John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Test immunochimique quantitatif de recherche de sang fécal occulte : le couteau suisse Volume 29, numéro 2, Février 2022

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5

Tableaux

Auteurs
1 Hôpitaux Civils de Colmar, Service de Médecine A, 39 avenue de la Liberté, 68024, Colmar Cedex, France
2 University of Dundee, Ninewells Hospital and Medical School, Centre for Research into Cancer Prevention and Screening, Dundee DD1 9SY, Scotland, UK
* Correspondance

La recherche de sang fécal occulte souffre injustement d’une mauvaise image liée aux performances médiocres des tests au gaïac (Hemoccult®), obsolètes. De même, les tests immunochimiques qualitatifs réalisés par les laboratoires de biologie médicale doivent être considérés comme obsolètes et abandonnés. Au contraire, les performances des tests immunochimiques quantitatifs sont telles qu’ils se sont imposés dans la quasi-totalité des programmes de dépistage destinés aux personnes à risque moyen de cancer colorectal. Ils sont d’ailleurs réservés exclusivement à cet usage en France (test OC-Sensor® au seuil de 30 μg/g). Pourtant, d’autres utilisations ont été évaluées et validées. Ils peuvent être utilisés pour le dépistage du cancer colorectal chez les personnes à risque soi-disant élevé : antécédents familiaux de néoplasie colorectale ; surveillance après polypectomie de 1 ou 2 polypes à risque faible. Plusieurs pays voisins les utilisent en médecine générale pour poser l’indication d’une coloscopie chez les patients symptomatiques et évaluer son degré d’urgence avec des seuils décisionnels différents du dépistage organisé : un taux d’hémoglobine fécale supérieur à 4-10 μg/g doit être exploré par coloscopie qui s’avère urgente si le taux est supérieur à 150 μg/g. La mesure du taux d’hémoglobine fécale a été proposée pour remplacer le dosage de calprotectine fécale pour le diagnostic de cicatrisation muqueuse et la prédiction de rechute dans les localisations coliques des maladies inflammatoires chroniques intestinales. Certaines utilisations encore en évaluation ouvrent des perspectives intéressantes telles qu’un dépistage personnalisé selon le sexe, l’âge et les taux d’hémoglobine fécale successifs. Pour exploiter au mieux les bonnes performances diagnostiques des tests immunochimiques quantitatifs, les recommandations françaises concernant les niveaux de risque de cancer colorectal, le dépistage du cancer colorectal chez les personnes ayant des antécédents familiaux et les indications de la coloscopie doivent être actualisées. De même, une remise à plat du pilotage, de l’organisation et du cahier des charges du programme français de dépistage organisé du cancer colorectal s’impose. D’ores et déjà, un abaissement du seuil de positivité de 30 à 20, voire 15 μg/g est proposé.