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Médecine de la Reproduction

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L’hormone anti-müllérienne, témoin de l’ovario-toxicité de la chimiothérapie à court et long terme Volume 16, numéro 1, Janvier-Février-Mars 2014

Auteurs
CHRU de Lille, hôpital Jeanne-de-Flandre, service de gynécologie endocrinienne et médecine de la reproduction, avenue Eugène-Avinée, 59000 Lille, France
* Tirés à part

Certaines chimiothérapies sont connues pour être ovario-toxiques en portant atteinte au stock folliculaire de nos patientes. L’hormone anti-müllérienne (AMH) est un très bon indicateur de ce stock folliculaire. L’objectif de cette revue a donc été de recenser les travaux portant sur les variations du taux d’AMH avec la chimiothérapie pour essayer de déterminer les effets à court et long terme de celle-ci sur la réserve ovarienne. Les recherches ont porté sur tous les articles en anglais publiés dans PubMed jusqu’en juin 2013. Treize articles rapportant au moins un dosage d’AMH avant et après chimiothérapie ont été sélectionnés pour analyse. Les patientes après traitement d’un cancer ont significativement une AMH plus basse que les témoins de même âge et plus basse que leur AMH avant le traitement. Les études longitudinales sur le taux d’AMH avant, pendant et après chimiothérapie donnent des informations sur le degré de perte folliculaire par chaque patiente selon les différents protocoles de chimiothérapie. Des profils d’AMH différents pendant la phase de récupération ovarienne permettent de discriminer entre les protocoles à faible ou à fort risque gonadotoxique. De plus, il a été montré que le taux d’AMH avant traitement permet de prédire la fonction ovarienne à long terme après la fin du traitement. Ces résultats peuvent aider à mieux comprendre les mécanismes de toxicité ovarienne pendant la chimiothérapie et prédire le degré de perte folliculaire. En pratique clinique, ils pourraient nous aider à mieux informer nos patientes sur leur fertilité après chimiothérapie et sur les stratégies possibles de préservation de la fertilité.