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Revue de neuropsychologie

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Alcoolodépendance : atteintes neuropsychologiques et diagnostics différentiels Volume 4, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2012

Auteurs
Inserm, U1077, Caen, France, Université de Caen Basse-Normandie, UMR-S1077, Caen, France, École pratique des hautes études, UMR-S1077, Caen, France, CHU de Caen, U1077, Caen, France, CHU de Caen, service d’addictologie, Caen, France

L’alcoolodépendance peut entraîner des déficits neuropsychologiques et notamment altérer le fonctionnement exécutif, la mémoire épisodique et la métamémoire, ainsi que les capacités visuospatiales, psychomotrices ou émotionnelles. La présence d’un gradient de sévérité des atteintes neuropsychologiques observées chez les patients alcoolodépendants, avec ou sans syndrome de Korsakoff, et chez les déments alcooliques, suggère que ces entités nosographiques trouveraient place le long d’un continuum. Du fait de l’hétérogénéité du profil neuropsychologique des patients alcoolodépendants, il est parfois délicat de déterminer l’origine des déficits observés dans le cas d’associations d’un mésusage d’alcool avec les effets du vieillissement ou de certaines pathologies. De plus, il n’existe pas de certitude quant aux effets de la consommation chronique d’alcool dans l’apparition ou l’aggravation des modifications cognitives observées dans le vieillissement normal, les démences neurodégénératives (maladie d’Alzheimer, démence frontotemporale) ou encore le traumatisme crânien. Il semble aujourd’hui nécessaire de sensibiliser les cliniciens au dépistage des troubles de l’alcoolisation dans le cadre des consultations mémoire ou lors de la prise en charge des patients cérébrolésés.