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Néphrologie & Thérapeutique

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What is a “marginal recipient” for a renal transplantation in 2007? Volume 3, supplement 4, Décembre 2007

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Le concept de receveur limite est apparu assez récemment dans la pratique de la transplantation rénale. L’augmentation de la prévalence de l’insuffisance rénale chronique terminale associée au vieillissement de la population et aux progrès médicaux réalisés dans la prise en charge du risque cardiovasculaire ont modifié le profil des patients désormais évalués en vue de la réalisation d’une transplantation rénale. Ainsi, l’âge avancé, le diabète de type II, l’obésité voire la notion d’antécédents cardiovasculaires ne constituent plus une contre-indication systématique à l’inscription. La présence de ces critères est corrélée à une plus grande morbi-mortalité post-greffe. Elle participe donc légitimement aux réticences que le néphrologue ressent toujours à inscrire ces patients sur liste d’attente. En l’absence de définitions consensuelles, on peut d’ailleurs définir intuitivement le receveur limite comme celui que l’on hésite à inscrire sur liste d’attente de greffe. Cependant, les données récentes de la littérature objectivent un bénéfice constant, en terme de survie, de la transplantation comparée à la dialyse, y compris dans ces sous-catégories de patients. L’inscription de receveurs limites, après la réalisation d’un bilan prégreffe exhaustif et méticuleux, est donc à encourager. Cette évolution devra néanmoins s’accompagner d’études portant sur la qualité de vie de ces patients en post-greffe. Enfin, elle ne pourra se faire sans une réflexion concernant son impact sur la gestion des listes d’attente ainsi que sur les règles d’attribution des greffons notamment dans le contexte actuel de pénurie des greffons.

The concept of the marginal recipient has emerged only recently in the practice of renal transplantation. The increased prevalence of end-stage kidney disease associated with the ageing of the population and with the medical progress realised in the field of cardio- vascular diseases has modified the profile of the patients evaluated for kidney transplantation. Advanced age, diabetes mellitus, obesity or cardio-vascular disease do not form a systematic obstacle to inscription anymore. However, the presence of those criteria is certainly correlated with a higher morbi-mortality after transplantation. It, therefore, contributes legitimately to the nephrologist's reluctance to put these patients on the waiting list. In the absence of consensual definitions, the marginal recipient can be defined intuitively as a patient that one would hesitate to put on the waiting list for transplantation. However, the latest findings in literature indicate constant benefits, in terms of survival, for transplantation compared to dialysis, including in this sub-group of recipients. Therefore, the inscription of marginal recipients should be encouraged after an exhaustive and a meticulous examination before registration on waiting list. The quality of life of those patients after transplantation should also be assessed. Finally, this policy can not be achieved without a reflexion on the management of waiting list and on the kidney allocation rules especially in the current context of organ shortage.