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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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La programmation fœtale des maladies chroniques liées à la nutrition Volume 12, numéro 1, Janvier - Février 2002

Auteur
Département de nutrition, Université de Montréal, CP 6128 succ. centre-ville, Montréal Qc H3C 3J7, Canada.

Depuis la découverte, au milieu des années 80, d'une relation entre un faible poids à la naissance et un risque accru de maladies coronariennes à l'âge adulte, de nombreuses études épidémiologiques, cliniques et expérimentales sont venues étayer l'hypothèse d'une origine fœtale des maladies chroniques. Une croissance fœtale sub-optimale, dont une cause importante dans les groupes défavorisés est la malnutrition maternelle, entraînerait une programmation métabolique du fœtus résultant en une plus grande vulnérabilité aux maladies cardio-vasculaires, à l'hypertension, au diabète et au syndrome métabolique. Cette programmation fœtale pourrait bien contribuer à une véritable épidémie des maladies chroniques liées à la nutrition dans les populations de pays en développement qui connaissent une transition nutritionnelle rapide, car la prédisposition tenant à un retard de croissance intra-utérin, conjuguée ou non à une prédisposition génétique, s'exprimera davantage à la faveur d'habitudes de vie et d'alimentation « obésogènes » et « athérogènes ». Le défi est de taille puisqu'il consiste à mettre en place des stratégies de nutrition qui s'attaquent simultanément à deux problèmes en apparence opposés, les malnutritions par carence et les maladies qu'on dit « de pléthore ». L'amélioration de la nutrition des femmes est à l'évidence au centre de ces stratégies puisqu'elle contribuera à réduire la malnutrition fœtale et à prévenir les maladies chroniques.