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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Retentissement psychologique du cancer du pancréas : quels enjeux, quelle prise en charge ? Volume 26, numéro 9, Novembre 2019

Illustrations

  • Figure 1
Auteurs
1 CHU de Lille, Hôpital Claude Huriez, Service d’oncologie médicale, Rue Michel Polonovski 59087 Lille Cedex
2 Université de Lille, Lille
3 Université Paris Descartes, Laboratoire de Psychopathologie et Processus de Santé EA 4057, Paris
4 Hôpital Beaujon, Service d’oncologie digestive, 100 boulevard du Général Leclerc, 92110 Clichy ; Université Paris VII, Denis Diderot
* Correspondance
  • Mots-clés : cancer du pancréas, aidant principal, retentissement psychologique
  • DOI : 10.1684/hpg.2019.1821
  • Page(s) : 889-95
  • Année de parution : 2019

Le cancer du pancréas (CaPa) est une affection dont la prise en charge reste palliative pour 80 % des patients, tous stades confondus, en dépit des avancées thérapeutiques récentes. Dès le diagnostic de CaPa, quel que soit le stade, la prise en charge par les équipes de soins de support associée au meilleur traitement est importante devant le retentissement symptomatique majeur de la maladie (ictère, douleurs, dénutrition) et le retentissement psychologique, dont l’importance est souvent sous-estimée par les oncologues. L’impact psychologique, sous la forme de troubles anxio-dépressifs (TAD), toucherait plus d’un patient sur trois. Il concerne également les aidants, touchés directement par la maladie de leur proche, voire les équipes soignantes prenant en charge les patients. Les TAD apparaissent souvent précocement dans l’histoire de la maladie et, dans certains cas, ils pourraient même en être le premier symptôme voire le révéler. À l’inverse, des données préliminaires suggèrent la possible implication d’affections psychologiques dans la survenue et/ou l’évolution de ce cancer. Les TAD découlent de l’histoire naturelle du CaPa avec ses complications (douleur, ictère, anorexie, cachexie). Cependant, des facteurs biologiques pourraient aussi participer au déclenchement des TAD, avec un rôle majeur de l’inflammation. Enfin, des éléments psychosociaux et médicaux peuvent avoir une influence, tels que l’empathie du médecin, perçue par le patient lors de l’annonce et celle de l’équipe soignante au cours du suivi.Dans ce contexte, un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée du retentissement psychologique du CaPa chez les patients et leurs aidants sont un enjeu majeur pour leur qualité de vie et l’optimisation de l’adhésion aux traitements anti-tumoraux. Une collaboration accrue entre cliniciens et psychologues cliniciens et chercheurs, avec le développement d’études dédiées, paraît une condition essentielle pour y parvenir.