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Traitement à domicile des thromboses veineuses profondes Volume 9, numéro 5, Mai 1997

Auteur
Medizin, Gefässkrankhelten Beinleiden SGP, Bellariastrasse 40, 8038 Zürich.

La maladie veineuse thromboembolique touche de 1 à 3 % des adultes européens [1]. Non traitée, elle a une mortalité de 10 % et un risque de progression et d’embolie pulmonaire existe dans 20 à 50 % des cas [2]. En outre, le pronostic général des patients atteints est mauvais, avec une mortalité totale de 8 %, voire même de 25 %, selon les études [3, 4]. Ces données expliquent pourquoi cette maladie est aussi sévère. Les traitements par héparine puis par anticoagulants oraux ont complètement modifié ces risques. Les traitements standard réduisent le risque de progression, de récidives et d’embolie à moins de 8 % et la mortalité à moins de 1 % [5-7]. Des travaux prospectifs ont montré que le mauvais pronostic de la maladie veineuse thromboembolique est lié aux maladies qui déclenchent la thrombose veineuse profonde ou qui lui sont associées et non aux phénomènes thromboemboliques eux-mêmes [3, 4]. Divers schémas thérapeutiques ont été évalués par des études contrôlées dans le traitement de la maladie veineuse thromboembolique. Les héparines de bas poids moléculaire sont aussi efficaces que l’héparine non fractionnée administrée en perfusion continue. De plus, les héparines de bas poids moléculaire, administrées une ou deux fois par jour par voie sous-cutanée, entraînent moins d’hémorragies que l’administration sous-cutanée répétée d’héparine non fractionnée [8, 9]. Mais ces études n’envisageaient ni un effet éventuel des héparines de bas poids moléculaire sur le développement d’une insuffisance veineuse chronique, ni les possibilités d’un traitement adjuvant comme, par exemple, la contention élastique. Par ailleurs, jusqu’à maintenant, toutes les études ont été pratiquées en milieu hospitalier, à trois exceptions près [4, 10, 11]. L’efficacité et la sûreté de l’administration à domicile des héparines de bas poids moléculaire avec relais par les anticoagulants oraux ont été démontrées d’une façon convaincante par des travaux multicentriques au Canada et en Hollande [12, 13]. À notre consultation d’angiologie et de phlébologie à Zürich, nous traitons à domicile plus de 80 % des patients qui se présentent en ambulatoire [14], soit 1 500 patients environ depuis 1979. Une enquête récente a montré que 82 % des thromboses veineuses profondes peuvent être traitées à domicile [11]. Depuis de nombreuses années également, le service du Pr Partsch de Vienne n’immobilise plus les patients atteints d’une thrombose veineuse profonde aiguë, même lors d’une atteinte des veines pelviennes ou de la veine cave [15]. Cet article résume l’expérience acquise dans ces quatre centres (tableau I).