John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Indications actuelles de la nutrition entérale par gastrostomie percutanée endoscopique chez l’adulte Volume 11, issue 6, Novembre-Décembre 2004

Authors
Service d’Hépato-gastroentérologie et Assistance nutritive, hôpital La Milétrie, 86021 Poitiers Cedex

Après une période où les indications de la nutrition entérale par gastrostomie percutanée endoscopique (GPE) ont été très larges, les recommandations les plus récentes proposent de réserver ce traitement aux seuls malades pouvant en espérer un bénéfice nutritionnel et un gain de qualité de vie. Les principales indications consensuelles de la GPE sont les troubles de la déglutition d’origine neurologique, la dysphagie par obstacle mécanique ORL ou œsophagien, le coma prolongé et la mucoviscidose lorsque la durée prévisible de nutrition entérale excède 4 semaines. Les indications les plus controversées concernent les sujets déments, les malades atteints du syndrome de cachexie cancéreuse et les sujets âgés institutionnalisés. Dans ces indications, le rapport bénéfices-risques de la GPE est le plus souvent défavorable en raison de l’absence d’efficacité nutritionnelle et/ou de gain de qualité de vie et d’un taux de complications important en particulier par pneumopathie de déglutition. En pratique, ces situations continuent toutefois de représenter une proportion importante des malades à qui est proposée une GPE en raison d’une méconnaissance des effets de la nutrition entérale dans ces indications et de la diversité des conceptions culturelles, religieuses, éthiques de la nutrition artificielle qui peut être considérée soit comme un soin de base – que l’on ne doit pas refuser à un malade ne s’alimentant plus – soit comme un traitement médical ordinaire imposant de prendre en compte le rapport bénéfices-risques de cette technique. L’indication d’une GPE chez le sujet âgé institutionnalisé et chez le sujet dément ne doit pas être systématiquement récusée et, en l’absence de consensus médical, les souhaits du malade et/ou de sa famille, correctement informés des effets à attendre de cette technique, doivent être pris en compte. L’existence de facteurs de risque de décès précoce (affection aiguë, comorbidités sévères, état grabataire, escarres, cachexie) doit faire déconseiller ou différer la pose de la GPE.