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Expansion nasomaxillaire chirurgicale assistée par endoscopie (EASE) : une approche centrée surles voies respiratoires Volume 93, numéro 3, Septembre 2022

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4
  • Figure 5
  • Figure 6
  • Figure 7
  • Figure 8
  • Figure 9
  • Figure 10

Tableaux

Auteurs
1 Sleep Apnea Surgery Center, 1900 University Avenue, Suite 105, East Palo Alto, CA, États-Unis
2 Médecine du développement, Cours de recherche sur la santé, Graduate School of Medical and Dental Sciences, Kagoshima University, 8-35-1 Sakuragaoka, Kagoshima 890-8544, Japon
3 School of Dentistry, University of California San Francisco, 707 Parnassus Ave, San Francisco, CA 94143, États-Unis
4 Center for Sleep Sciences and Medicine, Stanford University School of Medicine, Stanford, 3165 Porter Dr, Palo Alto, CA 94304, États-Unis
5 Décédé. Sleep Medicine Division, Stanford University School of Medicine, Stanford, 3165 Porter Dr, Palo Alto, CA 94304, États-Unis
* Correspondance : drli@sleepapneasurgery.com

Introduction

L’objectif de cette étude était d’analyser les modifications obtenues au niveau du squelette, des dents et des voies respiratoires lors d’une expansion nasomaxillaire chirurgicale assistée par endoscopie (EASE), visant à élargir le complexe nasomaxillaire pour le traitement de l’apnée du sommeil chez des adultes.

Méthodes

Cent cinq patients consécutifs ont subi une EASE. Une tomographie à faisceau conique (CBCT) a été réalisée en préopératoire et dans les quatre semaines suivant la fin du processus d’expansion. Une analyse de la dynamique des fluides computationnelle (DFC) a été réalisée sur vingt patients sélectionnés au hasard pour évaluer les modifications du débit de leurs voies respiratoires.

Résultats

Un bilan d’imagerie pré- et post-expansion a été réalisé chez cent patients (dont 67 hommes) d’un âge moyen de 35,0 ± 13,5 ans (17-64 ans). Quatre-vingt-seize patients (96 %) ont bénéficié d’une expansion réussie, définie comme une séparation de la suture médiopalatine d’au moins 1 mm, de l’épine nasale antérieure (ENA) à l’épine nasale postérieure (ENP). L’expansion de la cavité nasale était de 3,12 ± 1,11 mm au niveau de l’ENA, de 3,64 ± 1,06 mm au niveau de la première molaire et de 2,39 ± 1,15 mm au niveau de l’ENP. L’expansion zygomatique était de 2,17 ± 1,11 mm. Le rapport entre l’expansion dentaire et l’expansion squelettique était de 1,23 : 1 (3,83 mm : 3,12 mm) au niveau de la canine et de 1,31 : 1 (4,77 mm : 3,64 mm) au niveau de la première molaire. Après l’expansion, la simulation des voies respiratoires par DFC a montré un changement dynamique au niveau de l’ensemble des voies respiratoires. La pression négative moyenne s’est améliorée dans les voies nasales (de -395,5 ± 721,0 à -32,7 ± 19,2 Pa), les voies nasopharyngiennes (de -394,2 ± 719,4 à -33,6 ± 18,5 Pa), les voies aériennes oropharyngées (de -405,9 ± 710,8 à -39,4 ± 19,3 Pa) et les voies aériennes hypopharyngées (de -422,6 ± 704,9 à -55,1 ± 33,7 Pa). La vitesse moyenne du flux d’air dans les voies nasales a diminué de 18,8 ± 15,9 à 7,6 ± 2,0 m/s et de 4,2 ± 2,9 à 3,2 ± 1,2 m/s dans les voies oropharyngées. La vitesse n’a pas changé de manière significative dans les régions nasopharyngienne et hypopharyngienne.

Conclusions

L’EASE entraîne une expansion de la suture médiopalatine, de l’ENA jusqu’à l’ENP avec un mouvement squelettique presque pur et un effet dentaire minimal. L’expansion du complexe nasomaxillaire a entraîné l’écartement des parois nasales latérales dans toute la cavité nasale. L’amélioration de la dynamique du flux d’air a été démontrée par une simulation DFC.