JLE

Médecine de la Reproduction

MENU

Procréer sans autre Volume 25, numéro 4, Octobre-Novembre-Décembre 2023

Auteurs
1 Psychanalyste, professeur honoraire (émérite) de pédopsychiatrie à l’université de Genève et à l’université de Lausanne, ancien membre du CCNE (2013-2021)
2 Psychanalyste en biologie et médecine de la reproduction, hôpital Cochin-Port Royal, Paris
* Tirés à part : F. Ansermet

Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi de bioéthique, la procréation chez les femmes seules occupe une place beaucoup plus importante dans les demandes d’assistance médicale à la procréation que ce qui avait pu être anticipé. Mettre à l’écart la sexualité dans la procréation devient une possibilité que certaines femmes saisissent dans un projet explicite de procréer seules, que reflète l’évolution des demandes de gamètes. Si le monde de la procréation et celui de la sexualité sont des registres disjoints sur le plan subjectif, sont-ils en train de le devenir concrètement dans la réalité de la conception d’un enfant ? La procréation chez les femmes seules – parfois encore très jeunes, certaines s’affirmant comme asexuelles, d’autres étant biologiquement vierges et tenant quelquefois à le rester – interroge quant à un changement clinique en cours dans la maternité et à ses origines subjectives.