John Libbey Eurotext

Médecine thérapeutique / Pédiatrie

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Comment diagnostiquer biologiquement une coqueluche ? * Volume 9, numéro 3, Mai-Juin 2006

Auteurs
Institut für Infektiologie GmbH, Lutherplatz 40, D-47805 Krefeld, Germany. Fax: +49-2151-322079

Dans les pays ayant un taux de couverture vaccinale très élevé, comme par exemple la France, la coqueluche est rarement rencontrée sous sa forme pédiatrique classique, avec les symptômes typiques de toux paroxystique associée à des vomissements. En fait, la coqueluche survient chez les nouveau-nés et les enfants non vaccinés, pour qui l’apnée peut être l’unique symptôme, et chez les adolescents et adultes, qui souffrent alors de symptômes respiratoires non spécifiques. Dans ce contexte, le diagnostic biologique de la maladie revêt toute son importance. Ce diagnostic peut être réalisé par culture à partir d’aspirations ou d’écouvillons nasopharyngés. La culture est très spécifique mais sa sensibilité est limitée, excepté chez les nourrissons. La détection directe par PCR, et principalement en temps réel, à partir du même prélèvement s’avère bien plus sensible. À des fins de diagnostics, l’amplification des séquences d’insertion IS481 pour Bordetella pertussis et IS1001 pour Bordetella parapertussis sont couramment employées. Bien qu’adaptée à différents formats, la PCR en temps réel souffre encore d’un manque de standardisation et de l’absence de trousses commerciales. La détection des anticorps anti-toxine de pertussis (PT) dans le sérum est le seul diagnostic sérologique spécifique, la PT étant le seul antigène spécifique. L’interprétation de cette sérologie nécessite la connaissance du statut vaccinal du patient, la réponse immune induite après vaccination étant indistincte de celle induite par la maladie. La sérologie souffre par ailleurs d’une insuffisance de matériel de référence, de variabilité des réactifs parmi les trousses commerciales disponibles et de la non-validation de ces trousses. Les infections avec d’autres micro-organismes, comme les adénovirus, le virus respiratoire syncitial, les mycoplasmes entre autres, peuvent donner des symptômes similaires à ceux d’une infection à Bordetella, et doivent donc être considérés pour le diagnostic différentiel.