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Néphrologie & Thérapeutique

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Aristolochic acid nephropathy (“Chinese herb nephropathy”) Volume 11, issue 7, Décembre 2015

Figures


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  • Fig. 2

  • Fig. 3

  • Fig. 4

  • Fig. 5

  • Fig. 6
Authors

La néphropathie aux acides aristolochiques (NAA) est une néphropathie toxique caractérisée par une fibrose rénale interstitielle progressive et fréquemment associée à un cancer des voies urinaires. Elle a été rapportée initialement en Belgique suite à l’ingestion de préparations à visée amaigrissante contenant une plante chinoise, l’Aristolochia fangchi. Depuis lors, de nombreux cas sont rapportés dans le monde, en particulier en Asie. Des modèles expérimentaux de néphropathie aux acides aristolochiques (AA) ont été mis au point. Ils confirment la relation de cause à effet entre l’administration d’AA et le développement d’une toxicité rénale aiguë et chronique, compliquée de cancers des voies urinaires. L’établissement de ces modèles expérimentaux représente une réelle opportunité pour l’étude des mécanismes de la fibrose rénale interstitielle et la cancérogenèse. En termes de santé publique, l’histoire de cette néphropathie montre qu’il est nécessaire de soumettre les « médecines naturelles » aux même contrôles d’efficacité, de toxicité et de conformité que les médicaments de la chaîne pharmaceutique. Devant toute observation inhabituelle d’insuffisance rénale et/ou de cancer des voies urinaires, il est indispensable d’évoquer l’exposition aux AA. La confirmation par analyse phytochimique de l’ingestion de produits contenant des AA n’est pas toujours réalisable. Néanmoins, la ponction biopsie rénale demeure un élément clé du diagnostic par la démonstration d’une fibrose interstitielle hypocellulaire d’intensité décroissante selon un gradient corticomédullaire, surtout au stade avancé de la néphropathie. En outre, la détection d’adduits d’ADN spécifiques aux AA dans un échantillon tissulaire rénal ou urétéral permet de confirmer une exposition antérieure aux AA. La persistance de ces adduits d’ADN dans les tissus cibles se chiffre en années. Enfin, un dépistage urologique s’impose au vu du potentiel carcinogène des AA.

Aristolochic acid nephropathy is a renal disease of toxic origin characterized by a progressive interstitial fibrosis and frequently associated with urinary tract cancer. It was initially reported in Belgium after the intake of slimming pills containing root extracts of a Chinese herb, Aristolochia fangchi. In the following decades, numerous cases have been reported worldwide, particularly in Asian countries. Several experimental models of aristolochic acid nephropathy (AAN) have been designed. They confirm the causal link between AA exposure and the onset of acute and chronic renal toxicity, as well as urinary tract cancer. These experimental models offer the opportunity to study the mechanisms of renal interstitial fibrosis and carcinogenesis. In terms of public health, the history of this nephropathy demonstrates that it is mandatory to submit all “natural medicinal products” to the same controls of efficacy, toxicity and conformity applied to the classical drugs derived from the pharmaceutical producers. Any unusual observation of renal failure and/or cancer of the urinary tract should lead to a questioning about any prior exposure to AA. The confirmation of the ingestion of AA containing compounds by phytochemical analysis is not always feasible. However, the renal biopsy remains a crucial diagnostic point through the demonstration of a hypocellular interstitial fibrosis with a decreasing corticomedullary gradient, mostly in advanced cases of kidney disease. Moreover, the detection of AA-related DNA adducts within a renal or urothelial tissue sample could confirm the prior AA exposure. The persistence of these specific DNA adducts in renal tissue is very long (up to 20 years). Finally, considering the highly carcinogenic properties of AA, a systematic endo-urological screening is absolutely necessary.