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Revue de neuropsychologie

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Mémoire et identité dans la phénoménologie d'Edmund Husserl : liens avec les conceptions des neurosciences cognitives Volume 2, numéro 2, juin 2010

Auteur
Département de philosophie, Université de Caen/Basse-Normandie, Esplanade de la Paix, 14032 Caen Cedex

Husserl différencie le souvenir à long terme ou « ressouvenir », du souvenir à court terme, qu'il qualifie de phénomène de « rétention ». La tentative de définition de l'essence profonde de la rétention amène Husserl, par le biais de sa méthode philosophique particulière appelée phénoménologie, vers cette conscience absolue invariante présente en toute conscience. La rétention se révèle être alors, non pas un moment tout juste passé, gardé en mémoire pour qu'il y ait une saisie complète d'un objet dans le temps, mais un moyen constitutif de cette donnée en conscience. La rétention est en fait une partie de la conscience absolue et est ce qui permet à la conscience d'être consciente de quelque chose. La rétention est ce phénomène constitutif me permettant à la fois d'être conscient et de comprendre comment je suis conscient. Husserl voit deux intentionnalités de la conscience, permises par la rétention : la rétention est en fait ce point d'intersection entre mémoire à court terme et identité, entre un être en train de penser et l'être qui vit.