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Gestion & finances publiques

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Management public, une clarification est-elle possible ? Chances et désolations des appropriations polysémiques Volume 104, numéro 2, mars-avril 2024

Tableaux

Auteurs
Professeur des universités, Cnam, LIRSA
Professeur émérite à l’université de Paris-Nanterre

Le terme « management public » est largement et rituellement utilisé comme un élément clé pour la réforme de l’État, voire une panacée. Mais il y a sur ce vocable beaucoup de discussions, de polémiques, de confusions qui contribuent à empêcher que cette invocation rituelle aille au-delà de l’incantation
et conduisent, de surcroît, à des incompréhensions entre les multiples utilisateurs de cette expression. Plusieurs raisons peuvent être avancées à ces
incompréhensions liées en grande partie au caractère polysémique de l’expression comme, par exemple, des confusions voire des méprises autour du terme « management », des appropriations multiples du concept dues à son utilisation par des disciplines diverses des sciences sociales comme par des sous-disciplines des sciences de gestion et du management, des effets de mode plus ou moins bien assimilées, ou encore des habitudes de défense du territoire. En outre, le développement d’un antimanagérialisme – lui-même divers – instruisant un procès en illégitimité (pour dépossession des  profes-sionnels par les managers), arrogance et inefficacité amène à constater que les critiques les plus étayées de l’application du management dans le  ublic sont issues pour une majeure partie de terrains où le management public, comme art ou science, a été délaissé au profit de la simple application du management
générique. Nous défendons l’idée que le management public renvoie à la finalité externe des organisations ou de l’action publique et qu’il porte de facto
sur deux objets : les organisations publiques et les politiques publiques. Une meilleure connaissance de celui-ci, alliée à une définition rigoureuse de ses dimensions, devrait permettre le dépassement de propos souvent trop généraux et, de ce fait, mal fondés.