John Libbey Eurotext

Revue de neuropsychologie

MENU

Développer des tâches pour l’exploration des processus temporels dans la schizophrénie : innover pour comprendre ? Volume 14, numéro 4, Volume 14, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2022

Auteur
Université de Strasbourg et Inserm U1114, Pôle de psychiatrie, Hôpitaux universitaires de Strasbourg, 1, place de l’Hôpital, 67000 Strasbourg, France <giersch@unistra.fr>
* Correspondance : A. Giersch

La schizophrénie est définie par des symptômes cliniques qui ne tiennent compte ni des troubles neuropsychologiques, ni des troubles neurobiologiques identifiés dans cette pathologie. Intégrer ces autres troubles au diagnostic a du sens si on peut établir qu’ils sont à la source de symptômes et de la souffrance associée. À ce jour, les liens entre les troubles cliniques, neuropsychologiques et neurobiologiques restent difficiles à établir. L’objectif de cette revue est de montrer comment une approche innovante en neuropsychologie, qui explore la question abstraite de la continuité du temps, pourrait contribuer à établir certains de ces liens. Les troubles de l’expérience du temps ont été de longue date liés aux troubles du sens de soi par les phénoménologues. L’approche neuropsychologique et expérimentale est complémentaire de la phénoménologie en permettant l’exploration de mécanismes non conscients du traitement de l’information. J’illustre mon propos à partir d’une série d’études qui a mis à jour des mécanismes de prédiction en perception à l’échelle de la milliseconde, et a intégré dans la démarche expérimentale elle-même des mesures, comme le sentiment de contrôle, qui permettent de faire le lien entre les manipulations temporelles expérimentales, et les troubles du sens de soi dans la schizophrénie.