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Virologie

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Quelles molécules pour traiter des infections à Adénovirus ? Volume 25, numéro 1, Janvier-Février 2021

Illustrations

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  • Figure 2
  • Figure 3
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Tableaux

Auteurs
Université de Paris, Inserm U976, Insight team, F-75010, Paris France
Unité Virologie et greffes, Département des agents infectieux, Hôpital Saint-Louis, APHP, F-75010 Paris, France
* Correspondance

Les infections à adénovirus humains (HAdV) sont généralement bénignes et se résolvent spontanément chez les individus immunocompétents. Cependant, elles peuvent avoir un impact clinique majeur chez les patients immunodéprimés. Elles sont associées à une morbidité et à une mortalité élevée chez les receveurs d’allogreffes de cellules couches hématopoïétiques (CSH), en particulier les enfants. Actuellement, aucune molécule ne possède d’autorisation de mise sur le marché pour le traitement des infections à HAdV. Néanmoins, certains analogues nucléotidiques sont utilisés en autorisation temporaire d’utilisation (ATU) nominative comme le cidofovir ou le brincidofovir. Le cidofovir inhibe la réplication des HAdV mais sa néphrotoxicité et ses faibles concentrations tissulaires limitent fortement son utilisation. Le brincidofovir, prodrogue du cidofovir, présentant une meilleure biodisponibilité et non néphrotique, a été évalué dans le traitement des infections HAdV, mais son développement a récemment été arrêté et n’est désormais plus disponible en ATU. D’autres molécules possédant une action anti-HAdV sont encore en phase très précoce de développement. L’immunothérapie adoptive par transfert de lymphocytes T spécifiques de l’adénovirus est une option intéressante mais doit être anticipée chez les patients très à risque d’infections disséminées. Compte tenu du faible panel thérapeutique disponible, il est urgent de continuer la recherche de nouvelles molécules anti-HAdV qui reste principalement conduite par des laboratoires académiques.