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Néphrologie & Thérapeutique

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Impact de l’éducation thérapeutique sur le choix du traitement de suppléance. Expérience monocentrique marocaine Volume 19, numéro 7, Décembre 2023

Illustrations


  • Figure 1

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  • Figure 5

  • Figure 6

  • Figure 7

  • Figure 8

Tableaux

Auteurs
1 CHU Ibn Sina, service de néphrologie, dialyse, transplantation rénale, Rabat, Maroc
2 Faculté de médecine et de pharmacie, Université Mohamed V, Rabat, Maroc
Correspondance : Z. Abouzid
zinebabouzid@gmail.com

Introduction

L’éducation thérapeutique du patient (ETP) en néphrologie est incontournable dans l’intégration du patient dans la prise en charge de sa maladie rénale chronique. L’objectif de notre étude est d’évaluer l’intérêt de l’ETP dans l’acquisition des connaissances relatives à l’insuffisance rénale chronique (IRC) et aux méthodes de suppléance rénale, ainsi que dans l’orientation vers un choix thérapeutique personnalisé.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective réalisée entre novembre 2016 et février 2020, incluant les patients en IRC à partir du stade 4, à qui nous avons proposé une séance d’ETP sur l’IRC et ses moyens de suppléance. Ces séances, tenues tous les quinze jours, comportent un volet théorique accompli à l’aide d’un diaporama traitant les rôles des reins, la définition de l’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT), ses symptômes et les différentes méthodes de suppléance. Concernant le volet pratique, nous avons utilisé « un panier » comportant le matériel essentiel pour illustrer une séance d’hémodialyse (HD) ou de dialyse péritonéale (DP). Le recueil des données est effectué grâce à deux questionnaires : un au début de séance notant les données sociodémographiques et cliniques du patient et évaluant son niveau de connaissances de base, et un deuxième en fin de séance pour évaluer l’évolution des connaissances après ETP et pour exprimer un choix thérapeutique.

Résultats

Nous avons recensé 211 patients avec un âge moyen de 55,59 ans ± 15,47 et un sexe-ratio H/F de 0,73. Le niveau d’instruction était bas dans 69 % des cas ; 23,7 % de nos patients avaient un emploi ; le débit de filtration glomérulaire (DFG) était compris entre 15 et 30 mL/min dans 56,8 % des cas. La néphropathie initiale était connue chez 60 % des patients alors que le stade de l’IRC était méconnu chez 66,4 %. Avant ETP, les patients ayant un bon niveau de connaissances globales étaient de l’ordre de 29 %, passant à 73 % après ETP. L’analyse statistique a mis en évidence une corrélation significative entre le niveau d’instruction des patients et leur score de connaissances avant et après ETP. Le choix de la méthode de suppléance rénale a été porté sur la DP, la transplantation rénale (TR) et l’HD respectivement dans 36 %, 19 % et 11,8 % des cas, alors que 33,2 % ont réclamé un temps de réflexion. Les patients âgés et/ou à bas niveau d’instruction restent le plus souvent indécis ; par ailleurs, les jeunes et/ou instruits choisissent plutôt la TR. La DP est choisie indépendamment de ces critères. Durant la période de suivi, 46 % des patients ont démarré une suppléance rénale (36,5 % ont démarré l’HD, 8,1 % la DP et 1,4 % la TR). Le choix émis par nos patients a été respecté dans 42 % des cas : chez tous les patients qui ont choisi l’HD ; chez 36 % de ceux qui ont choisi la DP ; et chez 19 % de ceux qui ont choisi la TR. La modalité thérapeutique finale était fortement liée aux paramètres suivants : l’âge, le DFG et le niveau d’instruction.

Conclusion

Les résultats de notre étude ont soulevé l’insuffisance du niveau d’information des patients concernant l’IRC et son traitement, et ont permis aux patients d’exprimer un choix de traitement avec une congruence adéquate par rapport à ce qui a été précédemment publié. Le choix du traitement de suppléance rénale est un processus compliqué qui doit intégrer l’avis du néphrologue, la préférence du patient et l’organisation de la modalité thérapeutique.