John Libbey Eurotext

Epileptic Disorders

The Educational Journal of the

Retentissement cognitif de l'épilepsie à pointes centro-temporales Volume 3, numéro spécial 3, Numéro spécial 2, December 2001

Auteurs
Service de Pédiatrie 1, CHU Hautepierre, avenue Molière, 67098 Strasbourg Cedex.
  • Mots-clés : épilepsies à paroxysmes rolandiques, pointes rolandiques, conséquences cognitives
  • Page(s) : 59-66
  • Année de parution : 2002

Les épilepsies focales liées à l'âge et notamment l'épilepsie à paroxysmes rolandiques (EPR) ou à pointes centro-temporales (EPCT) sont considérées comme étant d'excellent pronostic avec une disparition spontanée des crises et des anomalies électroencéphalographiques (EEG) à l'adolescence. L'individualisation de ce syndrome par Beaussart et Nayrac en 1959 a été une avancée considérable en épileptologie infantile : il existait des épilepsies focales non lésionnelles, « bénignes », d'évolution spontanément favorable. Depuis, ont été conduites plusieurs études portant sur le développement cognitif et les apprentissages de ces enfants au cours de la maladie, apportant des résultats hétérogènes. Toutes les études s'accordent à dire cependant que les enfants atteints d'épilepsie à paroxysmes rolandiques gardent une efficience intellectuelle normale au cours de leur évolution et un excellent pronostic à long terme. Néanmoins, chez certains d'entre eux, peuvent apparaître un déficit oromoteur transitoire, des troubles neuropsychologiques spécifiques, ou des troubles attentionnels retentissant sur les apprentissages scolaires, au cours de la phase active de la maladie. L'analyse des corrélations neuropsychologiques et neurophysiologiques met en évidence un effet significatif de la latéralité du foyer pour de rares épreuves spécifiques. La présence prolongée d'un foyer lent intercritique et de pointe-ondes amples et très activées au sommeil sont associées de façon significative à une baisse des performances cognitives et à des troubles attentionnels. Ces anomalies sont observées essentiellement au cours des formes dites sévères ou atypiques. Les premières études longitudinales confirment le caractère transitoire de ces déficits. Ainsi l'existence d'un foyer épileptique actif, en l'absence de toute lésion, ou même de traitement, interfèrerait avec la maturation de fonctions cognitives en cours de développement.