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Néphrologie & Thérapeutique

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Prurit associé à la maladie rénale chronique chez les patients hémodialysés : une enquête auprès des néphrologues français Volume 19, numéro 6, Octobre 2023

Illustrations


  • Figure 1

  • Figure 2
Auteurs
1 AURA Paris Plaisance, service de dialyse et aphérèse thérapeutique, 185A, rue Raymond Losserand, 75014 Paris, France
2 Hôpital de Boulogne-sur-Mer, service de néphrologie et médecine, Boulogne-sur-Mer, France
3 Hôpital privé Claude Galien, Ramsay Santé, service de néphrologie et dialyse, Quincy-sous-Sénart, France
4 Collège de médecine des Hôpitaux de Paris, Paris, France
5 Maison du rein-Aurad-Aquitaine, Gradignan, France
6 Normandie Université, Unicaen, CHU de Caen Normandie, service de néphrologie, Caen, France
7 Normandie Université, Unicaen, UFR de médecine, Caen, France
8 ANTICIPE U1086 Inserm-UCN, Centre François Baclesse, Caen, France
9 Université de Brest, LIEN, Brest, France
10 CHU Brest, service de dermatologie, Brest, France
Correspondance : M. Touzot
mtouzot@gmail.com

Introduction

Le prurit associé à l’insuffisance rénale chronique (Pa-IRC) est fréquent chez les patients hémodialysés et altère gravement leur qualité de vie, mais les pratiques des néphrologues restent mal connues.

Méthodes

L’objectif de cette enquête en ligne était de décrire la prise en charge du Pa-IRC par les néphrologues français hémodialyseurs affiliés à la Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT).

Résultats

Au total, 122 questionnaires ont été remplis et 100 étaient utilisables. Les néphrologues suivaient personnellement 52 patients (médiane). Ils estimaient que la prévalence du Pa-IRC chez ces patients était de 10 % (médiane ; écart interquartile : 6,3-17,2) ; 6 % des néphrologues ont déclaré ne suivre aucun patient atteint de Pa-IRC. En cas de Pa-IRC, l’intervention de première intention était l’évaluation du métabolisme phosphocalcique (53,5 %) et la vérification de la qualité de dialyse (52 %). Pour le Pa-IRC modéré à sévère, la prescription de première intention était un traitement topique (71,3 %), un antihistaminique (23,2 %) et un changement de membrane (15,9 %). Les traitements disponibles étaient considérés comme inefficaces pour 50,5 % des néphrologues, partiellement efficaces pour 45,5 % et efficaces pour seulement 4 %.

Conclusion

Ces résultats montrent que selon l’opinion des néphrologues, la prévalence du prurit est faible chez les patients dialysés. Ceci est en contradiction avec les études basées sur des entretiens systématiques avec les patients, suggérant ainsi que le prurit est un symptôme sous-estimé par les néphrologues. Dans le contexte de l’arrivée d’un nouveau médicament pour le prurit, les patients devraient être davantage interrogés sur ce symptôme afin de proposer ce traitement.