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Virologie

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L’hépatite B occulte Volume 12, numéro 2, Mars-Avril 2008

Auteurs
Unité d’hépatologie, hôpital Cochin, 27, rue du Faubourg-Saint-Jacques, 75014 Paris
  • Mots-clés : hépatite B, virus de l’hépatite B
  • DOI : 10.1684/vir.2008.0156
  • Page(s) : 87-94
  • Année de parution : 2008

L’hépatite B occulte est une entité décrite au début des années 1980 qui correspond à la présence d’ADN du virus de l’hépatite B (VHB) dans le sérum et/ou dans le foie de patients chez lesquels l’antigène (Ag) HBs est indétectable par les tests sérologiques usuels. Les séries très hétérogènes publiées dans la littérature donnent des chiffres extrêmement variables de prévalence. La base moléculaire de l’infection occulte par le VHB est la persistance de l’ADN superenroulé (cccADN) dans le noyau de la cellule qui sert à la transcription des gènes. Les raisons de cette infection virale B avec négativité de l’Ag HBs malgré la présence dans le foie du génome du VHB restent inconnues. Les données actuelles disponibles suggèrent que, de façon non exclusive, plusieurs mécanismes pourraient jouer d’importants rôles pour induire un statut d’hépatite B occulte : la réponse immune, les co-infections avec d’autres agents infectieux et les facteurs épigénétiques. Si la pathogénie de l’infection B occulte reste discutée, on peut cependant individualiser quatre situations particulières qui ont une signification clinique indiscutable et qui restent la meilleure confirmation de la réalité de l’infection occulte par le VHB : 1) le risque de transmission sanguine du VHB par des donneurs ayant une infection VHB occulte qui existe, de même que ; 2) le risque de réactivation virale à l’occasion d’une immunosuppression (chimiothérapie, greffes de rein, de moelle, de foie, déficits immunitaires ou nouvelles thérapies immunosuppressives comme les anti-CD20 ou les anti-TNF), principalement chez les sujets ayant des anti-HBc isolés ; 3) l’aggravation potentielle des lésions de fibrose en cas d’infection à VHC ou de maladie hépatique cryptogénétique associé (suggéré mais non prouvé) ; 4) le lien réel entre carcinome hépatocellulaire et hépatite B occulte.