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Virologie

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Le vaccin antigrippal d'aujourd'hui et de demain Volume 1, numéro 2, Mars - Avril 1997

Auteur
Institut Pasteur 18, villa Prévost 92120 Montrouge

Les premiers vaccins antigrippaux opérationnels préparés selon des normes rigoureuses sont apparus en 1943 aux États-Unis, puis en 1950 en France : ils étaient constitués de virus cultivé sur œuf, purifié et concentré, puis inactivé par le formol. Des améliorations ont été apportées depuis à la formule originale et on dispose aujourd'hui de vaccins contenant du virus complet, du virus fractionné ou des sous-unités purifiées. L'efficacité du vaccin est largement démontrée par des travaux récents. S'il réduit notablement le risque d'infection, il est plus efficace pour prévenir les formes graves et les complications menant à l'hospitalisation et pour réduire la mortalité. Chez les sujets de plus de 60 ans, le risque de décompensation d'une maladie cardiaque, respiratoire, rénale ou autre par une infection grippale justifie une vaccination annuelle adaptée au virus en circulation. La stratégie d'utilisation du vaccin comporte la protection prioritaire des sujets âgés et des autres sujets à risque. Le vaccin est alors fourni gratuitement par la Cnam. Les contre-indications sont réduites aux allergies aux protéines de l'embryon de poulet. Les réactions locales sont peu fréquentes et les réactions fébriles sont encore plus rares. Certaines des voies de recherche pour l'amélioration des performances du vaccin sont spécifiques de la grippe, d'autres relèvent des tendances générales pour la conception de vaccins modernes. Pour les premières, on peut mentionner les vaccins en culture cellulaire et les recherches sur les nouvelles voies d'administration (nasale ou orale). Parmi les méthodes générales, les plus séduisantes sont l'emploi d'adjuvants, l'utilisation de sous-unités produites par génie génétique ou par synthèse de peptides, et l'utilisation de vaccins à ADN nu. Des vaccins plus simples et moins coûteux permettraient d'étendre les indications et de modifier les stratégies pour en faire, en plus d'un outil de protection individuelle, un moyen de combattre les épidémies.