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Médecine thérapeutique

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Incidence des hyponatrémies après résection transuréthrale de la prostate. Étude prospective à propos de 134 cas Volume 24, issue 2, Mars-Avril 2018

Tables

Authors
Service de Réanimation Polyvalente. CHU Hassan II. Fès. Maroc
* Tirés à part

Introduction et objectifs :le syndrome de résorption est un syndrome rare mais grave, pouvant compliquer certaines chirurgies utilisant des liquides d’irrigation vésicale. Des moyens prophylactiques ont été proposés, mais leur efficacité n’a pas été vérifiée par des études prospectives. Le but de notre étude est d’évaluer l’impact des mesures préventives sur l’incidence du syndrome de résorption, en quantifiant les variations de la natrémie chez les patients opérés pour résection transuréthrale de la prostate (RTUP) pour déterminer l’incidence des hyponatrémies postopératoires, leurs signes cliniques et leurs facteurs favorisants. Matériel et méthodes : étude prospective observationnelle incluant tous les patients opérés pour RTUP au bloc opératoire d’urologie au CHU Hassan II, de Fès, sur une période de neuf mois. Les critères évalués étaient le profil épidémiologique de la population étudiée, le poids de la prostate, le type d’anesthésie, sa durée, le volume prostatique réséqué et la survenue de signes prémonitoires d’un syndrome de résorption, la natrémie préopératoire (H-24) et postopératoire (H6 et H24). Les données de l’examen clinique et de l’ionogramme ont été comparées en postopératoire. Résultats : 134 patients ont été inclus, avec un âge moyen de 67 ans. Une comorbidité a été notée chez 46 % des malades. Le poids moyen de la prostate était de 50 g, avec une durée d’intervention moyenne de 45 min. Une rachianesthésie a été réalisée chez 88 % des patients. Douze pour cent des malades ont présenté des troubles du rythme cardiaque peropératoire, alors que 8 % ont présenté des bradycardies sévères. Deux patients ont développé des troubles neurologiques peropératoires ayant imposé l’arrêt de l’intervention. Des hyponatrémies < 135 mmol/L ont été objectivées chez 12,7 % des malades. Les principaux facteurs de risque de ces hyponatrémies sont l’apparition de troubles visuels, d’une bradycardie peropératoire inférieure à 45 battements/min, d’une agitation, une taille de prostate réséquée > 45 g et une natrémie préopératoire < 138 mmol/L. Conclusion : le respect des mesures prophylactiques semble prévenir de manière efficace la survenue du « TURP syndrome ». Néanmoins, des hyponatrémies mineures sont survenues chez 15 % des malades, dont 8 % étaient symptomatiques, mais d’évolution favorable en quelques heures chez tous les patients.

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