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Phytothérapie

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Évaluation de l’activité antifongique de différents extraits de la cannelle de Chine (Cinnamomum cassia) Volume 10, numéro 4, Août 2012

Auteurs

L’incidence des infections fongiques invasives due à Candida albicans a considérablement augmenté depuis 25 ans. L’amphotéricine B reste le meilleur traitement en dépit de sa toxicité sévère. Notre travail s’inscrit dans le cadre de la découverte de nouveaux agents antifongiques naturels à partir d’un condiment très utilisé dans notre alimentation: la cannelle de Chine (Cinnamomum cassia). Cette étude s’intéresse dans un premier temps à la détermination qualitative des différentes familles de métabolites secondaires de l’écorce de cannelle. Cette étude évalue également l’activité antifongique de certains extraits de ce condiment. Le matériel végétal a été extrait par épuisement en utilisant des solvants de polarité croissante (chloroforme, acétate d’éthyle, méthanol et eau). Nous avons réalisé cinq extractions pour chaque solvant. Chaque fraction a été testée séparément. L’étude phytochimique a révélé la présence des terpènes, des alcaloïdes et des polyphénols essentiellement représentés par des flavonoïdes. L’évaluation de l’activité antifongique des différents extraits a été réalisée vis-à-vis des souches de références Candida albicans ATCC 10231 et Candida albicans 444IP. L’amphotéricine B, un médicament antifongique standard, a été utilisée comme témoin positif au cours de notre étude. Les résultats de l’activité antifongique ont montré qu’à l’exception de l’extrait aqueux, tous les autres extraits possèdent une activité antifongique, avec des diamètres des zones d’inhibition allant jusqu’à 60 mm pour l’extrait chloroformique. Des résultats similaires ont été obtenus pour les autres extraits. En effet, les extraits obtenus à partir des solvants de faible ou moyenne polarité sont les plus actifs. En outre, les concentrations minimales inhibitrices (CMI) et fongicides (CMF) de la première fraction de l’extrait chloroformique étaient respectivement de 0,10 et 0,20 μg/ml vis-à-vis de Candida albicans ATCC 10231. Ces dernières restent inférieures à celles de l’amphotéricine B vis-à-vis de la même souche (CMI = 0,2 μg/ml et MFC = 0,4 μg/ml).