John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Impact des transformations de l’environnement sur les maladies à transmission vectorielle Volume 7, numéro 4, Juillet-Août 1997

Auteurs
ORSTOM, 213, rue Lafayette, 75010, Paris, France, Institut Pierre-Richet, BP 1500, Boueké, Côte d’Ivoire
  • Page(s) : 263-9
  • Année de parution : 1997

Après avoir défini les rapports des maladies infectieuses à l’environnement, on a retracé les grandes étapes qui ont abouti à la configuration actuelle des milieux terrestres avec l’intervention, relativement récente mais de plus en plus agressive de l’homme, sont évoquées. Avec le développement et l’accélération des transports aériens, les déplacements des porteurs de parasites et des vecteurs ne connaissent plus guère de limites puisque tous les pays du globe peuvent être atteints en moins de 48 heures. La plupart des vecteurs ne peuvent s’implanter de façon durable dans les pays d’accueil mais certaines espèces peuvent faire souche. L’arrivée récente d’Aedes albopictus en Albanie, en Italie et dans les Amériques est un sérieux rappel à l’ordre. Par ailleurs, la poussée démographique entraîne une demande de nouvelles terres dont l’exploitation passe par la modification des couverts végétaux. Le recul de la forêt tropicale, bien visible en Afrique de l’Ouest, est toujours donné en exemple mais la destruction des tapis herbacés, comme le papyrus en Afrique de l’Est, peut avoir des conséquences épidémiologiques sérieuses. Les eaux de surface ont été aménagées pour la production d’énergie et l’irrigation à des fins agricoles. Les barrages, grands et petits (comme les barrages collinaires), et les rizières ont un impact marqué sur les populations de vecteurs, anophèles, gastéropodes et, par là même, sur certaines maladies transmises comme le paludisme et les schistosomiases en Afrique sud-saharienne ; leur influence est nettement moins importante, voire nulle en Asie et dans les Amériques. L’urbanisation surimpose des structures peu diversifiées sur un milieu rural spécifique. L’influence réciproque de ces deux composantes détermine la pathologie de chaque ville. De plus, la frange périurbaine constitue une entité spécifique associant les pathologies rurales (maladies transmissibles) et urbaines, accentuées par de mauvaises conditions d’hygiène (problèmes des eaux usagées, ordures, etc.) liées à une occupation plus ou moins anarchique et incontrôlée des sols. Toutes les modifications du milieu n’aggravent pas systématiquement la santé publique. Mais, pour éviter de créer des cadres épidémiques et de favoriser les endémies, des études d’environnement médical devraient accompagner tous les projets de développement et/ou d’urbanisation. Le plus souvent, de telles études sont limitées à un simple inventaire des pathologies et des vecteurs préexistants. Rares sont celles qui anticipent sur la situation qui sera, ou pourra être créée par les plans de développement envisagés. C’est pourtant l’objectif à atteindre. Mais pour cela, il faudra développer l’expertise de terrain dans ce domaine qui associe différentes disciplines dans la réflexion et l’action.