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Néphrologie & Thérapeutique

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Etiologies and prognostic factors of acute interstitial nephritis Volume 17, issue 2, Avril 2021

Figures


  • Fig. 1

Tables


  • Tableau 1

  • Tableau 2

  • Tableau 3
Authors

Introduction

Les néphropathies interstitielles aiguës englobent un groupe de maladies rénales hétérogènes sur les plans clinique et étiologique. L’objectif de cette étude était d’analyser les particularités étiologiques des néphropathies interstitielles aiguës prouvées histologiquement et d’identifier les principaux facteurs prédictifs du pronostic rénal.

Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, descriptive et analytique, qui a inclus les patients ayant une néphropathie interstitielle aiguë isolée prouvée histologiquement, suivis dans notre service de 1980 à 2018. Un mauvais pronostic rénal a été défini par l’absence de récupération de la fonction rénale de base ou par la survenue d’un débit de filtration glomérulaire inférieur à 60 mL/min/1,73 m2 parmi les patients n’ayant pas d’insuffisance rénale chronique connue.

Résultats

Nous avons colligé 65 cas de néphropathie interstitielle aiguë. L’âge moyen de nos patients était de 41,3±16 ans, avec une prédominance féminine (78 %). L’étiologie immuno-allergique était la plus fréquente (29 %), dominée par les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les antibiotiques. Le pronostic rénal était défavorable dans 21 cas (32 %). Les facteurs indépendants prédictifs du pronostic rénal étaient, en analyse multivariée : un pourcentage de glomérules sclérosés supérieur à 15 % (p=0,004), l’absence d’un œdème interstitiel (p˂0,001), le non-recours à la corticothérapie (p=0,02) et un délai d’instauration de la corticothérapie supérieur à 21 jours (p=0,02).

Conclusion

Les causes immuno-allergiques représentent actuellement l’étiologie la plus fréquente des néphropathies interstitielles aiguës. Le pronostic rénal est souvent favorable, mais l’évolution peut se faire vers l’insuffisance rénale chronique en cas de retard diagnostique et thérapeutique. Dans notre étude, le recours à la corticothérapie était associé à un meilleur pronostic rénal.

Introduction

Acute interstitial nephritis represents a clinically and etiologically heterogeneous group of kidney diseases. The aim of our study was to explore the main causes of biopsy-proven acute interstitial nephritis and to identify predictive factors of renal outcome.

Methods

We conducted a retrospective monocentric study which included patients with biopsy proven AIN, followed in our department during the period between 1980 and 2018. The non-recovery of kidney function or an estimated glomerular filtration rate˂60 mL/min/1.73 m2 were considered as a worse renal outcome.

Results

A total of 65 acute interstitial nephritis patients were enrolled. The mean age of patients was 41.3±16 years with a female predominance (78%). Drug-induced etiology was the most common (29%). The most frequent culprit drugs in our study were NSAID followed by antibiotics. The renal prognosis was unfavorable in 21 cases (32%). The independent predictive factors for renal outcome were : a percentage of sclerotic glomeruli greater than 15% (P=0.004), absence of interstitial edema (P˂0.001), non-use to corticosteroid therapy (P=0.02) and a delay in initiating corticosteroid therapy greater than 21 days (P=0.02).

Conclusion

Drugs currently represent the most common cause of acute interstitial nephritis. The renal prognosis is often favorable, but the progression can be towards chronic renal failure in the event of diagnostic and therapeutic delay. Our data suggest a beneficial influence of steroids on the outcome of acute interstitial nephritis.