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Médecine Thérapeutique / médecine de la reproduction

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La prescription de traitement hormonal de la ménopause dans le Nord-Pas-de-Calais : quels changements depuis 2002 ? Volume 8, numéro 1, Janvier-Février 2006

Auteurs
102, rue de Pologne, 59800 Lille, France, 54, rue Jean Jaurès, 59 410 Anzin, France, Service de Gynécologie-obstétrique, Centre Hospitalier Saint Vincent de Paul, Boulevard de Belfort-BP 387, 59020 Lille Cedex, France

Depuis 2002, deux grandes études épidémiologiques anglo-saxonnes ont remis en question le traitement hormonal substitutif de la ménopause. Devant une balance bénéfice/risque jugée défavorable au-delà de cinq ans d’utilisation, l’Afssaps a alors émis, en décembre 2003, des recommandations restreignant les indications de ce traitement. Nous nous sommes intéressés à l’impact de ces événements sur la prescription du THS, avons interrogé 575 médecins généralistes et gynécologues du Nord-Pas-de-Calais, par auto-questionnaire, entre les mois de mars et avril 2004, pour tenter d’apprécier le changement d’attitude par rapport à la période précédant ces événements. Près de 90 % des médecins ont estimé avoir modifié leur stratégie thérapeutique, principalement suite aux recommandations de l’Afssaps. Une diminution des prescriptions de THS a été constatée, ainsi qu’une diminution des durées de traitement. Les estrogènes non oraux et les posologies modérées ont été privilégiés. Enfin, le dialogue entre médecins et patientes a été renforcé. Cependant, les recommandations de l’Afssaps n’étaient pas fidèlement appliquées puisque la majorité des médecins estimaient qu’ils prescriraient encore des traitements de plus de 5 ans (84 % des gynécologues et 66 % des généralistes) ; et les traitements préventifs de l’ostéoporose recommandés en première intention étaient peu prescrits.