John Libbey Eurotext

Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement

MENU

Évaluation de la population à risque d’hyperkaliémie Volume 18, numéro 2, Juin 2020

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Pôle hospitalo-universitaire de gérontologie clinique, CHU Nantes, France
2 Hôpitaux universitaires Paris Centre, Service de gériatrie, Hôpital Broca, Université Paris-Descartes, Paris, France
* Correspondantce

Le potassium est un ion essentiel pour le fonctionnement cellulaire, il détermine le voltage et l’excitabilité des myocytes. Son homéostasie est dépendante de l’apport alimentaire et de son élimination rénale prédominante. Le système rénine angiotensine-aldostérone (SRAA) en régule l’élimination. L’hyperkaliémie aiguë et chronique est un facteur de risque de mortalité d’origine cardiaque. L’insuffisance rénale chronique et l’insuffisance cardiaque sont les principales comorbidités. Les traitements inhibiteurs du SRAA sont les principaux facteurs iatrogéniques de l’hyperkaliémie. Environ 90 % des patients qui présentent une hyperkaliémie ont plus de 50 ans et 43 % ont plus de 75 ans. Seuls 4,9 % des hyperkaliémies ont une prise en charge thérapeutique par résines. Un tiers des patients ont 3 comorbidités, et 14 % ont 5 comorbidités ou plus. Les principales comorbidités sont une hypertension artérielle (74,0 %), une dyslipidémie (56,3 %), une insuffisance rénale (55,2 %), un diabète (44,7 %), une maladie coronarienne telle que l’angor et l’infarctus du myocarde (23,3 %) et une insuffisance cardiaque (12 %). Il est à noter que les deux tiers des patients recevant des résines, recevaient également des ISRAA et présentaient une tendance à avoir plus de comorbidités. L’hyperkaliémie est sous-estimée et nécessite une surveillance stricte chez les patients présentant une insuffisance rénale ou une insuffisance cardiaque. Les résines ne sont pas adaptées à une bonne observance au long cours et de nouveaux traitements tels que le patiromer, permettraient de réduire le risque d’hyperkaliémie.