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Virologie

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La naissance de la virologie Volume 1, numéro 2, Mars - Avril 1997

Auteur
Laboratoire de virologie, Faculté de médecine, 29285 Brest Cedex

Les débuts de la virologie furent pénibles et difficiles, et le concept de virus n'a évolué que très progressivement. Près de soixante ans ont été nécessaires pour passer de la notion assez vague de Contagium vivum fluidum, formulée en 1898 par Martinus Beijerinck, à la définition moderne, fonctionnelle et structurale des virus, proposée en 1957 par André Lwoff. La principale difficulté résidait dans le fait de concevoir des « êtres de raison » submicroscopiques, en les définissant uniquement par des caractères négatifs, à un moment où la bactériologie pouvait, chaque jour, faire état de succès bien tangibles (bactéries nouvelles, vaccins, sérums). Ensuite, les progrès de la biochimie, de la cristallographie, de la microscopie électronique, initialement appliqués au virus de la mosaïque du tabac (VMT) et aux phages, puis étendus aux virus de l'homme et des animaux, grâce aux cultures cellulaires, ont conduit à la certitude que les virus étaient des agents infectieux entièrement originaux. En fait, il s'agissait de gènes ayant la capacité de se faire répliquer par la cellule qu'ils infectaient, échappant ainsi à son contrôle.