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Les neuropathies infectieuses : la lèpre et l’infection par le VIH Volume 1, numéro 3, mai 2009

Auteur
Fédération de neurologie, Hôpital de la Ptité-Salpêtrière, Paris

Les infections restent parmi les causes les plus fréquentes de neuropathie dans le monde. Elles sont encore dominées par la lèpre dont l’éradication promise est loin d’être réalisée. De plus, toute lèpre va laisser des dégâts dans les troncs nerveux, à l’origine de séquelles invalidantes. Les neuropathies se voient dans toutes les formes de lèpre : lépromateuse ou pluribacillaire (contagieuse) ; tuberculoïde ou paucibacillaire (non contagieuse) ; dans les états de réaction qui peuvent survenir précocement ou de nombreuses années après le traitement d’une lèpre pluribacillaire. Les troubles trophiques caractéristiques sont la conséquence des microtraumatismes indolores sur des extrémités ayant perdu toute sensibilité ; dans bien des cas ce risque est définitif. Bien qu’en décroissance dans les pays industrialisés grâce aux antirétroviraux actuels, les neuropathies du VIH restent un sujet de préoccupation et de handicap pour bien des patients. Ces neuropathies sont remarquables par leur polymorphisme et leur prédominance à la phase d’immunosuppression, parfois compliquée d’infection par le cytomégalovirus. La maladie de Lyme, que nous traiterons dans une deuxième partie, est caractérisée par une atteinte méningo-radiculo-névritique qui s’intègre dans une atteinte plurisystémique. Elle est fréquente dans certaines régions d’Europe centrale et du nord, l’est de la France, et le nord-est des Etats-Unis. Elle nécessite un diagnostic précoce, souvent difficile du fait des incertitudes sérologiques.