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Médecine thérapeutique / Pédiatrie

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Encadrement et limites de l’interruption médicale de grossesse Volume 24, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2022

Auteurs
Hôpital Saint Joseph, Service de gynécologie obstétrique, 185 rue Raymond Losserand, 75014 Paris

Introduction :L’interruption médicalisée de grossesse (l’IMG) est une interruption de grossesse pratiquée pour des raisons médicales concernant le fœtus ou la mère, sans restriction de délai. En 2019, 6 848 IMG ont été réalisées en France.

Encadrement du diagnostic prénatal : L’IMG s’intègre dans un parcours initialement de dépistage puis de diagnostic prénatal passant par l’échographie obstétricale. Cet encadrement médical est nécessaire et le respect des différentes étapes permet d’obtenir une prise en charge globale. Compte tenu de sa complexité et afin d’éviter toute dérive, l’IMG bénéficie d’un encadrement législatif qui a évolué au fil du temps.

Facteurs décisionnels et limites du diagnostic prénatal : Différents éléments de réflexion vont participer au cheminement de l’annonce d’une pathologie fœtale et/ou maternelle à la demande d’une IMG. Il peut s’agir de facteurs intrinsèques et extrinsèques qui auront certes un impact sur le parcours de réflexion de la patiente, mais seront également à l’origine de nombreuses questions marquant les limites du diagnostic prénatal, tant sur le plan théorique que pratique. Ces limites concernent à la fois la patiente et le corps médical. Elles peuvent d’être d’ordre éthique ou encore eugénique. D’autres facteurs tels que la compréhension de la langue, le niveau socio-éducatif, les différentes évolutions socioéconomiques ou encore la religion auront un impact direct sur la capacité de la patiente à pouvoir décider en pleine conscience de l’issue de la grossesse. Enfin, une autre limite est afférente à la frontière parfois ténue entre interruption volontaire et interruption médicale de grossesse.

Conclusion : La complexité de l’IMG encourage à s’interroger sur le droit de vie, le droit à la vie, le droit de mort et le droit à la mort, tant par la demande du couple que par l’acceptation de l’équipe pluridisciplinaire. La loi encadre l’IMG de manière non exhaustive, laissant la place à l’évolution de la médecine permettant ainsi de s’adapter à chaque situation. L’IMG est et doit rester une prise en charge de dernier recours. Elle doit constamment être au centre des débats éthiques et faire l’objet d’une remise en question, permettant ainsi de ne pas basculer dans une pratique eugénique. D’où l’importance de maintenir une certaine liberté dans un cadre rigide.