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Médecine thérapeutique / Pédiatrie

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Baisse des infections virales et viro-induites pédiatriques pendant les confinements en 2020 Volume 23, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2021

Illustrations

  • Figure 1
Auteurs
1 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Hôpital universitaire Necker Enfants-Malades, Service des urgences pédiatriques, 149 rue de Sèvres 75015 Paris
2 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Hôpital universitaire Robert Debré, Université de Paris, Service de pédiatrie générale, maladies infectieuses et médecine interne, Paris, France
3 Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Hôpital universitaire Robert Debré, Service d’épidémiologie clinique, ECEVE INSERM UMR 1123, Université de Paris, Paris, France
4 ACTIV, Association Clinique et Thérapeutique Infantile du Val-de-Marne, Créteil, France
5 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Hôpital universitaire Robert Debré, Université de Paris, Service des urgences pédiatriques, Paris, France
6 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Hôpital universitaire Antoine Béclère, Université de Paris Saclay, Service de pédiatrie, Clamart, INSERM UMR 1018, Centre de Recherche en Épidémiologie et Santé des Populations, Villejuif, France
7 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Hôpital universitaire Armand Trousseau, Sorbonne Université, Service des urgences pédiatriques, Équipe de recherche en épidémiologie obstétricale périnatale et pédiatrique (EPOPé), Centre de Recherche Épidémiologie et Statistique Sorbonne Paris Cité (CRESS), Inserm UMR1153, Université de Paris, Paris France
8 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Hôpital universitaire Ambroise Paré, Service de pédiatrie, Boulogne Billancourt, France
9 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Hôpital universitaire Louis-Mourier, Université de Paris, Service de Pédiatrie-Urgences, Colombes, IAME, INSERM UMR1137, Université de Paris, Paris, France
10 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Hôpital Jean Verdier, Service de pédiatrie générale et urgences pédiatriques, Bondy, INSERM U976 - Immunologie humaine, pathophysiologie et immunothérapie, Hôpital Saint-Louis, Université de Paris, France
11 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Département Qualité Partenariat Patient, Service de gestion des crises sanitaires, Paris, France
12 Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, Hôpital universitaire Necker-Enfants Malades, Service de microbiologie clinique, Université de Paris, INSERM U1151 - Equipe 11, Institut Necker-Enfants Malades, Université de Paris, Paris, France
13 Harvard Medical School, Division of Infectious Diseases, Boston, Massachusetts, United States of America
14 INSERM, Centre de Recherche des Cordeliers, UMRS 1138, Sorbonne Université, Université de Paris, Paris, France
* Correspondance

Contexte : La lutte contre la pandémie de COVID-19 a conduit de nombreux pays, dont la France, à mettre en place des mesures de confinement. Nous avons émis l’hypothèse que ces mesures seraient associées à une diminution des infections virales et viro-induites pédiatriques qui se propagent généralement par le biais de contacts sociaux.

Méthodes : Nous avons mené une étude à partir d’une base de données de surveillance prospective multicentrique française, qui comprend l’ensemble des visites aux urgences pédiatriques de 6 hôpitaux universitaires situés en région parisienne du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2020. L’évolution des infections virales et d’origine virale tels que les rhumes, les bronchiolites, les otites moyennes aiguës (OMA) et les crises d’asthme a été étudiée. Les infections urinaires, qui ne sont pas favorisées par les contacts sociaux, ont été utilisées comme comparateurs.

Résultats : Au total, 908 887 visites ont été incluses. Nous avons observé, par rapport aux trois années précédentes, une diminution des bronchiolites, des rhumes, des OMA et des crises d’asthme pendant le premier (mars-juin 2020) et le second (novembre 2020) confinement, même lorsque l’école est restée ouverte. L’épidémie annuelle de bronchiolite saisonnière causée par le virus respiratoire syncytial n’a pas été observée en 2020 en France. La distanciation sociale et l’usage obligatoire du masque associé au couvre-feu semblent avoir eu un effet sur la transmission de virus autres que le SARS-CoV-2. Par comparaison, les infections urinaires ne semblent pas avoir été affectées par les confinements.

Conclusions : Les faibles taux de bronchiolites, de rhumes, d’OMA et de crises d’asthme observés dans notre étude suggèrent de faibles transmissions de virus respiratoires chez les enfants en France pendant les confinements.