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Sciences sociales et santé

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Opération du poids et poids de l’opération Volume 39, numéro 3, Septembre 2021

Tableaux

Auteurs
* Anthropologue et ethnologue, SANTESIH (EA 4614), Université de Montpellier, 700 avenue du Pic Saint-Loup, 34090 Montpellier, France
** Sociologue, SANTESIH (EA 4614), Université de Montpellier, 700 avenue du Pic Saint-Loup, 34090 Montpellier, France
*** Anthropologue et ethnologue, IDEMEC (UMR 7307), Aix Marseille Université, Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, 5 rue du Château de l’Horloge, BP 647, 13094 Aix-en-Provence cedex 2, France
**** Chirurgien, chef de l’unité de chirurgie bariatrique et métabolique, CHU Montpellier, 191 avenue du Doyen Gaston Giraud, 34295 Montpellier, France

En France, dans la lutte contre l’obésité, le recours à la chirurgie bariatrique a considérablement augmenté en l’espace d’une vingtaine d’années. À partir d’entretiens réalisés avec des patients obèses quelques semaines avant leur opération, cet article montre les régimes de justification adoptés pour expliquer la prise de poids mais aussi le choix du recours à la chirurgie. Il apparaît que ces régimes de justification s’articulent principalement autour des catégories de la participation et de la responsabilité. Ces catégories, historiquement situées, sont aussi celles des politiques de santé publique et de la promotion de la santé. Les récits produits distinguent finalement deux types de patients. D’un côté des patients « légitimes » qui, en dépit de leurs efforts pour contrôler leur corpulence, ne seraient pas responsables de leur prise de poids, mais qui seraient prêts à se saisir de l’opération pour maintenir et amplifier leur participation dans le processus de perte de poids. De l’autre, des patients « illégitimes » qui ne mériteraient pas d’être opérés car ils seraient responsables, sinon coupables, de leur prise de poids, mais aussi faiblement impliqués dans la chirurgie à venir.