John Libbey Eurotext

Virologie

MENU

Résistance du cytomégalovirus humain aux antiviraux Volume 1, numéro 2, Mars - Avril 1997

Auteur
Service de bactériologie-virologie, hôpital Lariboisière, 2, rue Ambroise-Paré, 75475 Paris Cedex 10

La résistance du cytomégalovirus (CMV) aux antiviraux est de plus en plus souvent rapportée chez les patients immunodéprimés recevant des traitements prolongés ou répétés et elle est associée à une évolution défavorable de l'infection à CMV. La résistance au ganciclovir (GCV) est la plus fréquente et la mieux connue. Dans la majorité des cas, elle est due à un déficit de phosphorylation intracellulaire de la molécule et liée à la présence de mutations ponctuelles du gène UL97 qui induisent des substitutions d'acides aminés dans au moins trois sous-domaines (VI, VIII, IX) de la phosphotransférase UL97. Les mutations du gène UL54 de l'ADN polymérase, dont trois sont décrites à ce jour, induisent une résistance croisée avec le cidofovir mais ne modifient pas la sensibilité au foscarnet. Les souches résistantes au foscarnet ont été moins étudiées. Deux mutations de UL54, entraînant des substitutions d'acides aminés dans le domaine II de la polymérase, ont été identifiées. Elles sont sans effet sur la sensibilité au ganciclovir ou au cidofovir. La propagation en culture cellulaire des souches résistantes au foscarnet est ralentie et la production de néo-virions réduite. Les mutants résistants au GCV gardent la capacité de disséminer et de causer des atteintes cliniques sévères. L'étude in vitro de la sensibilité du CMV est longue et fastidieuse ; elle est compliquée parfois par l'existence d'isolats mixtes qui nécessitent un clonage préalable. L'interprétation de ces tests souffre de l'absence de standardisation des techniques rendant difficile la comparaison des résultats. Des méthodes rapides de détection de mutations dans UL97 ont été décrites. Elles aident à l'identification précoce des mutants et donc pourront utilement orienter le choix de la thérapeutique lorsque l'éventail des antiviraux actifs sur le CMV sera élargi. L'émergence de la résistance du CMV aux antiviraux chez les patients immunodéprimés est un problème majeur qui doit être pris en compte lors de l'élaboration des stratégies thérapeutiques, particulièrement en matière de traitements préventifs et d'association d'antiviraux.