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Néphrologie & Thérapeutique

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Grossesse après transplantation rénale : expérience du service de transplantation rénale du CHU Ibn Sina de Rabat (Maroc) Article à paraître

Illustrations


  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Service de néphrologie, dialyse et transplantation rénale, CHU Ibn Sina, Rue Mfadel Cherkaoui, quartier Souissi, 10100 Rabat, Maroc
2 Université Mohammed V, angle avenue Allal Elfassi et Mfadel Cherkaoui, Al Irfane, 8007 Rabat, Maroc
3 Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, impasse Souissi, 10100 Rabat, Maroc
Correspondance : L. Driouch

Introduction

La transplantation rénale (TR) permet de restaurer la fertilité des femmes en insuffisance rénale chronique terminale (IRCT), leur offrant ainsi la possibilité d’avoir des enfants. Toutefois, la grossesse après greffe rénale est associée à une morbidité materno-fœtale élevée. Le but de ce travail est de rapporter l’expérience de notre service dans les grossesses chez les transplantées rénales.

Matériels et méthodes

Nous avons étudié rétrospectivement les dossiers de transplantées ayant eu une ou plusieurs grossesses après TR. Nous avons analysé des paramètres cliniques (tension artérielle, prise de poids, œdèmes, durée de grossesse, complications obstétricales) et biologiques (créatininémie, excrétion urinaire d’albumine).

Résultats

Entre 1998 et 2020, 21 grossesses ont eu lieu chez 12 transplantées. L’âge moyen des patientes au moment de la conception était de 29 ± 5 ans avec un délai entre la TR et la grossesse de 43 ± 29 mois. Sept grossesses ont débuté avec une hypertension artérielle (HTA) contrôlée sous traitement, la protéinurie avant conception était négative dans toutes les grossesses et la fonction rénale était normale avec une créatininémie moyenne de 10,1 ± 1,27 mg/L. Avant les grossesses, les régimes d’immunosuppression étaient à base d’anticalcineurine (n = 21), associé soit à du mycophénolate mofétil (MMF) (n = 10) soit à de l’azathioprine (n = 8), ou seul (n = 3). Les régimes d’immunosuppression ont tous été associés à une corticothérapie. Trois mois avant la conception, le MMF a été relayé par l’azathioprine dans sept grossesses, et trois autres grossesses non programmées ont débuté sous MMF. Au cours des grossesses, on a noté l’apparition d’une protéinurie supérieure à 0,5 g/24 h dans trois grossesses au troisième trimestre. L’HTA gravidique a été retrouvée dans trois grossesses, dont une a évolué vers une pré-éclampsie. Quant à la fonction rénale, elle est restée stable avec une créatininémie moyenne de 10,3 mg/L au troisième trimestre. Deux cas de pyélonéphrite aiguë ont été notés. Aucun épisode de rejet aigu n’a été noté au cours et trois mois après la grossesse. L’accouchement a été réalisé par césarienne dans 44,4 %, après un terme moyen de 37 semaines d’aménorrhée, ± 2,04 avec trois cas de prématurité. Le poids de naissance moyen était de 3 110 g ± 450 g. On a noté un cas d’avortement spontané et deux cas de mort fœtale in utero. Après le post-partum, la fonction rénale est restée stable chez cinq patientes. Dans six cas, on a assisté à une altération de la fonction rénale par un rejet aigu ou secondaire à une néphropathie chronique d’allogreffe.

Conclusion

Dans notre service, un quart des transplantées a pu mener une grossesse avec une productivité de 89 % de ces grossesses. La grossesse après la TR nécessite une planification et une surveillance particulière. Une collaboration multidisciplinaire entre néphrologue transplanteur, gynécologue et pédiatre est nécessaire en se référant aux recommandations.