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Périnatalité

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Évaluation de la faisabilité, des indications et du succès de l’embolisation dans les hémorragies du post-partum immédiates chez 105 patientes en centre de niveau 3 Volume 6, numéro 3, Septembre 2014

Auteurs

Objectif

Évaluer l’efficacité de l’embolisation dans les 24 premières heures des hémorragies du postpartum (HPP) suivant un accouchement par voie basse ou césarienne.

Matériel et méthodes

Étude monocentrique, rétrospective au sein d’une maternité universitaire de niveau 3, incluant 105 patientes de janvier 2005 à mai 2012. L’embolisation était effectuée sur des patientes hémodynamiquement stables après échec de l’administration d’ocytocine sur 30 minutes suivi de l’échec de l’administration de sulprostone sur 30 minutes.

Principaux paramètres mesurés

Les paramètres mesurés étaient l’origine géographique de la patiente, les délais de prise en charge par embolisation, les taux de transfusions, les troubles de l’hémostase, le taux d’hospitalisation en réanimation, les taux de succès, les complications à court terme et les facteurs de succès ou d’échec selon l’étiologie de l’HPP.

Résultats

Le terme moyen à la naissance était de 39 ± 3,14 SA. La parité moyenne était de 1. Douze patientes (11,7 %) étaient des grossesses gémellaires. Le taux de césariennes était de 14,5 %. Concernant les étiologies de l’hémorragie, 70 patientes (72,1 %) présentaient une atonie utérine et sept (6,8 %) un placenta accreta. Seize (15,3 %) patientes étaient transférées de maternités de la région. Les pertes sanguines étaient estimées à 840 ml (± 462). Dans trois cas (2,9 %), une CIVD était présente. Cinquantequatre patientes (51,9 %) ont reçu une transfusion. Le délai de prise en charge initiale et de l’embolisation était de 566 minutes chez les patientes transférées versus 137 minutes dans le groupe des patientes ayant accouché dans notre maternité (p < 0,001) mais sans incidence statistiquement significative sur le succès ou l’échec (p = 0,11). La durée moyenne d’embolisation était de 34 minutes (± 32). Le taux de succès de l’embolisation était de 95,1 %. Cinq échecs d’embolisation sont survenus : quatre de ces cinq patientes ont bénéficié d’une procédure chirurgicale, et une patiente d’une seconde embolisation. Six endométrites (6,1 %) et une nécrose purulente (patiente embolisée deux fois) ont été enregistrées. Les facteurs prédictifs d’un échec d’embolisation étaient l’antécédent de curetage, la grossesse gémellaire, le transfert en réanimation (p = 0,03) et le déclenchement ou la direction du travail par ocytociques (p = 0,008). La complication la plus fréquente était l’hyperalgie retrouvée chez six patientes (6,1 %). Huit patientes (7,8 %) ont été transférées en réanimation. Il n’y a eu aucun décès maternel.

Conclusion

Avec un taux de succès de 95 %, concordant avec les données de la littérature et un faible taux de complications, l’embolisation mérite d’être utilisée dans les réseaux périnataux qui en disposent, en attendant que sa place par rapport aux techniques récentes (ballons intra-utérins) soit évaluée dans des essais contrôlés.