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Périnatalité

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Le baby blues existe aussi chez les pères : prévalence et facteurs associés Volume 15, numéro 3, Septembre 2023

Tableaux


  • Tableau 1

  • Tableau 2
Auteurs

Introduction

La santé émotionnelle des pères est une préoccupation actuelle et constitue un enjeu de santé publique dans les 1 000 premiers jours, permettant un équilibre familial favorable au développement de l'enfant. Huit à 11 % des pères font une dépression postnatale ; cependant, la question du blues du post-partum (BPP) n'a été que très peu étudiée contrairement à celle de la mère. Nous avons donc investigué la prévalence et les facteurs associés à un BPP chez des pères.

Matériels et méthodes

Une étude descriptive multicentrique a été réalisée dans des maternités de la région Sud. L'état émotionnel de pères volontaires a été évalué en utilisant le Maternity Blues Questionnaire suite à la naissance de leur enfant.

Résultats

Sur les 150 pères recrutés un peu moins d'un père sur deux présente un BPP après la naissance de son enfant (41 %). Une grossesse non désirée (p = 1,10–3), ne pas être en couple avec la mère de l'enfant (p = 2,10–2), et une naissance par césarienne (p = 1,10–3) surtout si elle était programmée (p = 5,10–5) sont des facteurs associés significativement à la présence d'un BPP. La précocité du BPP à j0 est également significative (p = 8,10–3), comparée à celui survenu chez la mère. Les pères ont présenté un BPP d'intensité classique et sévère dans respectivement 26 et 17 % des cas. La sévérité est très significativement influencée chez le père par une hospitalisation du nouveau-né (p = 1,10–4), un antécédent de dépression (p = 6,10–5).

Conclusion

Le BPP du père existe et a une prévalence importante. Il est plus précoce que celui de la mère et repose également sur des facteurs de risque biologiques et socio-économiques. Une information sur l'existence du BPP auprès des pères et du grand public serait appréciable pour optimiser la prise en charge du BPP paternel.