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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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L’incontinence anale, comment la traiter ? Volume 27, numéro 3, Mars 2020

Illustrations

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  • Figure 2
  • Figure 3
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  • Figure 6
  • Figure 7

Tableaux

Auteurs
Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph, Institut Léopold Bellan, Service de proctologie médico-chirurgicale, 185 rue Raymond Losserand, 75014 Paris
* Correspondance

L’incontinence anale (IA) est un enjeu de santé publique du fait de sa prévalence élevée, entre 5  % et 17 % selon la définition-même de l’incontinence, de l’impact significatif sur la qualité de vie et du coût économique élevé de sa prise en charge. Les troubles du transit sont des facteurs de risque majeurs d’IA dont la cause est le plus souvent multifactorielle. Ainsi, la prise en charge des patients doit être globale et pluridisciplinaire. Elle repose en premier lieu sur la correction des troubles du transit et sur la rééducation ano-périnéale. En cas d’échec de ce traitement de première ligne, des examens complémentaires sont demandés afin d’orienter la prise en charge. Le traitement de deuxième ligne repose surtout sur la correction chirurgicale d’un trouble de la statique rectale, la réparation sphinctérienne en cas de lésion du sphincter anal externe et plus rarement sur les techniques d’irrigation colique. La place de la réparation sphinctérienne est le plus souvent limitée aux déchirures périnéales obstétricales de haut grade. Elle tend à être remplacée par la neuromodulation des racines sacrées qui a révolutionné depuis une dizaine d’années la prise en charge des patients souffrant d’IA sévère. Ses indications ne cessent de s’élargir. Toutefois, on estime que seul un patient sur deux éligible au traitement en bénéficie à long terme. Ce qui soulève le problème de la prise en charge des patients en échec, pour lesquels le dernier recours est la colostomie. D’autres traitements sont à l’étude. Il s’agit principalement de la radiofréquence anale, des agents de comblements ou encore des cellules souches autologues. Les premiers résultats, encourageants, doivent être confirmés avant de pouvoir recommander ces nouveaux traitements.