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Médecine thérapeutique / Pédiatrie

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Prise en charge des mineurs étrangers non accompagnés en Ile-de-France Volume 21, numéro 3, Juillet-Août-Septembre 2018

Tableaux

Auteurs
AP-HP, CHU Jean-Verdier, Département des urgences pédiatriques, Consultation enfant-migrant, Centre pédiatrique de Vaccinations internationales, 93140 Bondy, France
* Tirés à part
  • Mots-clés : mineur étranger non accompagné, maladies infectieuses, syndrome de stress-post-traumatique
  • DOI : 10.1684/mtp.2018.0686
  • Page(s) : 222-7
  • Année de parution : 2018

La prise en charge des enfants migrants étrangers primo-arrivants peut être difficile tant sur le plan social que médical. Un des phénomènes migratoires récents en Europe depuis les années 1990 et qui s’est amplifié depuis une décennie, est l’arrivée de mineurs étrangers « isolés », dit « non accompagnés » (MNA), sans parents sur le territoire. En France, les départements d’Ile-de-France, en premier lieu Paris (75) et la Seine-Saint-Denis (93), sont les plus concernés par ces flux migratoires. Un dispositif national spécifique a été instauré en 2013 pour la mise à l’abri, l’évaluation et l’orientation des mineurs étrangers non accompagnés. Ces derniers relèvent d’un processus juridique spécifique (ordonnance de placement provisoire par le procureur) et d’une protection sociale relevant de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) qui a pour missions de mettre en place les mesures de protections administratives, sociales et médicales. Les principales pathologies rencontrées chez ces enfants primo-arrivants sont d’origine infectieuse (primo-infection latente tuberculeuse, tuberculose-maladie, schistosomiase, parasitoses digestives, hépatite B). Beaucoup d’adolescents mineurs non accompagnés, originaires d’Afrique subsaharienne, ont vécu un périple traumatique par la Libye (tortures, maltraitances physiques) et par la traversée de la Méditerranée (témoins de nombreux décès). Certains d’entre eux présentent un syndrome de stress post-traumatique à leur arrivée. Une prise en charge multidisciplinaire (médicale, psychologique et sociale), s’inscrivant dans un parcours de soin coordonné, est nécessaire et représente un enjeu de santé publique certain.