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Cholestérol, violence et suicide Volume 12, numéro 2, Février 2000

Auteurs
Laboratoire de biochimie – pharmacologie, centre hospitalier de Versailles et faculté de médecine Paris-Ouest, 177, rue de Versailles, 78157 Le Chesnay Cedex.

Les études épidémiologiques de prévention primaire réalisées en cardiologie ont révélé, de manière fortuite, une augmentation du nombre des morts par suicide, accidents ou divers autres actes de violence des sujets qui présentaient des taux sanguins de cholestérol bas. Dès lors, différents types d’étude ont été réalisés pour tenter de mettre en évidence un lien entre le taux de cholestérol sanguin et les actes violents ou suicidaires : des métaanalyses d’études contrôlées réalisées chez des patients recevant un traitement hypocholestérolémiant contre placebo ont révélé un nombre de cas de décès par mort violente significativement plus important dans le groupe traité ; des métaanalyses de cohortes de patients ont montré un risque accru de mort violente chez les personnes ayant un taux faible de cholestérol circulant ; des études observationnelles ont montré un taux de cholestérol sanguin diminué par rapport à des témoins chez les patients présentant des comportements violents, tels que agressions ou tentatives de suicide par méthode violente ; des études expérimentales chez l’animal ont également montré une augmentation significative des comportements violents chez des singes soumis à un régime pauvre en cholestérol. Par ailleurs, plusieurs études réalisées chez l’homme et l’animal suggèrent l’existence d’une relation spécifique entre un taux de cholestérol bas ou diminué sous traitement et une baisse de l’activité sérotoninergique. Or, cette baisse d’activité sérotoninergique au niveau central semble être impliquée dans les comportements violents et/ou impulsifs. Une association entre un taux de cholestérol sanguin bas et l’apparition de comportements violents, médiés par une baisse de l’activité sérotoninergique centrale, est donc biologiquement plausible, quoique très controversée. Elle repose sur un certain nombre de résultats au travers de la littérature que nous nous proposons d’évaluer dans cette revue.