John Libbey Eurotext

Médecine Thérapeutique / médecine de la reproduction

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Pourquoi tant de frilosité dans la mise en place de l’accueil d’embryons en France ? Volume 9, numéro 6, Novembre-Décembre 2007

Auteurs
Centre d’AMP, CMCO-SIHCUS, 19 rue Louis Pasteur, BP 120, 67303 Schiltigheim-cedex

L’accueil d’embryons inscrit dans la loi de bioéthique de 1994 n’est devenu possible que depuis novembre 2001. Un état des lieux, réalisé fin 2006, a montré que seuls 8 centres le proposaient effectivement. Pourquoi cette activité, techniquement facile et permettant d’obtenir un bon taux de grossesses [30 % grossesses par transfert], rencontre-t-elle autant de réticences ? Pour le centre d’AMP, les modalités pratiques de mise en œuvre de l’accueil d’embryon sont lourdes et nécessitent un investissement en personnel et en temps important. Des raisons éthiques retiennent également certains centres. L’autre problème majeur est le faible nombre de couples qui acceptent de donner leurs embryons [environ 10 %]. La représentation que les couples se font de leurs embryons est sans doute un des nœuds du problème. En effet, ces embryons sont pour eux des enfants potentiels et il leur est difficile de s’en séparer. Les nombreux couples qui ne répondent pas aux relances ou qui prolongent sans cesse la conservation de leurs embryons, n’arrivent sans doute pas à choisir entre la destruction, inconcevable pour eux, et le don. Plus de dialogue avec les couples pourrait aider à leur choix. Ces difficultés conduisent à s’interroger sur la congélation des embryons surnuméraires. Ne pose-t-elle pas finalement plus de problèmes qu’elle n’en résout ?