloré qui convient au mois de mars à cause du regard des autres.
17Sensibilité chez les JaponaisJe suis peut-être trop sensible, je pense trop ce que l’autre pense, c’est une mauvaise habitude japonaise ; il ne faut pas blesser les gens. Je garde ce réflexe.
19Sensibilité chez les JaponaisLes Japonais sont tellement sensibles et attentionnés. C’est pour cela qu’ils sont très fatigués. Au Japon, actuellement, on dit qu’il faut entraîner la capacité de l’insensibilité « Donkan (insensibilité) ryoku (capacité) ».
19Sensibilité chez les JaponaisJe ne peux pas retourner au Japon ; il y a beaucoup de gens très sensibles.
4Sentiment de déranger les autresMoi, même si je me rends compte que j’ai oublié quelque chose à la caisse, je ne peux pas retourner dans le rayon pour le chercher car ma conscience ne me permet pas de faire attendre les autres.
7Sourire/attention d’harmonieJ’ai des collègues français au travail. Comme ils connaissent beaucoup de Japonais, ils m’ont donné gentiment comme un conseil : « Je ne comprends pas ce que tu penses », « Tu acquiesces trop de la tête » et « Tu souris trop ». Un jour, j’ai acquiescé d’un signe de tête pour harmoniser l’ambiance, bien que je n’ai pas compris ce qu’ils disaient. L’un d’eux m’a demandé : « As-tu bien compris ce dont on a parlé ? » Mais, c’est mon habitude. Je ne peux pas la changer tout de suite. Si je pense à cela, je ne peux plus être naturel. Tant pis, c’est comme cela.
16VacancesJ’ai appris le sens du mot « vacances » ici. Au Japon, il n’y a pas de vraies vacances comme ici.
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Contact2Sans contactJe n’ai pas de contact avec les Français.
9Sans contactJe n’ai pas de contact avec les Français.
15Sans contactJe n’ai pas du tout de contact avec les Français.
3   
Contact superficiel7La durée de séjour à ParisC’est très bon de ne rester ici que 2 ans. Si je restais ici 5 ans ou 10 ans, je me plaindrais de la situation japonaise en disant « À Paris, c’était mieux ».
9La durée de séjour à ParisLa durée de la mission de travail de mon mari est seulement 2 ans. C’est très bien comme cela. Je n’ai pas besoin de créer des relations avec les Français et la société.
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Contrainte12RetraitIl faut rester enfermé ou se cacher pour ne pas être remarquée. Je ne sors plus à partir de 17 h pour me protéger.
14Retrait4 Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) d’une japonaise : « Les week-ends, il ne sort pas. Même quand on voyage, il me demande de faire les courses en disant que “les gens sont plus gentils avec les femmes”. »
2   
Danger12InsécuritéIl ne faut pas marcher toute seule ici. Ma mère me dit aussi souvent qu’il faut être avec quelqu’un quand je sors.
1   
Diversité ethnique14Variétés ethniquesIci c’est très intéressant car il y a beaucoup de sortes de personnes.
1   
Éducation10EnfantLes Français sont très gentils envers les parents des enfants, alors que les Japonais sont très sévères et froids avec les parents.
14EnfantIci, les gens sont plus tolérants envers les parents des enfants qu’au Japon.
15EnfantLes Français sont très gentils envers les parents des enfants, alors que les Japonais sont très sévères et froids avec les parents.
20EnfantPour élever les enfants, ici, c’est plus facile. Je n’ai pas besoin de faire attention au regard des autres. Si j’étais au Japon, j’essayerais de mieux élever mes enfants pour être félicitée en tant que mère par les autres. C’est inscrit dans mon inconscient. Cela me ferait peur si j’étais au Japon.
4   
Familiarité11FamiliaritéParis est un endroit familier.
1   
Famille au Japon11Famille au JaponJe ne resterai pas longtemps ici car ma famille me manque.
1   
Groupe contenant19Amies japonaisesQuand je me suis fait des amies japonaises, ma vie est devenue plus légère car j’ai pu me plaindre à elles.
2Place dans un groupe JaponaisJ’ai aussi trouvé ma place car j’ai trouvé un petit job dans un restaurant japonais où il y a beaucoup de Japonais.
2   
Identité12Identité du métissage Quand je vois des jeunes Maghrébins dévoyés, je pense qu’ils sont perdus car ils n’ont pas leur propre identité. Je veux que mon fils ait la fierté de son identité franco-japonaise.
1   
Inégalité18HumiliationÀ travers l’école primaire de ma fille, je vois que la société française (les enseignants, parents, animateurs) accepte que les faibles ou les étrangers subissent des humiliations.
1   
Langue17Difficulté langagièreJe m’habitue enfin (6 ans après) à la vie d’ici et ai compris ma difficulté langagière. Je ne progresse pas en français si je ne travaille pas sérieusement.
8Inconvénient de la compréhension de la langueMaintenant que je comprends un peu le français, il y a plus de choses qui me gênent (par exemple lors de démarches administratives). C’était mieux quand je ne comprenais pas.
16Langue J’aime bien ici depuis que je comprends mieux le français.
9Mieux ne pas comprendre le françaisSi j’avais compris le français, j’aurais eu beaucoup d’occasions d’être blessée. C’est très bien comme cela.
14Mieux ne pas comprendre le françaisC’est mieux que je ne comprenne pas le français. Sinon, je comprendrais ce qu’on dit de méprisant sur moi.
7Mieux vaut ne pas comprendre le françaisMême si j’envie la façon de travailler du fonctionnaire français, je garde quand même un pied au Japon. Malheureusement et heureusement, je ne peux pas parler le français, je ne peux donc pas complètement me familiariser avec la vie parisienne.
3Nécessité du françaisIl vaut mieux parler en français qu’en anglais.
7   
Liberté/Indifférence de la société14Indifférence de la sociétéIls sont égoïstes et ils s’en fichent du regard des autres. Ce qui n’est pas possible au Japon.
4InsoucianceIls font attention à leur temps. Les Japonais se sentent obligés de faire quelque chose pour les autres.
7InsoucianceJ’ai appris au Japon qu’il ne faut pas voler le temps de l’autre et qu’il ne faut pas se laisser voler son temps. Ici, on s’en fiche. Par exemple, lorsque quelqu’un fait une fête, on ne fait pas attention aux voisins et à l’heure de fin de la fête. Personne ne se plaint. Je comprends qu’ils profitent de la vie.
15InsoucianceComme les Français sont indifférents aux gens, je me sens à l’aise. Au Japon, il faut faire attention au regard des autres.
20InsoucianceIci, on n’a pas besoin de sauver les apparences et de se préoccuper de sa réputation. Je suis à l’aise ici et préfère ici au Japon.
13La responsabilité individuelle et la libertéL’image de Paris pour moi est la responsabilité individuelle et la liberté. Les Français sont indifférents aux autres, mais au Japon le regard des autres est étouffant.
4LibertéIci, c’est le pays de la liberté. Au Japon, on n’est pas libre.
5LibertéOn est libre dans ce pays. On fait vraiment ce qu’on veut.
11LibertéJe suis à l’aise ici. Beaucoup de gens s’en fichent du statut social ou de ce qu’on fait dans la vie.
14LibertéJe préfère ici parce que je me sens plus libre qu’au Japon.
17LibertéJe me sentais gênée au Japon, mais ici je me sens libre.
6Regards des autresOn s’en fiche du regard des autres. Autrement dit, on respecte la liberté de l’autre.
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Mur insurmontable18Incompréhension du comportement parisienSi j’avais eu la même condition au travail et j’avais été célibataire, je retournerai au Japon parce qu’il y a un mur insurmontable entre les deux pays. Personnellement, j’ai expérimenté beaucoup de choses incompréhensibles ici.
1   
Norme13ConformismeAu Japon, la vie est plus facile pour moi car je n’ai pas besoin de réfléchir, je fais comme les autres.
20ConformismeJ’étais une Japonaise typique qui suit les rails et qui vivais comme les autres. Je ne pourrais pas connaître une vraie joie de vivre, si je restais au Japon.
7Paris : norme international Le psychologue (pour le personnel du corps diplomatique) m’a dit que les psychologues pour les ambassades japonaises dans le monde entier se sont réunis et ont discuté de la ville qu’ils pourraient choisir en tant que norme internationale pour les Japonais. Ils ont choisi Paris. Même si j’ai de mauvaises expériences ici, je me suis dit qu’il ne faut pas comparer avec le Japon car ici c’est la norme internationale. Cela m’a aidé beaucoup.
3   
Parisien 17AgressivitéLes Français sont très agressifs.
17AntipathieLes Français ne sympathisent pas avec les gens… C’est parce qu’ils sont individualistes ?
12Communication sens uniqueMes voisines n’ont pas envie de m’écouter. Elles se déchargent comme une mitrailleuse sur moi tout ce qu’elles voudraient dire.
17Communication sens uniqueAu Japon, la communication est un mouvement entre renvoyer et recevoir. Ici, elle est à sens unique.
3Expression francheLes Parisiens montrent directement leurs émotions.
4Expression francheTout le monde est honnête. Ils ne se forcent pas. Quand ils ne veulent pas, ils disent non.
7Expression francheLes Français sont très francs. Ils ne cachent pas leurs véritables intentions. Parfois ça m’énerve ! Mais je trouve que c’est bon d’être franc.
11Femmes françaisesLes femmes françaises que j’ai rencontrées sont trop gentilles avec moi. Elles font attention à moi. Je préfère les femmes fortes. Il y a beaucoup de femmes déplaisantes mais pas beaucoup de femmes ayant un fort caractère. Cela me manque.
10Français gentils Peut-être parce que j’habite à Versailles, je n’ai jamais subies de discrimination, les gens sont très gentils avec moi.
3GalanterieLes hommes sont gentils envers les femmes
6GalanterieLes hommes sont gentils avec les femmes
3Image négative envers la ParisienneJe ne voudrais pas me comporter comme une Parisienne.
19MéprisLes parents des amies de ma fille m’ignorent. Quand ils emmènent leur enfant chez moi pour l’anniversaire de ma fille, ils me saluent. Mais à l’école, ils m’ignorent. Je ne peux pas m’habituer à cela. Comme je suis Japonaise, je ne peux pas être indifférente à cela. Et cela me blesse toujours.
7PeurMême maintenant, je sens toujours que les gens sont froids. Cela me fait peur.
14   
Phase de l’adaptation7Absence de stressPetit à petit, je m’y (mauvais service et mauvaise administration) habitue. Au travail, je dis à mon chef : « comme je ne sais pas à quelle heure l’ouvrier arrive, comme d’habitude en France, je prends un congé pour toute la journée » et j’en profite pour lire des livres. À Paris, j’attends tout le temps, et ça me stresse. Maintenant, je me demande pourquoi j’étais tout le temps stressé ? À ce moment-là, attendre quelque chose ne me stresse plus et je trouve que Paris est facile à vivre.
7Adaptation à l’expression francheJuste récemment, je commence à pouvoir dire ce que je veux.
7Adaptation à la norme internationaleJe n’ai pas d’expériences vraiment difficiles ici ; comme obtenir une carte de séjour à la sous-préfecture en attendant toute la journée dehors. Mais je m’habitue à la vie parisienne, la norme internationale pour les Japonais.
19AffectionMaintenant j’aime Paris (alors qu’avant j’avais la phobie les Parisiens).
14Envie de resterMoi, je voudrais rester un peu plus.
2HabituationEnfin, je m’habitue à la vie à Paris : pas de toilette, tout est sale, etc.
10Pays agréableParis est une ville très agréable à vivre même si la vie est chère.
7   
Politique4Différence d’éducation et de revenuIci, les Français ne sont pas égaux au niveau de l’éducation et du revenu. L’écart est beaucoup plus grand qu’au Japon.
17PolitiqueJe m’inquiète pour qui sera élu président français. Peut-être je devrai partir de France selon le (la) nouvel(le) président(e).
2   
Racisme/agression14Agression, discriminationJ’ai fait l’expérience d’être agressée et de subir de la discrimination raciale. (par un clochard, un serveur, etc.)
12Femme asiatiqueUne jeune femme asiatique est une bonne cible pour décharger sa colère.
18Racisme et sexisme au travailAu travail, il y a beaucoup de racisme et de sexisme. Les hommes subissent du racisme, ils persécutent donc d’avantage les femmes.
10Racisme/agressionJ’entends souvent que mes amies habitant à Paris subissent des discriminations raciales.
11Résistance à l’agressivitéUn mendiant m’a donné un coup de pied parce que je ne lui ai pas donné d’argent. Mais je lui ai rendu un coup en disant «Travaillez ! »
16Stratégie contre racismeQuand je dois faire face à un comportement raciste, j’essaie de l’ignorer et je me dis « non non, ce n’est pas du racisme ». J’accepte seulement le bon côté, ici.
12Triste face à la discrimination racialeChaque fois que je subis de la discrimination raciale (ex au McDonald et dans la rue), je suis vraiment triste et ai envie de retourner au Japon.
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Réalité à Paris14Gentils et méchantsIl y a des gentils mais aussi beaucoup de méchants.
7Réalité avec des difficultés mais avec satisfaction Maintenant, l’image de (la vie de) Paris, c’est comme « l’entraînement musculation » ou « les chaussures de montagnes » : costaud. Même si on est couvert de boue, pas de problème. Comme le travail d’agriculteur, c’est difficile de travailler, on transpire beaucoup. Paris pour moi, c’est cela. Je ne peux pas vivre ici tranquillement. C’est la galère. Mais, grâce à cela, je peux expérimenter la satisfaction et je peux m’amuser. Mais, je ne peux pas dire que je m’amuse sans difficulté.
17Réalité quotidienneIl n’y a pas d’éclat ou de magnificence ici contrairement à l’image de Paris. Paris est juste un endroit à vivre quotidiennement.
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Résignation14Langue/résignation J’avais peur de ce clochard (qui m’a agressée plusieurs fois). Mais je ne pouvais pas m’exprimer en français. Il faut donc accepter cette situation, car il n’y avait finalement rien de grave (elle a pu s’enfuir).
12RésignationJe ne peux plus retourner au Japon car j’ai mon mari et mon fils à Paris, c’est ma vie…
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Retour au Japon14Envie de partir5 Difficultés de vivre à Paris pour le mari (japonais) de la participant : Son mari attend depuis longtemps de retourner au Japon (alors que sa femme veut rester à Paris un peu plus).
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Sentiment négatif12Colère vis-à-vis des ParisiensJe trouve que les ancêtres français étaient extraordinaires car ils ont construits des beaux bâtiments, des ponts, une belle ville comme Paris, etc. C’est un pays merveilleux. Mais, les Français actuels sont en train de tout casser. Beaucoup de déchets, des crottes de chien… Pas de respect pour l’environnement. Je voudrais leur dire qu’il faut faire des efforts.
8FatigueAu Japon, il n’y a pas de danger. C’est la paix. Je n’ai pas besoin de faire attention partout. Mais ici, je suis tout le temps tendue. Je me demande tout le temps, s’il y a quelque chose, comment je peux réagir… C’est un endroit très fatigant.
12FuiteComme j’ai beaucoup de mauvaises expériences ici, je m’enfuie en fantasmant sur ma vie au Japon
8MendiantsIl y a beaucoup de mendiants dans la ville juste à côté de chez moi, dans le métro, dans la rue, partout. Cette présence des mendiants m’a donné un choc et à mon fils aussi. Ils me dépriment vraiment. Au Japon, il y a des clochards mais dans un endroit spécial et ils ne mendient pas.
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Seuil de satisfaction8Rencontre avec des personnes gentillesLes Français sont très fiers d’eux et ne sont pas gentils. Parfois, quand je rencontre quelqu’un de gentil, je suis très très contente.
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Temps d’habituation19Temps d’habituationPour m’habituer à la vie ici, ça a pris à peu près 10 ans.
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Travail/Service4Façon de travailler au JaponLorsque je retournerai au Japon, je ne serai plus qu’un des rouages de la société. Je reviendrai à Paris quand j’aurai assez d’argent et de temps. Jusqu’à ce moment-là, je travaillerai énormément.
20Efficacité Compétence RendementAu Japon, la meilleure efficacité, la compétence, et le rendement sont de bonnes choses. Mais ici, pas vraiment. Ce ne sont pas forcément de bonnes choses en France. Je me suis étonnée qu’il y ait des gens qui ne s’y intéressent pas.
5ÉgalitéLe client et l’employé sont égaux. C’est chouette ici.
6Façon de travaillerLa façon de travailler des Français, c’est n’importe quoi. Pas très sérieux.
4Façon de travailler à ParisÀ la caisse au supermarché, on attend longtemps. Je me suis souvent demandé combien de temps je devais attendre… Mais maintenant j’ai compris que les Japonais sont impatients.
4InefficacitéIci, c’est le pays contraire à l’efficacité. Ici, le rendement est bas. Et c’est la vie. J’ai appris cela et j’ai envie de vivre comme cela.
7InefficacitéLe service et l’administration ici prennent beaucoup de temps et cela se passe mal. Au Japon, le travail est rapide et impeccable. Chaque fois, ça se passe mal ici, je m’énerve.
18Jalousie au travailJe comprends un peu que les autres Français me tourmentent car ma condition de travail est assez bonne et ils sont jaloux de moi.
6La différence de façon de travailler au Japon et à ParisLes gens peuvent attendre longtemps. Au Japon, on stresse beaucoup le personnel s’il ne travaille pas efficacement.
7La différence de façon de travailler au Japon et à ParisJ’envie la façon de travailler du fonctionnaire français. Ils affirment leur droit : par exemple, prendre leurs vacances. Le travail du fonctionnaire est le service public. Mais au Japon, dans la vie privée, les fonctionnaires sont opprimés en tant que fonctionnaire par les gens. Ici, les fonctionnaires peuvent vivre comme tout le monde.
9La différence de façon de travailler au Japon et à ParisLes gens bâclent leur travail et ne travaillent pas comme les Japonais de façon très stricte. On peut dire autrement qu’ils sont tolérants aussi envers clients car ils ne sont pas exigeants.
16La différence de façon de travailler au Japon et à ParisAu Japon, la qualité de service est super. Ici, je m’étonne que « les gens acceptent un service aussi mauvais ». Au Japon, le client est un Dieu.
17La différence de façon de travailler au Japon et à ParisAu japon, les gens travaillent sérieusement, ils sont très stricts, très ponctuels, très efficaces. Quant aux Français, ils ne sont pas du tout comme cela. Mais c’est mieux comme cela. Les Japonais travaillent durs jusqu’à en mourir pour certains.
18Meilleure condition de travail à ParisMa condition de travail est meilleure qu’au Japon pour une mère célibataire.
18RecoursDans ce pays, il faut recourir à des moyens légaux (contre le harassement au travail). De nombreux recours verbaux à mon patron et à mes collègues ont été ignorés.
14Service mauvais/ Site touristiqueMême si les services sont mauvais, beaucoup de gens viennent ici car il y a beaucoup d’endroits à visiter.
16Travail au JaponLes Japonais doivent apprendre la liberté et à travailler de manière pas trop rigide ou pas trop sérieuse.
7Travail/ServiceLes vendeurs et les acheteurs vont à leur rythme. Aucun n’entre dans le territoire de l’autre. C’est pour cela que je me sens bien ici.
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Valeurs17Destruction de valeur ancienneMes anciennes valeurs ont été toutes détruites, car il n’y a pas de norme ici.
4Difficulté de prendre son temps au JaponPour trouver du temps pour soi, pour prendre le temps pour manger, avoir son temps comme les Français, il faut vraiment être efficace au Japon car on utilise beaucoup de temps pour les autres.
4Nouvelle valeurJ’ai appris ici que je peux déranger les autres.
1Qualité de vieLes gens boivent déjà à 15 h à la terrasse des cafés et s’amusent en discutant avec leurs amis. Je trouve que la vie à Paris n’est pas mal.
7Qualité de vieIci, je me questionne par quoi je suis accablé. Même les jours de congés, je suis accablé, bien que, ayant fixé un objectif à accomplir avant de boire le soir, par exemple, avoir lu 4 livres, et l’ayant atteint, je me permets de boire. Je pense d’abord que je dois avoir accompli quelque chose pour avoir le droit de m’amuser. Je me suis rendu compte que j’étais toujours stressé par quelque chose. Si je ne me mets pas un objectif et ne l’atteint, je ne peux pas m’amuser. Ici, il y a des gens qui se réchauffent au soleil sans rien faire ou boivent même avant le soir. J’ai appris cela ici.
4Qualité de vieIl y a beaucoup de gens qui se réchauffent au soleil dans les parcs. Au Japon, seulement les vieux font cela. Sinon, les autres n’ont pas le temps de rester au soleil. Je trouve cela très joli. Les Français prennent leur temps.
4Reconstruction de valeurMes valeurs ont été toutes détruites et reconstruites à Paris.
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1 (Wa wo motte tattoshito nasu).

2 Le Japonais dit « Dieu (Kami) » au lieu de roi.

3 http://data.worldbank.org/data-catalog/GDP-ranking-table (La France est classée sixième en 2017).

4 https://www.eiuperspectives.economist.com/infrastructure-cities/safe-cities-index-2015 (Tokyo première ville et Osaka troisième ville, Paris 26e en 2017)

5 « Cool Japan » NHK depuis 2006, « Créateurs Japonais () » TV Tokyo depuis 2008, « Le siècle à venir, Jipango () » TV Tokyo depuis 2011, « Pourquoi êtes-venus au Japon ? (» TV Tokyo depuis 2012, « Japon : étonnement du monde ! () » sur la TV Asahi, depuis 2014, « C’est au tour du Japon ( » TBS depuis 2014.

6 https://dicocitations.lemonde.fr/citations/citation-91238.php, consulté en 2017.

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