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Hématologie

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Infections à Clostridium difficile et hémopathies : que faut-il savoir ? Volume 21, numéro 1, Janvier-Février 2015

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Service d’hématologie clinique et de thérapie cellulaire, groupe hospitalier Albert Chenevier-Henri Mondor
2 Université Paris-Est Créteil, 94000 Créteil
* Tirés à part

L’infection à Clostridium difficile est une cause majeure de diarrhée nosocomiale, dont la particularité réside dans un taux de récurrence de l’ordre de 20 %. Ses facteurs de risque principaux étant la durée d’hospitalisation et l’utilisation d’antibiotiques, les patients d’hématologie y sont particulièrement exposés. La physiopathologie de l’infection repose sur une altération de l’intégrité de la muqueuse digestive associée à des modifications du microbiote local. De nouvelles méthodes diagnostiques sont désormais à la disposition des cliniciens, recherchant le C. difficile et/ou sa toxine, responsable de la virulence de la bactérie. L’immunodépression des patients atteints d’hémopathies, notamment lors des périodes de neutropénie, est à l’origine d’un risque accru d’infection. L’infection à C. difficile comporte plusieurs particularités chez les patients d’hématologie : la fréquence des co-infections, le caractère inadapté des critères classiques de sévérité chez les patients neutropéniques, et la difficulté à arrêter ou à modifier l’antibiothérapie durant une aplasie fébrile. Chez les patients allogreffés, les séries montrent une association significative entre infection et maladie digestive du greffon contre l’hôte (GVH). Les dernières recommandations thérapeutiques de l’European Society of Clinical Microbiology and Infectious Diseases (ESCMID) (2014) recommandent le métronidazole et la vancomycine en fonction de la sévérité de l’infection, et aussi la fidaxomicine, qui réduit la fréquence des récurrences, ainsi que la transplantation fécale qui agit directement sur le microbiote.