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Perfusion cérébrale en haute altitude Volume 15, numéro 1, Janvier 2003

Auteurs
Warwickshire County vascular unit, department of surgery, University Hospitals Coventry and Warwickshire NHS Trust, Clifford bridge road, Walsgrave, Coventry CV2 2DX, Royaume-Uni

En novembre 1783, Pilatre de Rozier et le marquis d'Arlandre entreprirent le premier voyage dans le ballon des frères Montgolfier. Ils sont montés à 900 m environ et le vol dura près de vingt minutes au-dessus de Paris. Cet événement historique montra qu'une rapide excursion en altitude était possible et inaugura l'ère du vol en équipage. Ce fut le début d'une période "d'exploration physiologique", et l'excitation qui s'empara de la société fut sans doute semblable à celle de l'exploration spatiale des années cinquante et soixante. L'orgueil national fut flatté par ces aventures et chaque aérostier cherchait à voler de plus en plus haut. A cette époque, les risques étaient méconnus. En mars 1874, les éminents aérostiers du moment, Joseph Croce-Spinelli et Théodore Sivel furent soumis dans le caisson de compression hypobare Sorbonne, de Paul Bert, à une pression 304 mmHg (7 000 m) pendant plus d'une demi-heure. On note alors que la basse de pression exerçait une action très importante sur la vision, l'audition et le calcul arithmétique simple (figure 1). Plus tard, Paul Bert écrivit aux aérostiers qu'il aurait calculé que la réserve d'oxygène qu'ils s'appr'taient à emporter dans leur vol en haute altitude n'était pas adaptée. Malheureusement, la lettre leur parvint trop tard. Le 15 avril 1875, Croce-Spinelli et Gaston Tissandier s'envolèrent à bord du "Zénith". Vers 7 000 m, tous trois perdirent connaissance et deux d'entre eux décédèrent. Le survivant, Gaston Tissandier, devait écrire plus tard : "J'en arrive au moment fatidique, quand nous fûmes saisis par les terribles effets de la décompression atmosphérique Aussitôt, je voulus prendre le tuyau d'oxygène, mais je ne pouvais pas lever le bras Je voulus crier "Nous sommes à 8 000 m" mais ma langue était paralysée. Soudain mes yeux se refermèrent et je tombai inanimé" [1]. Ces deux premiers accidents mortels en haute altitude suscitèrent une grande émotion nationale.