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Virologie

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Récepteurs et voies d’entrée des entérovirus dans la cellule cible Volume 12, numéro 3, Mai-Juin 2008

Auteurs
Laboratoire de virologie médicale et moléculaire, CHU de Reims, Avenir Inserm EA/ IFR53, faculté de médecine, avenue Koenig, 51100 Reims, Laboratoire P4 Jean-Mérieux-Inserm, Lyon

Les entérovirus humains, qui appartiennent à la famille des Picornaviridae, sont des agents pathogènes communs qui se transmettent par voie fécale-orale ou par aérosols. Ces virus à ARN positif présentent une grande diversité (89 sérotypes humains) et variabilité génétique (notion de quasi-espèce virale). Ils évoluent par des mécanismes de mutations ponctuelles ou de recombinaisons génétiques qui sont associés à l’émergence de nouveaux sérotypes à fort potentiel épidémique. Les entérovirus utilisent 2 catégories de récepteurs : les récepteurs majeurs et les co-récepteurs qui peuvent expliquer le tropisme et les caractéristiques épidémiologiques de certains sérotypes. Les récepteurs présents à la surface cellulaire se fixent au niveau d’une dépression de la capside appelée « canyon ». Pour certains entérovirus, un co-récepteur permet l’attachement et le franchissement de barrières topologiques cellulaires. À la suite de l’attachement, les entérovirus utilisent le système de signalisation cellulaire pour déclencher leur entrée dans la cellule à travers les multiples voies d’endocytose. Les puits tapissés de clathrine et les caveolae correspondent aux voies majeures d’entrée des entérovirus dans la cellule même si de nouvelles voies régulées par des enzymes de la famille de facteurs de « ribosylation » de l’ADP et par de « petites GTPases » de la famille « Rho » ont été récemment décrites. De plus, la diversité génétique des entérovirus leur offre la possibilité d’utiliser plusieurs voies d’endocytose distinctes de manière simultanée ou de manière alternative, et cela en fonction de la lignée cellulaire rencontrée, leur permettant ainsi de s’adapter aux multiples microenvironnements et pressions de sélection rencontrés au cours des mécanismes physiopathologiques de l’infection humaine. Actuellement, les étapes précoces de l’infection correspondant à l’attachement et à l’entrée du virus dans la cellule cible représentent des cibles potentielles pour le développement de futures stratégies thérapeutiques anti-entérovirales.