John Libbey Eurotext

Cahiers Santé Médecine Thérapeutique

MENU

Profil clinique et évolutif des patients âgés de plus 65 ans vivant avec le VIH Volume 30, numéro 4, Juillet-Août 2021

Illustrations


  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
Centre de référence de VIH de Rabat, service de médecine interne-hématologie clinique, centre hospitalier universitaire Ibn Sina, faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, université Mohammed V, Rabat, Maroc
* Tirés à part

Depuis l’avènement des traitements antirétroviraux, l’infection par le virus d’immunodéficience humain (VIH) est considérée comme une pathologie chronique permettant aux patients vivant avec le VIH (PVVIH) de vieillir avec leur infection. D’autre part, les patients peuvent être contaminés à un âge avancé. L’âge de 50 ans est considéré comme un seuil de vieillissement pour les PVVIH et les patients âgés de 65 ans sont considérés comme très âgés. Ces PVVIH âgés sont exposés aux comorbidités et aux complications liées à leur infection ainsi qu’à leur terrain. Matériels et méthodes. Nous avons réalisé une étude rétrospective s’étalant sur 17 ans (2002-2019) incluant les dossiers des PVVIH âgés de plus de 65 ans en décembre 2019 afin de décrire leur profil épidémiologique clinique et évolutif, au centre régional de référence pour le VIH du CHU Ibn Sina de Rabat. Résultats. Nous avons colligé 13 patients âgés de plus de 65 ans vivant avec le VIH. Le sex-ratio H/F est de 3,33. La prévalence est estimée à 1,34 ; l’âge moyen était de 70,92 ans et 46 % des patients ont été contaminés par le VIH après l’âge de 65 ans. Des signes cliniques ont révélé l’infection à VIH chez 62 % des patients, et 67 % d’entre eux ont été stadifiés en stade C de l’infection à VIH. Les principales comorbidités recueillies étaient le diabète et la cardiopathie ischémique. La tuberculose a été observée chez 59 % des patients et la pneumocystose et l’hépatite C chronique chez 15 % respectivement. L’évaluation gériatrique a objectivé huit patients autonomes, quatre patients fragiles et un patient dépendant (62, 31 et 7 % respectivement). La dénutrition et la déshydratation étaient les principaux syndromes gériatriques notés chez cinq patients. Tous nos patients ont bénéficié d’un traitement antirétroviral. Douze des treize patients sont suivis régulièrement en consultation et ont tous négativé leur charge virale après six mois à un an de suivi. Nous déplorons un seul décès (7 %) précoce secondaire à un choc septique après la découverte de l’infection à VIH. Un patient a développé un cancer ORL après quatre ans de suivi. Conclusion. L’amélioration de la morbimortalité des patients vivant avec le VIH a permis un allongement de l’espérance de vie des patients vivant avec le VIH. Une prise en charge globale à visée médicale, gériatrique et sociale afin d’améliorer leur qualité de vie s’avère nécessaire.