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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Effets secondaires à long terme des traitements appliqués aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin Volume 28, numéro 1, Janvier 2021

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
CHU Rangueil-Larrey, Service de gastroentérologie et pancréatologie, 1 avenue Jean Poulhès, TSA 50032, 31059, Toulouse Cedex 9
* Correspondance

Le génie évolutif des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin a été considérablement modifié par le développement de traitements de fond, notamment les immunosuppresseurs et les biothérapies. Leur utilisation prolongée expose cependant à de nombreux effets secondaires à long terme qui sont partiellement connus. Les dérivés aminosalicylés possèdent une toxicité rénale par néphropathie interstitielle qui est à dépister par un suivi biologique régulier (incidence d’environ 0,2 %). Les principaux risques des thiopurines sont infectieux, néoplasiques (cutanés, urinaires, gynécologiques et hématologiques) et hépatiques (maladie vasculaire porto-sinusoïdale). Le méthotrexate expose au risque de fibrose hépatique et pulmonaire. Cette molécule est également tératogène et son hématotoxicité est prévenue par l’administration de folates. Les anti-TNF exposent à long terme à des risques infectieux et oncologiques. L’usage des thiopurines, du méthotrexate et des anti-TNF impose le suivi du calendrier vaccinal, un dépistage avant l’initiation et régulier au cours du traitement. Le védolizumab et l’ustékinumab, d’utilisation plus récente semblent avoir un meilleur profil de tolérance sous réserve d’un manque d’études de suivi à long terme. Outre le risque de zona, les principaux effets indésirables décrits des anti-JAK sont des dyslipidémies et des évènements thromboemboliques. Nous manquons de recul là aussi pour conclure. Les effets secondaires à long terme des traitements appliqués aux MICI imposent un respect de leurs principales contre-indications, des précautions d’utilisation sur le plan infectieux et un dépistage ciblé et régulier des possibles lésions néoplasiques.