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Politiques et Management Public

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02. Envoyés à l’abattoir ? Comment les marges d’autonomie des agents ont permis à l’inspection vétérinaire de faire face à la crise sanitaire1 Volume 41, numéro 1, janvier-mars 2024

Tableaux

Auteurs
a Irisso — Université Paris Dauphine
b DDETSPP de la Charente
c Service sécurité et qualité sanitaires de l’alimentation, DDETSPP de l’Ardèche
d DDPP de la Somme
e SPA/SSA de la DDETSPP du Territoire de Belfort
g Service sécurité sanitaire des aliments de l’Orne
f Institut français du cheval et de l’équitation
h Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
* Auteur correspondant : <jeanmariepillon@gmail.com>

L’ensemble des Français n’était pas confiné au printemps 2020. Des travailleurs et des travailleuses ont eu le devoir de poursuivre leur activité. Parmi eux, les agents des services vétérinaires ont continué leur activité sur les chaînes de production dans les abattoirs, garantissant l’approvisionnement en viande et produits carnés. Sous l’autorité du ministère de l’Agriculture, ces agents sont plus précisément rattachés aux directions départementales de la protection des populations tout en travaillant au quotidien dans les établissements d’abattage. En nous appuyant sur les apports de la sociologie des organisations, nous proposons dans cet article d’analyser la façon dont ces travailleurs en charge d’une politique régalienne ont dû réinventer leurs façons de travailler alors même que le reste de leur administration se trouvait fragilisée. Les missions essentielles devant être réalisées, la crise bouscule et vient révéler les singularités de l’inspection comme activité d’intermédiation, alors que l’on constate à la fois la fragilisation de la coopération au sein des abattoirs, entre contrôleurs et contrôlés et la fragilisation de la coopération entre donneurs d’ordre et inspecteurs.